Jésus la regarde… Autre expression intraduisible en notre pauvre langage, et il lui répond:

455.5 – “Et toi, prie pour Moi à l’heure de la mort… Oui. Aucun d’entre eux ne comprend… Ce n’est pas leur faute. C’est Satan qui crée les fumées pour qu’ils ne voient pas et qu’ils soient comme ivres et sourds et donc non préparés… et plus faciles à fléchir… Mais toi et Moi, nous les sauverons malgré les embûches de Satan.

Dès maintenant je te les confie, ma Mère. Souviens-toi de ces paroles: je te les confie. Je te donne mon héritage. Je n’ai rien sur la Terre qu’une Mère et elle je l’offre à Dieu: Hostie avec l’Hostie; et mon Église, et elle je la confie à toi. Sois pour elle une Nourrice. Il y a peu de temps, je pensais aux nombreux hommes en lesquels, au cours des siècles, revivrait l’homme de Kérioth avec toutes ses tares. Et je pensais que quelqu’un qui ne serait pas Jésus le repousserait, cet être taré. Mais Moi, je ne le repousserai pas. Je suis Jésus. Toi, pendant le temps que tu resteras sur la terre, venant après Pierre dans la hiérarchie ecclésiastique MISE À L'INDEX : Cette affirmation est l'une des quatre critiques théologiques portées par les censeurs lors de la mise à l'Index. Ils l'exposent ainsi : "Pour finir, signalons une autre affirmation étrange et imprécise, dans laquelle on dit de la Madone : "Toi, pendant le temps que tu resteras sur Terre, tu seconderas Pierre ''comme hiérarchie ecclésiastique''. (Les italiques sont de nous. N.d.R.)". La phrase italienne originale, dans Maria Valtorta, est : "Tu, nel tempo che resterai sulla Terra, seconda a Pietro come gerarchia ecclesiastica", traduite dans la nouvelle édition par "Toi, pendant le temps que tu resteras sur terre, sois soumise à Pierre pour ce qui tient à la hiérarchie ecclésiastique". On a du mal à reconnaître, dans l'interprétation des censeurs, le bien-fondé d'une telle critique, tant le texte devient limpide quand on lui rajoute la locution occultée : "lui comme Chef et toi comme fidèle". Il est donc impossible que les censeurs n'aient pas compris l'affirmation. ARGUMENTS THÉOLOGIQUES : Sur les aspects théologiques, il convient de se reporter au Catéchisme de l'Église catholique, § 963 à 972, sorti trente ans après la mise à l'Index, et qui fait largement référence à la constitution dogmatique sur l'Église Lumen Gentium , chapitre 8, La bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l'Église. Ce texte conciliaire fondamental a été promulgué quatre ans après la remarque des censeurs. Cela accrédite l'hypothèse que l'hostilité du Saint-Office envers le cas Maria Valtorta n'est pas étrangère aux tensions qui régnaient dans les couloirs du Concile entre le cardinal Ottaviani, chef du Saint-Office et le nouveau cardinal Bea, étoile montante du Concile et soutien de Maria Valtorta. Il est visé par cette pique de l'Osservatore romano : "malgré les personnalités illustres (dont l'incontestable bonne foi a été surprise) qui ont apporté leur appui à la publication, le Saint-Office a cru nécessaire de la mettre dans l'Index des Livres prohibés". Cela accrédite aussi l'inspiration de Maria Valtorta qui ne pouvait formuler par elle-même le contenu d'une constitution dogmatique, sur un tel sujet. , lui Chef et toi fidèle, mais la première avant tous comme Mère de l’Église puisque tu m’as enfanté Moi, Chef de ce Corps mystique, toi ne repousse pas les nombreux Judas, mais secours-les et apprends à Pierre, aux frères, à Jean, Jacques, Simon, Philippe, Barthélemy, André, Thomas et Matthieu à ne pas repousser mais à secourir. Défends-moi dans ceux qui me suivent, et défends-moi contre ceux qui voudront disperser et démembrer l’Église naissante.

Et au cours des siècles, ô Mère, sois toujours Celle qui intercède et protège, défend, aide mon Église, mes Prêtres et mes fidèles, du Mal, et du Châtiment, d’eux-mêmes… Que de Judas, ô Mère, au cours des siècles! Et combien qui ressemblent à des déficients incapables de comprendre, ou à des aveugles qui ne savent pas voir et à des sourds qui ne savent pas entendre, ou à des estropiés et des paralytiques qui ne savent pas venir… Mère, tous sous ton manteau! Toi seule peux et pourras changer les décrets de châtiments de l’Éternel pour un ou pour plusieurs. Car la Triade ne pourra jamais rien refuser à sa Fleur.”

“J’agirai ainsi, Fils. Pour ce qui dépend de moi, va en paix vers ton but. Ta Mère est ici pour te défendre dans ton Église, toujours.”

