Un vrai brouhaha de marché!

Jésus et le plus âgé cherchent à calmer les deux hommes qui représentent deux intérêts et deux courants opposés et qui révèlent une haine inguérissable entre deux familles. Ils y réussissent non sans peine,

472.6 - et maintenant c’est Jésus qui parle. Calme, solennel, il commence par se défendre de l’accusation venue de l’un des deux adversaires: “Toi qui protèges les prostituées…”

“Moi, non seulement je dis que l’adultère consommé est un crime contre Dieu et le prochain, mais je dis: même celui qui a des désirs impurs pour la femme d’un autre est adultère dans son cœur et il commet le péché. Malheur si tout homme qui a désiré la femme d’autrui devait être mis à mort! Les lapidateurs devraient avoir toujours des cailloux à la main. Mais si bien des fois le péché reste, impuni de la part des hommes sur la Terre, le péché sera expié dans l’autre vie, parce que le Très-Haut a dit: “Tu ne forniqueras pas et tu ne désireras pas la femme d’autrui”, et il faut obéir à la parole de Dieu. Cependant, je dis aussi: “Malheur à celui par qui se commet un scandale et malheur à celui qui dénonce son prochain”. Ici, il y a eu des manquements de la part de tous. De la part du mari. Y avait-il pour lui une véritable nécessité d’abandonner sa femme pendant si longtemps? L’avait-il toujours traitée avec cet amour qui gagne le cœur de la compagne? S’est-il examiné lui-même pour voir si avant d’être offensé par sa femme, il ne l’avait pas offensée, lui? La loi du talion dit “Œil pour œil, dent pour dent”. Mais si elle le dit pour exiger réparation, cette réparation doit-elle être donnée par un seul? Je ne défends pas la femme adultère, mais je dis: “Combien de fois aurait-elle pu accuser son conjoint de ce péché?”

Les gens murmurent:

“C’est vrai! C’est vrai!” et ils approuvent aussi le vieillard de Giscala et le disciple de Gamaliel.

Jésus poursuit:

472.7 - ”… Moi, je dis: comment n’a-t-il pas craint Dieu. celui qui par vengeance a causé une pareille tragédie? L’aurait-il voulue au sein de sa famille? Moi, je dis: l’homme qui s’est enfui et, qui, après avoir joui et causé des malheurs, repousse aussi maintenant l’innocent, croit-il qu’en fuyant il échappera au Vengeur éternel? Voilà ce que je dis. Et je dis encore: la Loi exigeait la lapidation des adultères et la mise à mort de l’homicide. Mais un jour viendra où la Loi, nécessaire pour contenir la violence et la luxure des hommes qui ne sont pas fortifiés par la Grâce du Seigneur, sera modifiée, et s’il restera les commandements:

“Ne pas tuer et ne pas commettre l’adultère”, les sanctions contre ces péchés seront remises à une justice plus élevée que celle de la haine et du sang. Une justice, par rapport à laquelle la justice existante toujours fallacieuse et injuste des juges humains, tous adultères et peut-être plusieurs fois, sinon homicides, sera moins que rien. Je parle de la justice de Dieu qui demandera raison aux hommes même des désirs impurs d’où viennent les vengeances, les délations, les homicides, et qui surtout demandera raison des motifs pour lesquels on refuse aux coupables le temps de se racheter et pour lesquels on impose aux innocents de porter le poids des fautes d’autrui. Tous sont coupables ici. Tous. Même les juges mus par des motifs opposés de vengeance personnelle. Il n’y a qu’un innocent, et c’est à lui que va ma pitié. Moi, je ne peux revenir en arrière. Mais qui de vous sera charitable pour le petit et pour Moi qui souffre pour lui?” Jésus jette sur la foule un regard de prière attristée.

Plusieurs disent:

“Que veux-tu? Mais rappelle-toi: c’est un bâtard.”

