“Non. Pas vous. Vous ne pouvez pas me juger. Vous êtes ceux qu’on juge et non pas ceux qui jugent, et Celui qui vous juge c’est Dieu. Vous pouvez parler, émettre des sons avec vos lèvres. Mais même la voix la plus puissante n’arrive pas aux Cieux et ne parcourt pas toute la terre. Après un peu d’espace, c’est le silence… et après un peu de temps, c’est l’oubli. Mais le jugement de Dieu c’est une voix qui demeure et n’est pas sujette à l’oubli. Des siècles et des siècles se sont écoulés depuis que Dieu a jugé Lucifer et qu’il a jugé Adam, mais la voix de ce jugement ne s’éteint pas, mais les conséquences de ce jugement existent Genèse 3,16-19 | Genèse 3,22-24. . Et si maintenant je suis venu rapporter la Grâce aux hommes, par l’intermédiaire du Sacrifice parfait, le jugement sur l’acte d’Adam reste ce qu’il est et il sera toujours appelé “Faute d’origine”. Les hommes seront rachetés, lavés par une purification supérieure à toute autre. Mais ils naîtront avec cette marque, car Dieu a jugé que cette marque doit exister sur tout être né de la femme, sauf pour Celui qui a été fait non par œuvre d’homme mais par l’Esprit Saint, et pour la Préservée et le Présanctifié, vierges pour l’éternité. La Première pour pouvoir être la Vierge Mère de Dieu, le second pour pouvoir être le Précurseur de l’Innocent en naissant déjà pur, par l’effet d’une jouissance anticipée des mérites infinis du Sauveur Rédempteur.

413.9 – Et Moi, je vous dis que Dieu vous juge, et il vous juge en disant: “Malheur à vous, docteurs de la Loi, car vous chargez les gens de fardeaux qu’ils ne peuvent porter, en faisant un châtiment du Décalogue paternel donné par le Très-Haut à son Peuple”. Lui c’est avec amour et par amour qu’il l’avait donné, pour que fût aidé par un juste guide, l’homme, l’éternel enfant, imprudent et ignorant. Et vous à la place des lisières par lesquelles Dieu soutenait affectueusement ses créatures, pour leur permettre d’avancer sur sa route et d’arriver à son cœur, vous avez substitué des montagnes de pierres coupantes, lourdes, torturantes, un labyrinthe de prescriptions, un cauchemar de scrupules, qui écrasent l’homme, l’égarent, l’arrêtent, lui font craindre Dieu comme un ennemi. Vous semez d’obstacles la marche des cœurs vers Dieu. Vous séparez le Père de ses fils. Vous niez, par vos surcharges, cette douce, bénie, véritable Paternité.

Mais vous, de votre côté, ces fardeaux que vous imposez aux autres, vous ne les touchez pas, pas même du bout du doigt. Vous vous croyez justifiés seulement pour les avoir imposés. Mais, ô sots, vous ne savez pas que vous serez jugés sur ce que vous avez jugé être nécessaire pour se sauver? Vous ne savez pas que Dieu vous dira: “Vous disiez que votre parole était sacrée, qu’elle était juste. Eh bien, Moi aussi, Je la considère comme telle. Et puisque vous l’avez imposée à tous et que vous avez jugé vos frères sur la façon dont ils l’ont accueillie et pratiquée, voilà que Moi, Je vous juge sur votre parole et puisque vous n’avez pas fait ce que vous avez dit de faire, soyez condamnés” Évoque Matthieu 7,2 : "du jugement dont vous jugerez, vous serez jugés; et de la mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré". ?

Malheur à vous qui élevez des tombeaux aux prophètes que vos pères ont tués. Et quoi? Vous croyez diminuer avec cela la grandeur de la faute de vos pères? De la supprimer aux yeux de la postérité? Non, au contraire, vous témoignez que vos pères ont fait ces œuvres. Non seulement cela, mais les approuvez, tout disposés à les imiter, en élevant ensuite un tombeau au prophète persécuté, pour pouvoir dire: “Nous nous l’avons honoré”. Hypocrites! C’est pour cela que la Sagesse de Dieu a dit: “Je leur enverrai des prophètes et des apôtres, et eux en tueront certains et persécuteront les autres, pour que l’on puisse demander à cette génération le sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la création du monde et par la suite, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, tué entre l’Autel et le Sanctuaire”.

