“Je crois, Maître. On m’a dit que tu as ouvert des yeux qui étaient fermés. Mais mon petit est né avec des yeux desséchés. Regarde-le, Jésus. Sous les paupières, il n’y a rien…”
Jésus lève vers Lui le petit visage précocement sérieux et le regarde en soulevant les paupières avec le pouce. Dessous, c’est le vide. Il recommence à parler en tenant d’une main le petit visage levé vers Lui.
“Pourquoi es-tu venue, alors, femme?”
“Parce que… je sais que c’est plus difficile pour mon enfant… mais s’il est vrai que tu es l’Attendu, tu peux le faire. Ton Père a fait les mondes… Ne pourrais-tu faire, Toi, deux pupilles à mon enfant?”
“Tu crois que je viens du Père, le Seigneur Très-Haut?”
“Je le crois et que Toi, tu peux tout.”
473.4 - Jésus la regarde comme pour apprécier la foi qui est en elle et la pureté de cette foi. Il sourit, puis il dit:
“Enfant, viens vers Moi”
Et il le conduit par la main sur un muret haut d’un demi-mètre qui s’élève Le long de la route devant une maison, une sorte de parapet pour la protéger de la route qui a un tournant en cet endroit.
Quand l’enfant est bien en place sur le muret, Jésus devient sérieux, imposant. La foule se presse autour de Lui, de l’enfant et de sa mère anxieuse. Je vois Jésus de côté, de profil, tout enveloppé dans son manteau bleu très foncé sur son vêtement un peu plus clair. Son visage est inspiré. Il paraît plus grand et même plus robuste, comme toujours quand il libère uni puissance miraculeuse. Et c’est une des fois qu’il me paraît le plus imposant. Il pose ses mains sur la tête de l’enfant, ses mains ouvertes, mais avec les deux pouces sur les orbites vides. Il lève la tête et prie intensément mais sans remuer les lèvres. Un colloque, certainement, avec son Père. Puis il dit:
“Vois! Je le veux! Et loue le Seigneur!”
Et à la femme:
“Que ta foi soit récompensée. Voici ton fils qui sera ton honneur et ta paix. Montre-le à ton mari et il reviendra à ton amour, et ta maison connaîtra de nouveaux jours de bonheur.”
473.5 - La femme a poussé un cri aigu de joie en voyant qu’une fois enlevés les pouces divins, à la place des orbites vides, deux yeux magnifiques bleu foncé, comme ceux du Maître, la fixent étonnes et heureux sous la frange des cheveux noir foncé.
Mais elle pousse un autre cri et, tout en tenant son fils serré contre son cœur, elle s’agenouille aux pieds du Maître en disant:
“Cela aussi, tu le sais? Ah! Tu es vraiment le Fils de Dieu”
Et elle baise son vêtement et ses sandales et puis elle se lève transfigurée par la joie. Elle dit:
“Écoutez tous. Je viens de la terre lointaine de Sidon. Je suis venue parce qu’une autre mère m’a parlé du Rabbi de Nazareth. Mon mari, juif et marchand, a dans cette ville ses comptoirs pour le commerce avec Rome. Riche et fidèle à la Loi, il cessa de m’aimer quand, après lui avoir donné un garçon malheureux, je lui ai enfanté trois filles et qu’ensuite je suis devenue stérile. Lui s’est éloigné de sa maison et, sans être répudiée, j’étais dans la même situation que si je l’avais été. Je savais déjà qu’il voulait se libérer de moi pour avoir, d’une autre femme, un héritier capable de continuer le commerce et jouir des richesses paternelles. Avant de partir, je suis allée trouver mon époux et je lui ai dit: “Attends, seigneur. Attends que je revienne. Si je reviens avec un fils encore aveugle, répudie-moi. Mais autrement ne blesse pas à mort mon cœur et ne refuse pas un père à tes enfants”. Et lui m’a juré: “Pour la gloire du Seigneur, femme, je te jure que si tu me ramènes l’enfant sain - je ne sais pas comment tu pourras faire puisque ton ventre n’a pas su lui donner des yeux - je reviendrai à toi comme aux jours de notre premier amour”. Le Maître ne pouvait rien savoir de mon chagrin d’épouse et pourtant il m’a consolée même pour cela. Gloire à Dieu et à Toi, Maître et Roi.”