455.6 – “Que Dieu te bénisse, Maman… Viens! Je vais te cueillir des calices de fleurs pleins d’une rosée parfumée, et tu t’en rafraîchiras le visage comme Moi je l’ai fait. Ils nous ont été préparés par notre Père très Saint, et les oiseaux me les ont indiqués. Regarde comme tout sert dans la Création ordonnée de Dieu! Ce plateau surélevé et près du lac, si fertile à cause des nuées qui montent de la Mer de Galilée et des grands arbres qui attirent la rosée, permettant cette luxuriance d’herbes et de fleurs, même pendant la sécheresse de l’été. Cette pluie abondante de rosée pour emplir ces calices pour que ses enfants bien-aimés puissent se laver le visage… Voilà ce que le Père a préparé pour ceux qui l’aiment. Tiens. L’eau de Dieu dans le calice de Dieu pour rafraîchir l’Ève du nouveau Paradis.”

Et Jésus cueille ces fleurs très larges, dont je ne sais pas le nom, et il verse dans les mains de Marie l’eau qui s’est rassemblée au fond…

455.7 – Les autres, pendant ce temps, ont fait leur toilette et ils viennent chercher Jésus qui s’est éloigné de quelques mètres de l’endroit de la halte.

“Nous sommes prêts, Maître.”

“C’est bien. Allons de ce côté.”

“Mais est-ce le bon chemin? Les bois cessent ici et nous étions sous les bois l’autre fois…” objecte Jacques de Zébédée.

“Parce que nous montions du lac. Mais maintenant nous pouvons prendre le chemin direct. Vous voyez? Gamla est ici, entre l’orient et le midi, et il n’y a pas d’autre route car les trois autres côtés sont impraticables pour qui n’est pas une chèvre sauvage.”

“Tu as raison. Nous éviterons le vallon aride d’où nous vîmes arriver les possédés” dit Philippe.

Ils marchent rapidement, laissant bientôt le bois sous lequel ils ont dormi, pour un chemin caillouteux situé au-delà d’un petit vallon et qui s’accentue de plus en plus en se rapprochant du mont bizarre sur lequel s’accroche Gamla d’où descendent de trois côtés, à l’est, au nord et à l’ouest, des pentes rapides, et reliée au reste de la région par une route directe unique allant du sud au nord, qui s’élève entre deux vallées rocheuses et sauvages qui la séparent des campagnes de l’orient et des bois de chênes de l’occident.

455.8 – Beaucoup de gardiens de porcs passent au milieu de leurs troupeaux qui se dirigent vers les bois de chênes. Des chars qui transportent des pierres équarries passent en grinçant, tirés par des attelages de bœufs à la lente démarche. Quelques cavaliers passent au trot, en soulevant des nuages de poussière. Des équipes de terrassiers, esclaves je crois ou purgeant quelque peine, passent déguenillés et hâves, se dirigeant vers leurs travaux sous la dure surveillance de leurs gardiens.

À mesure que le mont se rapproche et que la route monte, on voit des fossés fortifiés qui entourent le mont comme autant d’anneaux qui protègent ses flancs. Il ne doit pas être facile de creuser ces fossés, surtout dans certains endroits presque en surplomb. Et pourtant des hommes nombreux travaillent pour remettre en état des fortifications déjà existantes ou pour en préparer d’autres, pour apporter sur leurs épaules nues des cubes de pierre qui font courber les malheureux et laissent des traces sanglantes sur leurs épaules nues.

“Mais que font-ils? Est-ce par hasard un temps de guerre pour travailler ainsi? Ils sont fous!” disent entre eux les disciples.

Les femmes, elles, plaignent les malheureux demi-nus, mal nourris, obligés de subir des fatigues qui dépassent leurs forces.

“Mais qui les fait travailler? Le Tétrarque ou les romains?” demandent encore les apôtres.

Ils discutent entre eux, car il semble que Gamla est, dirai-je, indépendante de la Tétrarchie de Philippe et de la Tétrarchie d’Hérode, et parce qu’il paraît impossible à divers apôtres que les romains s’occupent de faire construire chez les autres des fortifications qui demain pourraient servir contre eux. Et l’éternelle idée, l’idée fixe comme celle d’un maniaque, du royaume temporel du Messie s’agite comme l’enseigne d’une victoire déjà assurée et de la gloire et de l’indépendance nationale.

455.9 – Ils crient si fort que des surveillants s’approchent et écoutent. Ce sont des hommes grossiers, d’une race qui visiblement n’est pas hébraïque, plusieurs sont âgés, certains ont des cicatrices sur le corps. Mais ce qu’ils sont, le dit la sortie méprisante de l’un d’eux:

“Notre royaume”! Tu as entendu, Titus? O gros nez! Votre royaume est déjà écrasé sous ces pierres. Celui qui se sert de l’ennemi pour construire contre l’ennemi sert l’ennemi. Paroles de Publius Corfinius. Et si vous ne comprenez pas, vivez! et les pierres vous expliqueront l’énigme.”

Et il rit en levant son fouet parce qu’il voit un travailleur épuisé qui vacille et s’assoit, et il le frapperait si Jésus ne l’arrêtait pas en s’avançant et en lui disant:

“Il ne t’est pas permis. C’est un homme, ton égal.”

“Qui es-tu pour te mêler et défendre un esclave?”