“À Capharnaüm, il y a une femme qui s’appelle Sarah. Elle est d’Aféqa. Une de mes disciples. Conduisez-lui l’enfant, et dites-lui: “Jésus de Nazareth te le confie”. Quand le Messie que vous attendez aura fondé son Royaume, et apporté ses lois qui n’annulent pas la Parole du Sinaï, mais la perfectionnent avec la charité, les bâtards ne seront plus sans mère, car je serai le Père de ceux qui n’ont pas de père, et je dirai à mes fidèles: “Aimez-les par amour pour Moi”. Et d’autres choses seront changées car la violence sera remplacée par l’amour.

472.8 - Vous croyiez peut-être, en m’interrogeant, que je m’opposerais à la Loi. Et. c’est pour cela que vous m’avez cherché. Dites-vous à vous-mêmes et dites à ceux qui vous ont envoyés que je suis venu pour perfectionner la Loi, jamais pour la contredire. Dites-vous à vous-mêmes et dites aux autres que Celui qui prêche le Royaume de Dieu ne peut certes enseigner ce qui dans le Royaume de Dieu serait horreur et ne pourrait par conséquent être accueilli. Dites-vous à vous-mêmes et dites aux autres de se souvenir du Deutéronome Matthieu 5,17. : “Le Seigneur ton Dieu suscitera pour toi, de ta nation, d’entre tes frères, un prophète. Écoute-le. C’est ce que tu as demandé au Seigneur ton Dieu près de l’Horeb et tu as dit: “Que je n’entende plus la voix du Seigneur mon Dieu et que je ne voie plus cet immense feu, et que je ne meure pas”. Et le Seigneur m’a dit: “Ils ont bien parlé et Moi, Je leur susciterai d’entre leurs frères un prophète semblable à toi et Je mettrai mes paroles sur ses lèvres et il leur dira tout ce que Je lui aurai commandé. Et si quelqu’un ne veut pas écouter les paroles qu’il dira en mon nom, J’en tirerai vengeance” Deutéronome 18,15-20. .

Dieu vous a envoyé son Verbe pour qu’il parle sans que sa voix vous tue. Dieu avait déjà tant parlé à l’homme, plus que l’homme n’avait mérité de l’entendre. Tant, par la Loi du Sinaï et par les prophètes. Mais il y avait encore tant à dire, et Dieu l’a réservé pour son prophète du temps de Grâce, pour celui qui a été Promis à son peuple, en qui est la Parole de Dieu et en qui s’accomplira le pardon. Fondateur du Royaume de Dieu, il codifiera la Loi avec de nouveaux préceptes d’amour, car le temps de l’amour est venu. Et il ne demandera pas vengeance au Très-Haut pour ceux qui ne l’écoutent pas, mais seulement que le feu de Dieu fonde le granit des cœurs et que la Parole de Dieu puisse les pénétrer et y fonder le Royaume qui est le Royaume de l’esprit de même que son Roi est un Roi spirituel. À quiconque aimera le Fils de l’Homme, le Fils de l’Homme donnera le Chemin, la Vérité, la Vie pour aller à Dieu, le connaître, et vivre la Vie éternelle Jean 14,6. .

Pour quiconque recevra ma parole, s’ouvriront en lui des sources de lumière grâce auxquelles il connaîtra le sens caché des paroles de la Loi et il verra que les interdictions ne sont pas des menaces, mais des invitations de Dieu, qui veut les hommes bienheureux et non pas damnés, bénis et non pas maudits.

472.9 - Une fois de plus, d’une chose désormais résolue, comme la sainteté ne l’aurait pas résolue, vous avez fait un instrument d’inquisition pour me prendre en péché. Mais Moi, je sais que je ne pèche pas. Et je ne crains pas de dire ma pensée: l’homme homicide a expié, d’abord par le déshonneur et puis par la mort, d’avoir fait du gain le but de sa vie. La femme a expié par sa mort son péché et - cela vous étonnera, mais il en est ainsi - et son aveu dans l’intention d’amener son mari à la pitié pour l’innocent, a diminué auprès de Dieu le poids de son péché. Les autres: toi et toi, et celui qui s’est enfui sans même avoir pitié de son enfant, vous êtes plus coupables que les deux premiers. Vous murmurez? Vous n’avez pas expié par la mort et vous n’avez pas les circonstances atténuantes du mari trahi, ni celles de la femme délaissée et qui avait avoué sa faute. Et tous vous avez un péché, tous, sauf la nourrice de l’innocent: le péché de repousser cet innocent comme s’il était un mal honteux. Vous avez su tuer l’homicide, vous auriez su aussi tuer les adultères. Ce qui est justice sévère, vous avez su le faire et vous auriez su le faire.

Mais aucun n’a su et ne sait ouvrir les bras à la pitié pour l’innocent. Mais vous n’êtes pas complètement responsables. Vous ne savez pas… Vous ne savez jamais exactement ce que vous faites et ce qu’il faudrait faire. Et en cela vous avez une excuse.

Quand ce disciple de Gamaliel est venu me trouver, il m’a dit: “Viens. Ils veulent t’interroger sur un fait dont les conséquences durent”. Les conséquences, c’est l’innocent. Eh bien? Maintenant que vous connaissez ma pensée, changez-vous peut-être votre jugement là où il peut l’être? À lui, j’ai dit: “Moi, je ne juge pas. Je pardonne”. Gamaliel a dit: “Seul Jésus de Nazareth jugerait ici avec justice”. Moi, comme je l’ai dit à celui-ci, j’aurais conseillé à tous, je dis à tous, d’attendre pour frapper un examen attentif et que les passions se soient calmées. Beaucoup de choses pouvaient être changées sans offenser la Loi.

472.10 - La chose est passée désormais. Et que Dieu pardonne à qui s’est repenti ou se repentira. Je n’ai pas autre chose à dire. Ou plutôt, j’ai encore une chose: que Dieu vous pardonne, une fois encore, d’avoir tenté le Fils de l’homme.”

“Pas moi. Maître! Pas moi! Moi… j’aime le rabbi Gamaliel comme un disciple doit aimer son maître: plus qu’un père. Davantage parce qu’un rabbi forme l’intelligence qui est quelque chose de plus grand que la chair. Et… je ne puis quitter mon rabbi pour Toi. Mais, voici. Pour te saluer, je ne trouve que les paroles du cantique de Judith Judith 16, 13-15. . Elles fleurissent du fond de mon cœur, car j’ai senti la justice et la sagesse en toutes tes paroles. “Adonaï, Seigneur, tu es grand et magnifique dans ta puissance. Personne ne peut te surpasser. Personne ne peut résister à ta voix. Ceux qui te craignent, seront toujours devant Toi!”… Seigneur, je vais descendre à Capharnaüm chez la femme dont tu parles… Et Toi, prie pour moi pour que mon granit fonde et qu’y pénètre la Parole qui établit le Royaume de Dieu en nous… Maintenant j’ai compris. Nous sommes dans l’erreur. Et nous disciples, nous sommes les moins coupables…”

“Que dis-tu, imbécile?” interrompt violemment l’Ancien de Giscala en s’adressant au disciple de Gamaliel.

“Ce que je dis? Je dis que mon maître a raison et que celui qui offre à Lui pour le tenter un royaume temporel est un Satan, car Lui est un vrai Prophète du Très-Haut et la Sagesse parle par ses lèvres. Dis-moi, Maître, que dois-je faire?”

“Méditer.”

“Mais…”

“Méditer. Tu es un fruit vert et il te faut une greffe. Je prierai pour toi. Vous, venez…” Et, avec les apôtres chargés de leurs sacs, il se met en route, laissant derrière Lui les commentaires.

472.11 - Jésus dit: “Vous placerez ici la vision du 15 août 1944: Jésus guérit l’enfant aveugle-né de Sidon.”