473 – Jésus guérit l’enfant aveugle-né de Sidon. Enseignement pour les femmes d’aujourd’hui
15 août 1944 / 17 août 1944
Vision du mardi 15 août 1944. (Fête de l’Assomption).
[…] Cette vision est précédée d'une catéchèse rapportée dans Les Cahiers de 1944 à la date du 15 août. Il s'agit d'une vision plus détaillées de l'Assomption de Marie. Cependant, celle-ci ne sera vraiment complète que tardivement, le 8 décembre 1951 (cf. EMV 650).
473.1 - Je vois Jésus qui, entouré des apôtres et du peuple, sort de la synagogue. Je comprends que c’est une synagogue parce que, par la porte grande ouverte, je vois le même mobilier que j’ai vu dans celle de Nazareth, dans une des visions préparatoires à la Passion.
La synagogue se trouve sur la place centrale du village. Une place nue, seulement entourée de maisons, un bassin au milieu, alimenté par une fontaine d’où coule une belle eau limpide par une bouche unique faite d’une pierre creusée comme une tuile. Le bassin sert à abreuver les quadrupèdes et les nombreuses colombes qui volettent d’une maison à l’autre; la fontaine pour remplir les brocs des femmes, de belles amphores beaucoup en cuivre repoussé, d’autres en cuivre uni, qui brillent au soleil. En effet il fait du soleil et il est chaud. La terre de la place est sèche, jaunâtre, Comme elle l’est lorsque un chaud soleil la dessèche. Il n’y a pas un seul arbre sur la place, mais des touffes de figuiers et des sarments de vignes débordent par dessus les murets des jardins qui s’alignent sur les quatre routes qui débouchent sur la place. Ce doit être la fin de l’été et la fin de la journée. En effet il y a du raisin mûr sur les tonnelles, et le soleil ne tombe pas à pic, mais il a les rayons obliques du crépuscule.
Sur la place, des malades attendent Jésus. Je ne vois pourtant pas de miracle parmi eux. Il passe, se penche sur eux, les bénit et les réconforte, mais ne les guérit pas, du moins en ce moment. Il y a aussi des femmes avec des enfants et des hommes de tout âge. Ils semblent connus du Sauveur car il les salue par leurs noms et ils se serrent autour de Lui avec familiarité. Jésus caresse les enfants en le penchant affectueusement sur eux.
473.2 - Dans un coin de la place, il y a une femme avec un petit garçon ou une petite fille (ils sont tous vêtus de la même tunicelle de couleur claire). Elle ne semble pas être de l’endroit. Je dirais qu’elle est d’une condition sociale plus élevée Que les autres. Son vêtement est plus ouvragé, avec des galons et des plis; ce n’est pas la simple tunique des femmes du peuple qui a, à la taille, un cordon comme unique ornement et unique adaptation du vêtement. Cette femme a, au contraire, un habit plus compliqué qui, sans être le chef-d’œuvre, de vêtements qu’étaient ceux de Marie-Madeleine, est déjà très orné. Sur la tête un voile léger, beaucoup plus que celui des autres femmes qui est de lin fin, alors que le sien est presque de la mousseline tant il est léger. Il est fixé au milieu de la tête, avec grâce, et il laisse voir et entrevoir une chevelure châtain bien peignée; les mèches sont tressées simplement mais avec plus de soins que celles des autres femmes, qui ont des tresses groupées sur la nuque ou enroulées sur la tête.
Sur les épaules un véritable manteau, je ne sais si l’étoffe est cousue ou tissée en rond, qui a au cou un galon terminé par une boucle d’argent. Le manteau tombe très ample avec des plis jusqu’à la cheville.
La femme tient par la main le petit ou la petite dont j’ai parlé, un bel enfant d’environ sept ans. Il est même robuste, mais dépourvu de vivacité. Il reste tranquille, la tête penchée, à la main de la maman, indifférent à ce qui se passe.
La femme regarde, mais elle n’ose s’approcher du groupe qui s’est formé autour de Jésus. Elle semble indécise, se demandant si elle va y aller et craignant d’avancer. Mais ensuite elle prend un moyen terme: attirer l’attention de Jésus. Elle voit qu’il a pris dans ses bras un bébé tout rosé et tout riant qu’une mère Lui a présenté et que, tout en parlant avec un petit vieux, il le serre contre son cœur en le berçant. Elle se penche sur son enfant et lui dit quelque chose.
L’enfant lève la tête. Je vois alors un visage triste, aux yeux fermés. Il est aveugle.
“Pitié de moi, Jésus!” dit-il.
La voix enfantine fêle l’air tranquille de la place et arrive, avec sa plainte jusqu’au groupe.
473.3 - Jésus se retourne et voit. Il se déplace immédiatement avec une sollicitude affectueuse, sans même rendre à sa mère le bébé qu’il a dans les bras. Il va, grand et très beau, vers le pauvre petit aveugle qui, après avoir crié, a de nouveau baissé la tête, inutilement sollicité par sa mère de répéter le cri.
Jésus est en face de la femme. Il la regarde. Elle aussi le regarde puis, timidement, elle baisse les yeux. Jésus l’aide. Il a rendu l’enfant qu’il avait dans les bras à la femme qui le Lui avait donné.
“Femme, c’est ton fils?”
“Oui, Maître, c’est mon premier-né.”
Jésus caresse sa petite tète inclinée. Jésus paraît n’avoir pas vu la cécité du petit. Mais je pense qu’il le fait intentionnellement pour que la mère formule sa demande.
“Le Très-Haut a donc béni ta maison avec de nombreux enfants et en te donnant d’abord le garçon consacré au Seigneur.”
“Je n’ai qu’un garçon: lui, et trois fillettes, et je n’en aurai pas d’autres…”
Elle sanglote.
“Pourquoi pleures-tu, femme?”
“Parce que mon garçon est aveugle, Maître!”
“Et tu voudrais qu’il voie. Peux-tu croire?”