468 – Un repentir de Judas et les phrases qui illustrent sa figure
23 septembre 1944 / 20 septembre 1944
Dictée et vision du samedi 23 septembre 1944.
468.1 – Jésus dit:
“Entre-temps je te dis que l’épisode de mercredi (20 septembre 1944), si vous faites une œuvre régulière, vous devez le placer un an avant ma mort car il tombe à l’époque de la moisson de ma trente-deuxième année EMV 406. L'épisode en question se déroule le 3 mai 29 et Jésus meurt sur la Croix le 5 avril 30, onze mois après. Le présent épisode suit EMV 406 comme on le voit indiqué plus loin. .
Des nécessités de réconfort et d’instruction pour toi, mon aimée, et pour d’autres, m’ont contraint à suivre un ordre spécial pour donner les visions et les dictées qui s’y rapportaient.
Mais je vous indiquerai, au moment voulu, comment répartir les épisodes des trois années de vie publique. L’ordre des Évangiles est bon, mais pas parfait comme ordre chronologique. Un observateur attentif le remarque.
Celui qui aurait pu donner l’ordre exact des faits car il est resté avec Moi depuis le commencement de l’évangélisation jusqu’à mon Ascension, ne l’a pas fait. En effet Jean, vrai fils de la Lumière, s’est occupé et préoccupé de faire briller la Lumière à travers son vêtement de Chair aux yeux des hérétiques qui attaquaient la réalité de la Divinité enfermée dans une chair humaine. Le sublime Évangile de Jean a atteint son but surnaturel, mais la chronique de ma vie publique n’en a pas été aidée.
Les trois autres évangélistes se présentent semblables entre eux pour les faits, mais ils altèrent l’ordre du temps, car des trois un seul a été présent à presque toute ma vie publique: Mathieu, et il ne l’avait écrite que quinze ans plus tard, alors que les autres l’ont écrite encore plus tard, et pour en avoir entendu le récit de ma Mère, de Pierre, des autres apôtres et disciples.
Je veux vous guider pour réunir les faits des trois ans, année par année.
Et maintenant, vois et écris: l’épisode suit celui de mercredi (20-9-1944).”
468.2 – Je vois Jésus qui lentement va et vient sur un sentier champêtre éclairé par la lune. C’est la pleine lune, et sa face riante resplendit dans un ciel absolument serein mais, en raison de sa position dans le ciel, où elle se prépare à se coucher, je déduis qu’il doit être plus de minuit.
Jésus marche en réfléchissant et en priant certainement, bien que je n’entende pas de paroles. Mais il ne perd pas de vue les choses qui l’entourent. Une fois il s’arrête pour écouter, souriant, le long chant d’un rossignol énamouré qui exécute toute une mélodie d’arpèges et de trilles et de notes a-solo, bien tenues, si fortes et si prolongées qu’il paraît impossible que cela vienne de ce petit être qui n’est que plumes. Pour ne pas le troubler, même pas par le bruit des sandales sur le gravier du sentier et du vêtement frôlant l’herbe, Jésus s’est arrêté, les bras croisés, le visage levé et souriant. Il va jusqu’à fermer à demi les yeux pour s’appliquer mieux à l’audition, et quand le rossignol termine par un son aigu qui monte, monte, monte par intervalles de tierce (si j’ai bon souvenir) et finit par une note suraiguë, tenue aussi longtemps que le souffle le lui permet, il approuve et applaudit sans mot dire en inclinant deux ou trois fois la tête avec un sourire de satisfaction.
Maintenant, d’autre part, il se penche sur une touffe de chèvrefeuille en fleurs dont les mille et mille calices blancs répandent une odeur pénétrante. Ils ressemblent à des bouches de serpents qui baillent, où tremble la langue des pistils jaunâtres et où brille une trace d’or sur le pétale inférieur. Les fleurs, sous le rayon de lune, paraissent encore plus blanches, comme argentées. Jésus les admire, respire leur parfum et les caresse de la main.
Il revient sur ses pas. L’endroit doit être légèrement élevé car le clair de lune fait voir au sud une partie du lac certainement, car c’est quelque chose qui brille comme du verre éclairé par la lune et qui n’est pas un fleuve ni la mer, étant donné qu’on le voit bordé de collines du côté opposé à celui où se trouve Jésus.
Jésus regarde ce tranquille miroir d’eau paisible dans le calme d’une nuit d’été. Puis il fait un demi-tour sur Lui-même, du sud à l’ouest, et regarde un village qui blanchit, éloigné au maximum de deux kilomètres, plutôt moins que plus. Un beau village. Il s’arrête pour le regarder, et secoue la tête en suivant une pensée qui l’afflige beaucoup.
Il reprend ensuite sa promenade lente et sa prière jusqu’au moment où il s’assoit sur une grosse pierre, au pied d’un arbre très élevé, et prend sa position habituelle: les coudes sur les genoux et les avant-bras en avant, avec les mains jointes pour la prière.
468.3 – Il reste ainsi un moment et serait resté plus longtemps si un homme, une ombre, ne s’était avancée de la touffe d’arbres vers Lui et ne l’avait appelé:
“Maître?”
Jésus se retourne, car celui qui s’avance arrive par derrière, et il lui dit:
“Judas? Que veux-tu?”
“Où es-tu, Maître?”
“Au pied du noyer. Avance.”
Et Jésus se lève et vient sur le sentier au clair de la lune, pour que Judas puisse le voir.
“Tu es venu, Judas, pour tenir un peu compagnie à ton Maître?” Maintenant ils sont l’un près de l’autre et Jésus met affectueusement un bras sur l’épaule du disciple. “Ou bien a-t-on besoin de Moi à Chorazeïn?”