“Comment? Pourquoi n’approuvez-vous pas?”
Elchias se tait, ses amis se taisent. Seul Jésus, sincère, répond: “Parce que je ne puis approuver une erreur. Je suis plus qu’un ange. L’ange c’était le Baptiste, Précurseur du Christ, et le Christ, c’est Moi.”
413.5 – Un silence glacial, prolongé. Elchias, le coude appuyé sur le lit de table, la joue appuyée à la main, réfléchit, dur, fermé, comme tous ceux de sa maison.
Jésus se tourne et le regarde, et puis il dit:
“Elchias, Elchias, ne confonds pas la Loi et les Prophètes avec des bagatelles!”
“Je vois que tu as lu ma pensée. Mais tu ne peux nier que tu as péché en transgressant le précepte.”
“Comme toi, et par ruse, par conséquent en faisant une faute plus grande, tu as transgressé le devoir de l’hospitalité, et tu l’as fait avec la volonté de le faire. Tu m’as distrait et puis tu m’as envoyé ici, pendant que tu te purifiais avec tes amis et, à ton retour, tu nous as prié d’être expéditifs, à cause d’une réunion que tu avais, et tout cela pour pouvoir me dire: “Tu as péché Voir ci-dessus, en EMV 414.2 et la note n°9. ”.
“Tu pouvais me rappeler mon devoir de te donner de quoi te purifier.”
“Il y a tant de choses que je pourrais te rappeler, mais cela ne servirait qu’à te rendre plus intransigeant et plus hostile. Deutéronome 27,26. ”
“Non. Dis-les, dis-les. Nous voulons t’écouter et… Deutéronome 27,25. ”
“Et m’accuser auprès du Prince des Prêtres. C’est pour cela que je t’ai rappelé la dernière et l’avant-dernière malédiction Deutéronome 27,24. . Je le sais. Je vous connais. Je suis ici, désarmé, parmi vous. Je suis ici, isolé du peuple qui m’aime et devant lequel vous n’osez pas m’attaquer.
Mais je n’ai pas peur. Mais je ne me plierai pas à des compromissions et je ne commettrai pas de lâchetés. Et je vous dis votre péché, et celui de toute votre caste et le vôtre, ô pharisiens, faux purs observateurs de la Loi, ô docteurs, faux sages, qui confondez et mélangez volontairement le vrai et le faux bien, qui imposez aux autres et exigez d’eux la perfection jusque dans les choses extérieures et de vous n’exigez rien. Vous me reprochez, d’accord avec votre hôte et le mien, de ne pas m’être lavé avant le déjeuner. Vous savez que je viens du Temple auquel on ne peut accéder qu’après s’être purifié des impuretés de la poussière et de la route. Voulez-vous alors avouer que le Lieu Saint est contamination?”
“Nous nous sommes purifiés avant d’être allés à table.”
“Et à nous, on nous a imposé: “Allez-y, attendez”. Et ensuite: “Aux tables sans tarder”. Entre tes murs vierges de dessins il y avait donc un dessein: celui de me tromper. Quelle main l’a écrit sur les murs, le motif d’une accusation possible Daniel 5,5. ? Ton esprit ou une autre puissance qui le conduit et que tu écoutes? Eh bien, écoutez tous.”
413.6 – Jésus se dresse debout, et tenant ses mains appuyées sur le bord de la table, il commence ses invectives:
“Vous autres pharisiens, vous lavez l’extérieur de la coupe et du plat, et vous vous lavez les mains et les pieds, comme si le plat et la coupe, les mains et les pieds devaient entrer dans votre esprit que vous aimez proclamer pur et parfait. Mais ce n’est pas vous, mais Dieu qui doit le proclamer. Eh bien sachez ce que Dieu pense de votre esprit. Lui pense qu’il est rempli de mensonge, de souillure et de violence, il est plein de méchanceté et rien de ce qui vient de l’extérieur ne peut corrompre ce qui est déjà corruption.”
Il détache sa main droite de la table et involontairement commence à faire des gestes alors qu’il continue:
“Mais Celui qui a fait votre esprit comme Il a fait votre corps, ne peut-Il pas exiger, au moins dans une égale mesure, pour l’intérieur le respect que vous avez pour l’extérieur?