La femme est de nouveau à genoux, et elle pleure de joie.
473.6 - “Va! Dis à Daniel, ton mari, que Celui qui a créé les mondes, a donné deux claires étoiles pour pupilles au petit consacré au Seigneur. Car Dieu est fidèle à ses promesses et Il a juré que celui qui croit en Lui verra toutes sortes de prodiges. Qu’il soit maintenant fidèle au serment qu’il a fait et qu’il ne commette pas de péché d’adultère. Dis cela à Daniel. Va! Sois heureuse. Je te bénis toi et cet enfant et avec toi, ceux qui te sont chers.”
La foule forme un chœur de louanges et de félicitations, et Jésus entre dans une maison voisine pour se reposer.
La vision cesse ainsi. Et je vous assure qu’elle m’a profondément frappée.
473.7 - Jésus dit:
“Pour ceux qui ont foi en Lui, Dieu dépasse toujours les demandes de ses enfants et Il leur donne encore davantage. Crois-le cela et croyez-le tous. La femme qui était venue de Sidon pour me trouver, avec les deux épées enfoncées dans le secret de son cœur, n’osa me dire le nom que de l’une. C’est qu’il est plus pénible de dévoiler certaines souffrances intimes que de dire: “Je suis malade”. Mais je lui donne aussi le second miracle.
Aux yeux du monde, il aura semblé et il semblera toujours qu’il est beaucoup plus facile de rétablir la concorde entre deux époux séparés par un motif qui désormais est surmonté, - et heureusement, - que de donner deux pupilles à deux yeux qui sont nés sans les avoir. Mais non, il n’en est pas ainsi.
Pour Celui qui est le Seigneur et le Créateur, faire deux pupilles est une chose très simple comme de rendre à un cadavre le souffle de la vie. Le Maître de la Vie et de la Mort, le Maître de tout ce qui existe dans la Création, ne manque certainement pas de souffle vital pour l’infuser de nouveau aux morts et de deux gouttes de liquide humoral pour un œil desséché. Il suffit qu’il le veuille pour le pouvoir. Car cela dépend de sa seule volonté. Mais quand il s’agit de concorde entre les hommes, il faut la “volonté” des hommes unie au désir de Dieu.
Dieu ne fait que rarement violence à la liberté humaine. La plupart du temps, Il vous laisse libres d’agir comme vous voulez.
Cette femme qui vivait dans un pays d’idolâtres et était restée croyante comme son époux envers le Dieu de ses pères, méritait déjà la bienveillance de Dieu. Poussant ensuite sa foi au-delà des limites des mesures humaines, surmontant les doutes et les négations de la majorité des croyants juifs - et le prouve ce qu’elle dit à son époux: “Attends mon retour”, certaine de revenir avec son fils guéri - elle mérite un double miracle. Elle mérite aussi ce difficile miracle d’ouvrir les yeux de l’esprit à son conjoint, des yeux qui s’étaient éteints à la vision de l’amour et de la souffrance de son épouse et lui imputaient une faute qui n’en était pas une.
473.8 - Je veux aussi, et cela pour les épouses, que l’on réfléchisse à l’humilité respectueuse de leur sœur.
