De l’Antonia accourent les gardes romains avec un officier âgé, sévère, expéditif.
“Faites place, vauriens! Qu’arrive-t-il? Vous êtes en train de vous dévorer entre vous pour un de vos agneaux galeux?”
“Ils se révoltent contre les milices…” veut expliquer le magistrat.
“Par Mars invaincu! "Mars Invictus" : appellation assez peu répandue, mais attestée par un temple à Rome, et par quelques autres traces historiques (monnaies, stèles...). Eux… les milices? Ah! Ah! Va faire la guerre aux cafards, guerrier de cantine. Parlez, vous…” ordonne-t-il aux gens.
“Ils voulaient imposer silence au Rabbi Galiléen. Ils voulaient le chasser, peut-être le prendre…”
“Au Galiléen? Non licet. C’est dans la langue de Rome que je vous dis la parole du décollé "Il ne t'est pas permis", c'est la parole du Baptiste à Hérode dont il a été question en EMV 348.3. . Ah! Ah! Va-t’en à la niche, toi et tes roquets. C’est à la niche que restent aussi les chiens de garde. Eux aussi la Louve sait les mettre en pièces… Compris? Rome seule a le droit de juger La Louve, symbole de Rome. Le jus gladii (droit de vie ou de mort) avait été retiré au Sanhédrin au moment de la déposition d'Archélaüs, successeur d'Hérode le Grand, par Coponius, en 6 après JC. Archélaos fut exilé à Vienne en Gaule Narbonnaise. . Et Toi, Galiléen, raconte aussi tes fables… Ah! Ah!” et il se retourne tout d’une pièce et il s’en va avec sa cuirasse qui brille au soleil.
“Tout à fait comme à Jérémie…”
“Comme à tous les prophètes, dois-tu dire…”
“Mais Dieu triomphe quand même.”
“Maître, parle encore. Les vipères se sont enfuies.”
“Non, laissez-le aller, pour que les nouveaux Phassur Jérémie 20,2-3 : Maria Valtorta retranscrit les noms propres comme elle les entend. Le prêtre Phassur (Pachhour, Pashehour), était surveillant en chef de la maison de Jéhovah. Après avoir entendu Jérémie prononcer ses prophéties, il le frappa et le fit menotter au pilori (aux ceps). ne reviennent pas en force et l’enchaînent…”
“Pas de danger… Tant que dure le rugissement du lion, les hyènes ne sortent pas…”
Les gens parlent et commentent au milieu d’une belle confusion.
413.4 – “Vous vous trompez, dit un pharisien, tout mielleux, enveloppé dans son manteau et suivi de quelques-uns de ses semblables et de certains docteurs de la Loi. Vous vous trompez. Vous ne devez pas croire que toute une caste soit comme quelques-uns de ceux qui lui appartiennent. Hé! Hé! Du bon et du mauvais, il y en a sur toute plante.”
“Oui. En effet les figues sont généralement douces, mais pourtant, si elles sont vertes ou trop mûres, elles sont acres ou acides. Vous vous êtes acides comme celles du mauvais panier du prophète Jérémie” Voir Jérémie 24,1-3 et Jérémie 24,8-10. dit du milieu de la foule quelqu’un que je ne connais pas, mais qui doit être bien connu de plusieurs, et puissant aussi, car je vois dans la foule des clins d’œil et je remarque que le pharisien encaisse le coup sans réagir.
Au contraire, plus doucereux encore, il se tourne vers le Maître et il Lui dit:
“Splendide sujet pour ta sagesse. Parle-nous, ô Rabbi, sur ce sujet. Tes explications sont si… neuves… si… doctes… Nous les goûtons, affamés, avides.”
Jésus regarde fixement ce champion pharisaïque et puis il lui répond:
“Tu as aussi une autre faim inavouée, ô Elchias, et tes amis aussi Mais elle vous sera donnée aussi cette nourriture… et plus acide que des figues. Et elle vous corrompra l’intérieur comme les figues aigries corrompent les viscères.”
“Non Maître, je te le jure, au nom du Dieu vivant! Mes amis et moi, nous n’avons pas d’autre faim que de t’entendre parler… Dieu nous voit si…”
“Cela suffit. L’homme honnête n’a pas besoin de serments. Ses actions sont des serments et des témoignages.
413.5 – Mais je ne vais pas parler des figues excellentes et des figues gâtées…”
“Pourquoi, Maître? Tu crains que les faits ne contredisent tes explications?”
“Oh, non! Au contraire…”
“Alors tu prévois pour nous des tourments, des opprobres, l’épée, la peste, la faim?”