413 – L’arrivée à Jérusalem pour la Pentecôte. Discussion avec les docteurs dans le Temple
9 avril 1946
Le mardi 9 avril 1946.
413.1 – La ville est pleine de gens. Le Temple est bondé. Jésus y monte dès son entrée à Jérusalem, et il y entre par la porte près de la Probatique Porte probatique ou Porte des brebis au nord de Jérusalem. Voir le plan schématique. , donc presque immédiatement, avant que les gens puissent s’apercevoir qu’il est dans la ville et que la nouvelle se propage de la maison où ils déposent leurs sacs et où ils nettoient la poussière et la sueur pour entrer propres dans le Temple. Il fallait se purifier avant d'entrer au Temple. Déjà, arrivant à Jérusalem par le nord, ils ont laissé leurs bagages dans une maison amie, appartenant probablement à Zébédée (Cf. EMV 364.4) ou à Joseph de Séphoris comme on l'apprend beaucoup plus loin. Au chapitre suivant, Jésus rappelle à Elchias qu'Il s'est purifié avant d'aller au temple.
L’habituelle cohue malséante des vendeurs et des changeurs. L’habituel kaléidoscope des couleurs, des visages.
Jésus, accompagné des apôtres qui ont acheté ce qu’il fallait pour l’offrande, va directement au lieu de la prière et y reste longuement. Naturellement il est remarqué par plusieurs, tant bons que mauvais, et un murmure court comme le vent et avec un bruit de vent dans les branches à travers la vaste cour extérieure où les gens s’arrêtent pour prier. La cour des gentils, ou des païens. Voir le schéma du Temple
Et quand, après la prière, il se retourne pour revenir sur ses pas, une troupe de gens qui grossit de plus en plus le suit à travers les atriums, les portiques, les cours, jusqu’à ce que devenue une foule, elle l’entoure et Lui demande de parler.
“À un autre moment, ô fils! Dans un autre endroit!” dit Jésus et il lève la main pour bénir en cherchant à s’éloigner.
Les scribes, les pharisiens, les docteurs et leurs élèves, mêlés à la foule, raillent en se disant l’un à l’autre des bouts de phrases qui sont autant de moqueries, comme: “La prudence fait réfléchir” ou bien: “Hé! un peu de peur…” ou: “Il a atteint l’âge de raison” ou encore: “Moins sot qu’on ne croyait…” Mais le plus grand nombre, ou parce qu’ils le connaissent et l’aiment, ou parce qu’ils désirent sincèrement le connaître, étant sans haine, insistent en disant:
“Tu nous enlèveras donc cette fête dans la Fête? Bon Maître, tu ne peux le faire! Beaucoup de nous ont fait des sacrifices pour rester ici à t’attendre…” En effet, la fête est commencée depuis la veille.
Et certains font taire les railleurs ou répondent sur le même ton aux persifleurs.
Il est clair que la masse serait toute disposée à faire un mauvais parti à la minorité de malveillants. Ces derniers, rusés et sournois, le comprennent et non seulement se taisent, mais cherchent à s’éloigner. Bien qu’ils soient dans l’enceinte du Temple, plusieurs n’hésitent pas à persifler ceux qui s’en vont et à leur lancer des épithètes peu flatteuses. Alors que d’autres, plus âgés, et donc plus réfléchis, interpellent Jésus en disant:
“Mais que va-t-il advenir, Toi qui sais, de ce lieu, de cette ville, de tout Israël qui ne se rend pas à la Voix du Seigneur?”
413.2 – Jésus regarde avec pitié ces têtes grisonnantes ou tout à fait blanches, et il répond:
“Jérémie vous a dit ce qu’il adviendra de ceux qui à l’éclair du courroux divin répondent en péchant davantage, en considérant la pitié divine comme une preuve de faiblesse de la part de Dieu, car on ne se moque pas de Dieu, ô fils Jérémie 18,11-12 et Jérémie 18,17. On peut aussi faire un rapprochement avec Ecclésiastique 5,6 : "Ne dis point : "La miséricorde de Dieu est grande, il pardonnera la multitude de mes péchés". Car en lui se trouvent la pitié et la colère, et son courroux tombe sur les pécheurs." . Vous, comme dit l’Éternel par la bouche de Jérémie, vous êtes comme l’argile dans les mains du potier, comme de l’argile sont ceux qui se croient puissants, comme de l’argile sont les habitants de ce lieu et ceux du palais royal Jérémie 18,6. . Il n’y a pas de puissance humaine qui puisse résister à Dieu Jérémie 18,4. . Et si l’argile résiste au potier, et veut prendre des formes étranges, horribles, le potier réduit l’ébauche à n’être plus de nouveau qu’une poignée d’argile, et il modèle à nouveau son vase jusqu’à ce qu’il se persuade que le potier est le plus fort et qu’il se plie à sa volonté. Et il peut arriver encore que le vase se brise en morceaux parce qu’il s’obstine à ne pas se laisser modeler, parce qu’il refuse l’eau dont le potier l’humecte pour pouvoir le modeler sans fissures. Et alors le potier jette l’argile récalcitrante, les coquilles inutiles, rebelles au travail, aux ordures et il prend de l’argile neuve et la façonne en lui donnant la forme qui lui paraît la meilleure. Jérémie 18,4.
