“Mes enfants, vous avez entendu quels châtiments terribles sont réservés à Jérusalem, à l’Israël qui n’est pas juste, mais ne vous réjouissez pas. C’est notre Patrie. Ne vous réjouissez pas en pensant: “Nous n’y serons peut-être plus”. Elle est toujours pleine de vos frères. Ne dites pas: “C’est bien fait puisqu’elle est cruelle envers le Seigneur”.
Les malheurs de la Patrie, les douleurs des concitoyens, doivent toujours affliger ceux qui sont des justes. Ne jugez pas comme les autres jugent, mais comme Dieu juge, c’est-à-dire avec miséricorde.
Que devez-vous faire alors envers cette Patrie, envers ces compatriotes, soit que sous ces noms il s’agisse de la grande Patrie et de ses habitants, de toute la Palestine, ou de cette petite patrie qu’est Capharnaüm, votre ville, soit qu’il s’agisse de tous les hébreux, ou de ces quelques-uns, qui me sont hostiles, de cette petite ville de Galilée? Vous devez faire des œuvres d’amour. Tâchez de sauver la Patrie et les compatriotes. Comment? Par la violence, peut-être? Par le mépris? Non. Par l’amour, par un patient amour pour les convertir à Dieu.
Vous avez entendu. “Si je trouve un homme qui pratique la justice, j’userai envers lui de miséricorde”. Travaillez donc pour que les cœurs viennent à la justice et se rendent justes. Vraiment, dans leur injustice, ils disent de Moi: “Ce n’est pas Lui”, et pour cette raison, ils croient qu’en me persécutant, il ne leur arrivera pas de mal. Vraiment ils disent: “Ces choses n’arriveront jamais. Les prophètes ont parlé au hasard”.
Et ils chercheront à vous amener vous aussi à dire comme eux. Vous, présents ici, vous êtes fidèles. Mais où est Capharnaüm? Est-ce là toute Capharnaüm? Où sont ceux que les autres fois je voyais se presser autour de Moi? C’est donc que le levain qui a fermenté depuis la dernière fois que j’ai été ici a fait des ruines dans beaucoup de cœurs? Où est Alphée? Josué avec ses trois fils? Aggée de Malachie? Joseph et Noémi? Lévi, Abel, Saül et Zacharie? Ont-ils oublié les bienfaits visiblement reçus parce que des paroles mensongères les ont trompés? Mais les paroles peuvent-elles détruire les faits?
Vous voyez! Ce n’est qu’une petite localité. Dans cet endroit, où les bénéficiaires sont les plus nombreux, la rancœur a pu dévaster la foi en Moi. Il n’y a que ceux qui sont parfaits dans la foi que je vois. Et pourriez-vous prétendre que des faits lointains, des paroles lointaines peuvent maintenir fidèle à Dieu Israël tout entier? Cela devrait être, car la foi devrait être telle même sans être soutenue par les faits. Mais cela n’est pas.
Et plus grande est la science et plus petite est la foi, parce que les savants se croient dispensés de la foi simple et franche qui croit à force d’amour et non grâce à l’aide de la science.
C’est l’amour qu’il faut transmettre et allumer. Et pour le faire, il faut brûler. Être convaincu, héroïquement convaincu, pour convaincre. Au lieu des grossièretés, pour répondre aux insultes, l’humilité et l’amour. Et aller avec eux en rappelant les paroles du Seigneur à ceux qui ne s’en souviennent plus: “Craignons le Seigneur qui nous donne la pluie de la première et de la dernière saison Deutéronome 11,13-17. ”.
“Ils ne nous comprendraient pas! Au contraire ils nous offenseraient en disant que nous sommes des sacrilèges puisque nous enseignons sans en avoir le droit. Tu n’ignores pas ce que sont les scribes et les pharisiens…!”
“Non. Je ne l’ignore pas. Même si je l’avais ignoré, maintenant je le saurais. Mais peu importe ce qu’ils sont eux. Ce qui importe c’est ce que nous sommes, nous. Eux et les prêtres peuvent applaudir les faux prophètes qui prophétisent ce qui leur est avantageux, oubliant que ce sont seulement les œuvres bonnes commandées par la Loi qu’il faut applaudir. Ce n’est pas une raison pour que mes fidèles les imitent, ni non plus qu’ils se découragent et se mettent à se regarder comme des vaincus.
447.4 - Vous, vous devez travailler autant que le Mal travaille…”
“Nous ne sommes pas le Mal” crie du seuil, sur la route, la voix éraillée d’Élie le pharisien, qui cherche à entrer sans cesser de crier: “Nous ne sommes pas le Mal, nous, ô fauteur de troubles. ”
“Homme, c’est toi le perturbateur. Sors d’ici!” dit tout de suite le centurion qui devait être de garde près de la synagogue, tant son intervention est rapide.
“Toi, toi, païen, tu oses m’imposer…”
“Moi, romain, oui. Sors! Le Rabbi ne te trouble pas. C’est toi qui le troubles. Tu n’as pas le droit.”
“C’est nous qui sommes les rabbis et pas le menuisier galiléen” crie le vieillard qui ressemble plutôt à une marchande de légumes qu’à un maître.
“Un de plus, un de moins… Vous en avez des centaines et tous donnent un mauvais enseignement. Le seul vertueux, c’est Lui. Je t’ordonne de sortir.”
“Vertueux, hein?! Vertueux celui qui achète à Rome sa sauvegarde! Sacrilège! Immonde!”
Le centurion pousse un cri et le pas pesant de quelques soldats se mêle aux cris injurieux d’Élie.
“Saisissez cet homme et chassez-le” commande le centurion.
“Moi? Les mains des païens sur moi? Les pieds des païens dans une de nos synagogues! Anathème! À l’aide! Ils me profanent! Ils me…”
“Je vous en prie, soldats, laissez-le! N’entrez pas. Respectez ce lieu, et ses cheveux blancs” dit Jésus de sa place.
“Comme tu veux, ô Rabbi.”
“Ah! ah! Intrigant! Mais le Sanhédrin le saura. J’ai la preuve! J’ai la preuve! Maintenant je crois aux paroles qui m’ont été dites. J’ai la preuve, et anathème sur Toi!”
“Et le glaive sur toi, si tu dis encore un mot. Rome défend le droit. Elle n’intrigue, vieille hyène, avec personne. Le Sanhédrin saura tes mensonges. Le Proconsul aura mon rapport. Je vais l’écrire. Va chez toi et tiens-toi à la disposition de Rome”