Oui, en vérité, en vérité je vous dis que de tout ce sang des saints il en sera demandé compte à cette génération qui ne sait reconnaître Dieu là où Il est, et persécute le juste et lui perce le cœur parce que le juste est une. confrontation vivante avec leur injustice.

413.10 – Malheur à vous, docteurs de la Loi, qui vous vous êtes emparés de la clef de la science et avez fermé son temple pour éviter d’y entrer et d’être jugés par elle, et qui n’avez pas permis aux autres d’y entrer. En effet vous savez que si le peuple était instruit de la vraie Science, c’est-à-dire de la Science sainte, il pourrait vous juger. Et alors vous préférez qu’il soit ignorant pour qu’il ne vous juge pas Complément très éclairant du texte de Luc 11,52. . Et vous me haïssez parce que je suis la Parole de Sagesse, et vous voudriez m’enfermer avant le temps dans une prison, dans un tombeau pour que je ne parle plus.

Mais je parlerai tant qu’il plaira à mon Père que je parle. Et ensuite ce seront mes œuvres qui parleront plus encore que mes paroles. Et ils parleront mes mérites plus encore que les œuvres, et le monde sera instruit et il saura, et il vous jugera. Le premier jugement sur vous. Et puis viendra le second, le jugement particulier pour chacun de vous à sa mort, et enfin le dernier: l’Universel. Et vous vous souviendrez de ce jour, de ces jours et vous, vous seuls connaîtrez le Dieu terrible que vous vous êtes efforcés d’agiter comme une vision de cauchemar devant les esprits des simples, alors que vous, à l’intérieur de votre tombeau, vous vous êtes moqués de Lui et du premier et principal commandement: celui de l’amour, le dernier donné sur le Sinaï, que vous n’avez pas respecté et auquel vous n’avez pas obéi.

C’est inutilement, ô Elchias, que tu n’as pas de représentations figurées dans ta maison. C’est inutilement, ô vous tous, que vous n’avez pas d’objets sculptés dans vos maisons. C’est à l’intérieur du cœur que vous avez l’idole, plusieurs idoles. Celle de vous croire des dieux, celles de vos concupiscences.

413.11 – Venez, vous autres. Partons.”

Et, en se faisant précéder par les douze, il sort le dernier.

Un silence…

Puis ceux qui sont restés poussent un grand cri en disant tous ensemble:

“Il faut le poursuivre, le prendre en défaut, trouver des objets d’accusation! Il faut le tuer!”

Un autre silence.

Et puis deux s’en vont dégoûtés par la haine et les propos des pharisiens: l’un est le parent d’Elchias et l’autre celui qui. par deux fois, a défendu le Maître. Alors que ceux qui sont restés se demandent:

“Et comment?”

Un autre silence.

Puis, avec un éclat de rire éraillé, Elchias dit:

“Il faut travailler Judas de Simon…”

“Bon! C’est une bonne idée, mais tu l’as offensé…!”

“Moi, j’y pense, dit celui que Jésus a appelé Simon Boetos. Moi, et Éléazar d’Hanne… Nous allons le circonvenir…” Judas se vante plusieurs fois de ses "relations" avec des sanhédristes.

“Un peu de promesses…”

“Un peu de peur…”

“Beaucoup d’argent…”

“Non. Pas beaucoup… Des promesses, des promesses de beaucoup d’argent…”

“Et puis?”

“Quoi: et puis?”

“Hé! Puis. Tout terminé, que lui donnerons-nous?”

“Mais rien! La mort. Ainsi… il ne parlera plus” dit lentement et cruellement Elchias.

“Hou! la mort…”

“Tu en as horreur? Mais, allons! Si nous tuons le Nazaréen qui… est un juste… nous pourrons tuer aussi l’Iscariote qui est un pécheur…”

Il y a des hésitations…

Mais Elchias, se levant, dit:

“Nous demanderons conseil aussi à Hanne… Et vous verrez qu’il… dira que l’idée est bonne. Et vous y viendrez, vous aussi… Oh! vous y viendrez…”

Ils sortent tous derrière leur hôte qui s’en va en disant:

“Vous y viendrez… Vous y viendrez!”