N’est-ce pas ainsi que parle le Prophète en racontant le symbole du potier et du vase d’argile? C’est ainsi. Et en répétant les paroles du Seigneur, il dit: “Comme l’argile est dans la main du potier, ainsi tu es, ô Israël, dans les mains de Dieu” Ainsi qu'il est écrit dans Jérémie 18,7. . Et le Seigneur ajoute, pour avertir les récalcitrants, que seules la pénitence et l’acceptation des reproches de Dieu peuvent faire modifier le décret de punition de Dieu à l’égard du peuple rebelle. Jérémie 18,7-8.
Israël ne s’est pas repenti. Aussi les menaces de Dieu se sont acharnées une et dix fois sur Israël. Israël pas même maintenant ne se repent, maintenant que ce n’est pas un prophète, mais plus qu’un prophète qui parle à Israël. Et Dieu qui a eu pour Israël la suprême miséricorde et qui m’a envoyé, vous dit maintenant: “Puisque vous ne prêtez pas l’oreille à ma propre Voix, Je vais me repentir du bien que Je vous ai fait et Je préparerai contre vous le malheur”. Et Moi, qui suis la Miséricorde, bien que je sache que je fais retentir inutilement ma voix, je crie à Israël: “Que chacun revienne de sa route mauvaise.
Que chacun redresse sa conduite et ses tendances pour qu’au moins, quand le dessein de Dieu s’accomplira sur la nation coupable, les meilleurs de ses citoyens, dans la perte totale des biens, de la liberté, de l’union, conservent l’esprit libre de la faute, uni à Dieu, et ne perdent pas les biens éternels, comme ils auront perdu les biens terrestres”.
Les visions des prophètes ne sont pas sans but: le but est d’avertir les hommes de ce qui peut arriver Jérémie 18,10-11. . Il est dit par le symbole du vase d’argile cuite, brisé en présence du peuple, ce qui attend les villes et les royaumes qui ne se soumettent pas au Seigneur, et…” Jérémie 19,10-13.
413.3 – Les anciens, les scribes, docteurs et pharisiens, qui s’étaient éloignés auparavant, sont allés prévenir les milices du Temple et les magistrats préposés à l’ordre. L’un d’eux, suivi d’une poignée de ces comiques soldats de carton-pâte, qui n’ont de batailleur que les visages qui sont un mélange de sottise et d’un peu de malice avec passablement de dureté, pour ne pas dire de brutalité, vient vers Jésus. Le Maître parle, appuyé à une colonne du Portique des Païens À l'emplacement habituel où Jésus enseigne, au coin nord-est du parvis des païens. Voir le schéma du Temple. et il est entouré d’une foule qui forme autour de Lui un cercle impénétrable. Le magistrat crie à Jésus:
“Va-t’en! Ou je te fais expulser par mes soldats…”
“Hou! Hou! Les grosses mouches vertes! Les héros sur les agneaux! Et vous ne savez pas emprisonner ceux qui font de Jérusalem, un lupanar En argot de la Rome antique lupa, la louve, est l'animal symbolisant la prostituée. Rien qu'à Pompéi, les archéologues ont mis à jour 34 lupanars romains. , du Temple, un marché? Hors d’ici, face de lapin, va-t’en chez les belettes… Hou! Hou!”
Les gens se révoltent contre ces fantoches armés et ils montrent clairement qu’ils ne veulent pas que l’on fasse injure au Maître.
“Moi, j’obéis aux ordres que j’ai reçus…” dit pour s’excuser ce chef des gardiens de l’ordre.
“Tu obéis à Satan et tu ne t’en aperçois pas. Va, va maintenant implorer pitié pour avoir osé insulter et menacer le Maître! Le Maître, on n’y touche pas! Vous avez compris? Vous nos oppresseurs, Lui l’ami des pauvres. Vous nos corrupteurs, Lui notre Maître saint. Vous notre ruine, Lui notre Salut. Vous pleins de perfidie, Lui plein de bonté. Hors d’ici, ou nous vous ferons ce que Mattathias fit à Modin Cf. 1 Maccabées 2,24-25. Indigné, Mattathias égorge sur l'autel les envoyés du roi. . Nous vous balancerons en bas de la pente du Moriah, comme autant d’autels d’idoles et nous ferons le nettoyage, en lavant avec votre sang le lieu profané. Les pieds de l’unique Saint d’Israël marcheront sur ce sang pour aller au Saint des Saints et y régner, Lui qui le mérite! Hors d’ici! Vous et vos maîtres! Hors d’ici, sbires qui servez les sbires…