“Je suis allée trouver mon époux, et je lui ai dit: ‘Attends, seigneur’ ”. Elle avait pour elle la raison, car inculper une mère pour un défaut de naissance, c’est de la sottise et de la cruauté. Déjà son cœur est brisé par la vue de son enfant malheureux. Elle a deux fois pour elle la raison car, abandonnée par son mari depuis qu’elle est stérile et connaissant son intention de divorcer, elle reste cependant “l’épouse”, c’est-à-dire la compagne fidèle et soumise à son compagnon, comme cela est voulu par Dieu et enseigné par l’Écriture. Pas de révolte ni de soif de vengeance ou d’intention de trouver un autre homme pour ne pas être “la femme seule”. “Si je ne reviens pas avec l’enfant guéri, répudie-moi. Mais autrement ne blesse pas mon cœur à mort et ne refuse pas un père à tes enfants”. Ne semble-t-il pas entendre parler Sara et les anciennes femmes hébraïques?
Comme il est différent, ô épouses, votre langage de maintenant! Mais aussi comme c’est différent ce que vous obtenez de Dieu et de votre époux. Et les familles se détruisent de plus en plus.
473.9 - Comme toujours, en accomplissant le miracle, j’ai dû donner un signe qui le rendît encore plus incisif. Je devais persuader tout un monde renfermé dans les barrières de toute une séculaire manière de penser et dirigé par une secte qui m’était hostile. De là, la nécessité de faire resplendir clairement mon pouvoir surnaturel. Mais l’enseignement de la vision n’est pas là. Il est dans la foi, dans l’humilité, mais dans la fidélité au conjoint, dans le bon chemin qu’il vous faut prendre, ô épouses et mères qui avez trouvé des épines là où vous vous promettiez des roses, pour voir naître sur les piquants qui vous blessent de nouvelles branches fleuries.
Tournez-vous vers le Seigneur votre Dieu qui a créé le mariage pour que l’homme et la femme ne soient pas seuls et s’aiment en formant pour toujours une seule chair et indissoluble, puisqu’elle a été unie, et qui vous a donné le Sacrement pour que sur votre union descende sa bénédiction, et que grâce à Moi vous ayez ce qui vous est nécessaire dans votre nouvelle vie de conjoints et de procréateurs. Et pour vous tourner vers Lui, avec un visage et une âme bien assurés, soyez honnêtes, bonnes, respectueuses, fidèles, de vraies compagnes de l’époux, non pas de simples hôtes de sa maison ou pis encore: des étrangères que le hasard réunit sous un même toit, comme le hasard réunit des pèlerins dans un hôtel.
Trop souvent, ceci arrive maintenant. L’homme manque-t-il à ses devoirs? Il agit mal. Mais cela ne justifie pas la manière d’agir de trop d’épouses. Cela la justifie encore moins quand à un bon compagnon vous ne savez pas rendre le bien pour le bien et l’amour pour l’amour.
Je ne veux même pas m’arrêter au cas trop fréquent de vos infidélités charnelles, qui ne vous rendent pas différentes des prostituées avec la circonstance aggravante d’être hypocritement vicieuses, et de souiller l’autel de la famille autour duquel se trouvent les âmes angéliques de vos innocents. Mais je parle de votre infidélité morale au pacte d’amour juré devant mon autel.
Eh bien, j’ai dit: “Celui qui regarde une femme en la désirant, commet l’adultère dans son cœur” J'ai dit, en EMV 174.13.18.19. Cf. Matthieu 5, 28 – Matthieu 5, 32 – Matthieu 19, 9 – Marc 10, 11-12 – Luc 16, 18. ; j’ai dît: “Celui qui renvoie son épouse avec un libelle de divorce, l’expose à l’adultère”. Mais maintenant, maintenant que trop de femmes sont des étrangères pour leur mari, je dis: “Celles qui n’aiment pas leur compagnon avec leur âme, leur esprit et leur chair, le poussent à l’adultère, et si à lui je demanderai le pourquoi de son péché, je le ferai aussi pour celle qui ne l’a pas exécuté, mais en est la cause”. Le Loi de Dieu, il faut savoir la comprendre dans toute son étendue et toute sa profondeur, et il faut savoir la vivre en pleine vérité.
Reste avec ma paix toi que ceci ne regarde pas, et garde ton cœur fixé en Moi.”