O sots qui changez les deux valeurs et en intervertissez l’importance, mais est-ce que le Très-Haut ne voudra pas pour l’esprit un soin plus grand, lui qu’il a fait à sa ressemblance et qui par la corruption perd la vie éternelle, que pour la main ou le pied dont la saleté peut être lavée facilement et qui, même s’ils restaient sales n’auraient pas d’influence sur la pureté intérieure? Et est-ce que Dieu peut se préoccuper de la propreté d’une coupe ou d’un plateau alors que ce sont des choses sans âmes et qui ne peuvent avoir de l’influence sur votre âme?
Je lis ta pensée, Simon Boetos. Non. Elle ne s’impose pas. Ce n’est pas par souci de santé, pour protéger la chair, la vie, que vous prenez ces soins, que vous pratiquez ces purifications. Le péché charnel, et aussi les péchés de gourmandise, d’intempérance, de luxure, sont plus nuisibles à la chair qu’un peu de poussière sur les mains ou sur un plat. Et pourtant vous les pratiquez sans vous préoccuper de protéger votre existence et de sauvegarder votre famille. Et vous faites des péchés de plusieurs espèces car, outre la contamination de l’esprit et de votre corps, le gaspillage de substance, le manque de respect pour les vôtres, vous offensez le Seigneur par la profanation de votre corps, temple de votre esprit, où devrait se trouver le trône de l’Esprit Saint; et vous offensez aussi le Seigneur par le péché que vous faites en estimant qu’il vous revient de vous protéger des maladies qui viendraient d’un peu de poussière, comme si Dieu ne pouvait intervenir pour vous protéger des maux physiques si vous recourez à Lui avec un esprit pur.
413.7 – Mais Celui qui a créé l’intérieur n’a-t-Il pas peut-être créé l’extérieur et réciproquement? Et n’est-ce pas l’intérieur qui est le plus noble et qui porte davantage l’empreinte de la divine ressemblance?
Faites alors des œuvres qui soient dignes de Dieu et non pas des mesquineries qui ne s’élèvent pas au-dessus de la poussière pour laquelle et de laquelle elles sont faites, de la pauvre poussière qu’est l’homme considéré comme créature animale, fange qui a reçu une forme et qui redevient poussière que disperse le vent des siècles. Faites des œuvres qui demeurent, qui soient des œuvres royales et saintes, des œuvres couronnées par la divine bénédiction. Faites des œuvres de charité et faites l’aumône, soyez honnêtes, soyez purs dans vos œuvres et dans vos intentions et, sans recourir à l’eau des ablutions, tout sera pur en vous.
Mais que vous croyez-vous? Que vous êtes en règle parce que vous payez les dîmes sur les épices? Non. Malheur à vous, ô pharisiens, qui payez les dîmes de la menthe et de la rue, de la moutarde La moutarde ne figure pas dans l'énumération des évangélistes. et du cumin, du fenouil et des autres herbes, et qui négligez ensuite la justice et l’amour de Dieu. Payer les dîmes est un devoir Tout juif, résidant ou non en terre d'Israël, est tenu de payer le denier du culte destiné au Temple de Jérusalem. Tous le versent chaque année et il correspond pour beaucoup à environ une journée de salaire. La dîme est plus lourde encore, surtout pour les pauvres et les paysans. Pour certains, elle consiste à donner aux prêtres un dixième des légumes et des fruits de leur jardin, sans oublier la menthe, le fenouil, le cumin et une bête sur dix de leur élevage domestique. Tous les juifs pieux s'acquittent de cette obligation qui vient s'ajouter aux divers impôts. et il faut le faire, mais il y a des devoirs plus élevés et eux aussi il faut les accomplir. Malheur à celui qui observe les choses extérieures et néglige celles intérieures basées sur l’amour de Dieu et du prochain. Malheur à vous, pharisiens, qui aimez les premières places dans les synagogues et dans les assemblées et qui aimez à être honorés sur les places publiques et qui ne pensez pas à faire des œuvres qui vous donnent une place au Ciel et qui vous méritent le respect des anges. Vous êtes semblables à des tombeaux cachés qui passent inaperçus pour celui qui les frôle et n’en éprouve pas de dégoût, mais qui serait dégoûté s’il pouvait voir ce qu’ils renferment. Dieu pourtant voit les choses les plus secrètes et ne se trompe pas quand Il vous juge.”
413.8 – Il est interrompu par un docteur de la Loi, qui lui aussi se lève pour le contredire:
“Maître, en parlant ainsi, tu nous offenses nous aussi; et cela ne te convient pas parce que nous ensuite nous devons te juger.”