“N’aie pas peur. Dis-lui “merci”. C’est Lui qui t’a sauvée. Agenouille-toi, baise ses pieds. Allons! Ne tremble pas!… Pardonne, Maître! Elle est terrorisée par les dernières caresses d’Ennius ivre…”

“Pauvre fille!” dit Jésus en posant sa main sur la tête voilée de la fillette. “Ne crains pas! Je vais te conduire chez ma Mère, pour quelque temps, chez une Mère, comprends-tu? Et tu auras tout autour tant de bons frères… Ne crains pas, ma fille!”

Qu’y a-t-il dans la voix de Jésus et dans son regard? Il y a tout: la paix, la sécurité, la pureté, l’amour saint. La fillette le sent, elle rejette en arrière son manteau et sa capuche pour mieux le voir, et avec la jolie silhouette mince d’une fillette qui arrive à peine au seuil de la puberté, presque encore enfant, avec la beauté un peu immature de l’adolescence, l’air innocent, elle apparaît dans un vêtement trop grand pour elle…

“Elle était à moitié nue… J’ai mis dans le sac et je lui ai passé les premiers vêtements que j’ai trouvés…” explique Lydia.

“Une enfant!” dit avec pitié Jésus. Et la prenant par la main, il lui demande: “Veux-tu venir sans peur avec Moi?”

“Oui, patron.”

“Non, pas patron. Dis-moi: Maître.”

“Oui, Maître” dit avec plus d’assurance la fillette et un timide sourire remplace l’expression craintive de son visage très blanc.

“Es-tu capable de faire un long chemin?”

“Oui, Maître.”

“Ensuite tu te reposeras chez ma Mère, dans ma maison, en attendant Fausta… une enfant que tu aimeras beaucoup… Cela te plaît?”

“Oh! Oui!…”

Et la fillette lève avec assurance ses yeux clairs d’un gris bleu, très beau, entre ses cils d’or et elle ose demander:

“Plus ce patron?”

Et un éclair de terreur trouble encore son regard.

“Jamais plus” lui promet de nouveau Jésus en mettant de nouveau sa main sur la chevelure touffue couleur de miel blond de la fillette.

“Adieu, Maître. Dans quelques jours, nous serons sur le lac nous aussi. Peut-être nous verrons-nous encore. Prie pour les pauvres romaines.”

“Adieu, Lydia. Dis à Claudia que ce sont les conquêtes auxquelles je prétends, pas à d’autres. Viens, fillette, nous allons partir de suite…”

Et, la tenant par la main, il se présente à la porte du magasin pour appeler les apôtres.

Pendant que la barque, sans laisser de traces de sa venue, retourne en pleine mer, Jésus et les apôtres, avec la fillette enveloppée de son manteau au milieu du groupe, par des ruelles périphériques, s’en vont vers la campagne…