Quand quelqu’un continue pendant des années et des années à vivre d’une certaine manière différente de celle de son pays natal, parce qu’il est dans un pays qui n’est pas le sien, et qu’y vivent ses enfants et ses petits-enfants, il arrive que sa descendance finisse par devenir comme celle de l’endroit où elle se trouve. Elle s’acclimate au point de perdre jusqu’à l’aspect physique de sa nation en plus des habitudes morales et, malheureusement, au point de perdre la religion de ses pères…
472.3 - Mais voici les autres. Allons à la synagogue.”
“Tu parles?”
“Non. Je suis un simple fidèle. J’ai parlé par les miracles ce matin…”
“Pourvu que cela ne t’ait pas été nuisible…”
Pierre est vraiment mécontent et préoccupé, mais il suit le Maître qui s’est joint aux autres apôtres et qui se trouve rejoint en route par l’homme de Giscala, et d’autres qui sont peut-être du village.
Dans la synagogue le chef de la synagogue, se tourne vers Jésus avec respect en disant:
“Veux-tu, Ô Rabbi, expliquer la Loi?”
Mais Jésus refuse et c’est comme simple fidèle qu’il suit toutes les cérémonies baisant comme les autres le rouleau que Lui présente l’adjoint (je l’appelle ainsi ne sachant quel nom donner à cet assistant du chef de la synagogue) et écoutant l’explication du point qui a été choisi. Certainement pourtant, même s’il ne parle pas, son attitude est déjà une prédication de la façon dont il prie… Beaucoup le regardent. Le disciple de Gamaliel ne le perd pas de vue une seule minute. Et les apôtres, soupçonneux comme ils sont, ne perdent pas de vue le disciple.
Jésus ne se retourne pas même quand sur le seuil de la synagogue se produit un bourdonnement qui distrait beaucoup de gens. Mais la cérémonie prend fin et les gens sortent sur la place où se trouve la synagogue. Jésus, bien qu’étant plutôt vers le fond de la synagogue, sort un des derniers, et se dirige vers la maison pour prendre son sac et partir.
472.4 - Beaucoup de gens de l’endroit le suivent et parmi eux le disciple de Gamaliel qu’appellent à un certain moment trois hommes adossés au mur d’une maison. Il parle avec eux, et avec eux se fraie un chemin vers Jésus.
“Maître, ces gens veulent te parler” dit-il pour attirer l’attention de Jésus qui parlait avec Pierre et son cousin Jude.
“Des scribes! Je l’avais dit!” s’écrie Pierre déjà troublé.
Jésus salue profondément les trois qui le saluent et demande:
“Que voulez-vous?”
Le plus âgé parle:
“Tu n’es pas venu. Nous, nous venons. Et pour que personne ne pense que nous n’avons pas respecté le sabbat, nous disons à tous que nous avons partagé le parcours en trois temps: le premier jusqu’à ce que la dernière lueur du crépuscule eût vécu; le second, de six stades, pendant que la lune éclairait les sentiers; le troisième se termine maintenant et n’a pas dépassé la mesure légale. Ceci dit pour nos âmes et les vôtres. Mais pour notre esprit, nous te demandons ta sagesse. Tu es au courant de ce qui est arrivé dans la ville de Giscala?”
“Je viens de Capharnaüm, je ne sais rien.”
“Écoute. Un homme s’était absenté pour de longues affaires de sa maison. En revenant, il apprit que, pendant son absence, sa femme l’avait trahi, et jusqu’au point d’avoir un fils qui ne pouvait être du mari puisqu’il avait été absent pendant quatorze mois. L’homme a tué secrètement sa femme. Mais, dénoncé par quelqu’un qui l’avait appris de la servante, il a été mis à mort conformément à la loi d’Israël. L’amant, qui selon la Loi devrait être lapidé Lapidé, comme c'est prescrit en Lévitique 20, 10 ; Deutéronome 22, 22-24. La lapidation des adultères est aussi mentionnée en EMV 26.6, EMV 357.11, EMV 494.1, EMV 495.2. , s’est réfugié à Cédés, et certainement il cherchera à rejoindre de là d’autres lieux. Le bâtard, que le mari voulait avoir pour le tuer lui aussi, ne fut pas remis par la femme qui l’allaitait, et elle est allée à Cédés pour demander au vrai père du bébé de s’occuper de son enfant, car le mari de la nourrice ne veut pas garder le bâtard chez lui. Mais l’homme l’a repoussée en lui disant que son fils le gênerait dans sa fuite. Selon Toi, comment juges-tu le fait?”
“Je ne pense pas que désormais on puisse le juger. Tout jugement, juste ou injuste, a déjà été prononcé.”
“Quel est, selon Toi, le jugement juste et celui qui est injuste? Il y a eu divergence d’idées entre nous au sujet du supplice de l’homicide.”
472.5 - Jésus les regarde, fixement, l’un après l’autre. Puis il dit:
“Je vais parler. Mais d’abord, répondez à mes questions, quel que soit leur poids. Et soyez sincères. L’homme homicide de la femme était-il de l’endroit?”
“Non. Il s’y était établi après avoir épousé la femme qui, elle, en était.”
“L’adultère était-il de l’endroit?”