“Oui.”
“Comment l’homme trahi su-t-il qu’il l’était? La faute était-elle publique?”
“Non, vraiment, et on ne comprend pas comment l’homme put le savoir. La femme s’était absentée depuis des mois en disant que, pour ne pas rester seule, elle allait à Ptolémaïs chez ses parents, et elle revint en disant qu’elle avait pris avec elle le bébé d’une parente morte.”
“Quand elle était à Giscala, sa conduite était-elle effrontée?”
“Non. Au contraire nous avons tous été étonnés de sa relation avec Marc.”
“Mon parent n’est pas un pécheur. C’est un accusé innocent” dit l’un des trois qui n’a encore jamais parlé.
“C’était ton parent? Qui es-tu?” demande Jésus.
“Le premier des Anciens de Giscala. C’est pour cela que j’ai voulu la mort de l’homicide, car non seulement il a tué, mais il a tué une innocente”
Et il regarde de travers le troisième qui a environ quarante ans, et qui répond:
“La Loi dit de tuer l’homicide.”
“Tu voulais la mort de la femme et de l’adultère.”
“C’est la Loi.”
“S’il n’y avait pas d’autre raison, personne n’aurait parlé.”
La discussion s’enflamme entre les deux antagonistes qui oublient presque Jésus. Mais celui qui a parlé le premier, le plus âgé, impose le silence en disant avec impartialité:
“On ne peut nier que l’homicide ait été consommé, comme on ne peut nier qu’il y ait eu faute. La femme l’a avouée à son mari. Mais laissons parler le Maître.”
“Moi, je dis: comment le mari l’a-t-il su? Vous ne m’avez pas répondu.”
Celui qui défend la femme dit:
“Parce que quelqu’un a parlé dès le retour du mari.”
“Et alors Moi je dis que celui-là n’avait pas l’âme pure” dit Jésus en abaissant ses paupières pour voiler son regard et l’empêcher d’accuser.
Mais l’homme de quarante ans qui voulait la mort de la femme et de l’adultère s’emporte:
“Moi, je ne désirais pas cette femme.”
“Ah! maintenant c’est clair! C’est toi qui as parlé! Je le soupçonnais, mais maintenant tu t’es trahi! Assassin!”
“Et toi qui favorise l’adultère. Si tu ne l’avais pas averti, il ne se serait pas enfui. Mais c’est ton parent! C’est ainsi que se fait la justice en Israël! C’est pour cela que tu défends aussi la mémoire de la femme: pour défendre ton parent. S’il n’y avait qu’elle tu ne t’en soucierais pas.”
“Et toi, alors? Toi qui as jeté l’homme contre la femme pour te venger de ses refus?”
“Et toi, le seul qui as témoigné contre l’homme? Toi qui dans cette maison payais une servante pour qu’elle te favorise? Un seul témoignage n’est pas valide: c’est la Loi qui le dit C'est la Loi qui le dit, en Nombres 35, 30. .”