“Nous t’avons cherché plutôt pour eux que pour nous. Ils sont venus à Nazareth pour te chercher, et alors…” explique Simon d’Alphée en désignant les pharisiens.
“Paix à vous. De quoi avez-vous besoin?”
“Oh! de rien. De te voir, de te voir seulement pour t’écouter, entendre la sagesse de tes paroles…”
“Pour cela seulement?”
“Et aussi pour te conseiller, vraiment… Tu es trop bon et le peuple en abuse. Il n’est pas bon, ce peuple, tu le sais bien. Pourquoi ne maudis-tu pas les pécheurs?”
“Parce que le Père m’ordonne de sauver et non pas de perdre.”
“Tu vas aller au-devant de malheurs…”
“N’importe. Je ne puis transgresser l’ordre du Très-Haut pour aucun intérêt humain.”
“Et si… Sais-tu… on dit tout bas que tu flattes le peuple pour t’en servir en le soulevant. Nous sommes venus te demander si c’est vrai.”
“Vous êtes venus ou bien on vous a envoyés?”
“C’est la même chose.”
“Non. Mais je vous réponds à vous et à ceux qui vous ont envoyés que l’eau qui déborde de ma seille Écuelle. c’est de l’eau de paix, que la semence que je répands est une semence de renoncement. Je taille les rameaux orgueilleux. Je suis disposé à arracher les mauvaises plantes pour qu’elles ne nuisent pas aux bonnes, si elles ne se prêtent pas à la greffe. Mais ce que j’appelle “bon” n’est pas ce que vous dites bon. En effet je donne le nom de “bon” à l’obéissance, à la pauvreté, au renoncement, à l’humilité, à la charité qui se prête à toutes les humilités et à toutes les miséricordes. Ne craignez personne.
Le Fils de l’homme ne dresse pas des embûches aux puissances humaines, mais il vient inculquer la puissance aux esprits. Allez et rapportez que l’Agneau ne sera jamais loup.”
“Que veux-tu dire? Tu nous comprends mal et nous te comprenons mal.”
“Non. Vous et Moi, nous nous comprenons fort bien…”
“Et alors, tu sais pourquoi nous sommes venus?”
“Oui. Pour me dire que je ne dois pas parler aux foules. Et vous ne réfléchissez pas que vous ne pouvez pas m’interdire d’entrer comme tout Israélite là où on lit et explique les Écritures et où tout circoncis a le droit de parler.”
“Qui te l’a dit? Jaïre, n’est-ce pas? Nous le rapporterons.”
“Je n’ai pas encore vu Jaïre.”
“Tu mens.”
“Je suis la Vérité.”
Du milieu du rassemblement qui s’est formé, un homme dit:
“Lui ne ment pas. Jaïre est parti hier, avant le coucher du soleil, avec sa femme et sa fille. Il les a accompagnées en laissant ici l’assistant. Il les a accompagnées chez sa mère mourante et il ne reviendra qu’après les purifications.”
Les pharisiens n’ont pas la joie de pouvoir montrer que Jésus ment, mais ils ont celle de le savoir privé de son ami le plus puissant à Capharnaüm. Ils se regardent entre eux. C’est toute une mimique de regards.
460.7 - Joseph d’Alphée, l’aîné de la famille, se sent obligé de défendre Jésus, et il se tourne vers Simon le pharisien: