“Et il me plaît de savoir tant de choses…”

“C’est un défaut, mon Pierre.”

“Je le sais… mais je crois que cette fois, ce n’est pas un défaut. Si je voulais savoir des choses qu’il ne faut pas, des friponneries pour pouvoir critiquer celui qui les a faites, oh! alors ce serait un défaut. Mais tu vois que je ne t’ai pas demandé si Judas était pour quelque chose dans l’appel à Béther, et pourquoi…”

“Mais tu en avais un grand désir…”

“Oui. C’est vrai. Mais, au contraire, n’est-ce pas un mérite plus grand?”

“C’est un mérite plus grand, comme c’est un grand mérite de se maîtriser soi-même. Ceci montre, en celui qui le fait, une bonne, une sérieuse évolution dans les choses spirituelles, une intelligence et une assimilation vraiment actives des enseignements du Maître.”

“Oui, hein? Et en es-tu content?”

“Oh! Pierre, tu me le demandes? J’en suis bienheureux.”

“Oui? Vraiment? O mon Maître! Mais alors ton pauvre Simon est celui qui te rend si heureux?”

“Oui. Mais ne le savais-tu pas déjà?”

“Je n’osais pas le croire, mais en te voyant si heureux hier, je t’ai fait questionner. Car je pensais que ce pouvait être aussi Judas qui devenait meilleur… bien que je n’en ai pas de preuves… Mais je puis y voir mal. Jean m’a dit que tu lui as dit que tu es heureux parce qu’il y a quelqu’un qui devient saint…

Puis, il y a un instant, tu me dis que tu es content de moi parce que je me rends meilleur. Maintenant je sais. Celui qui te rend heureux et réjoui, c’est moi, le pauvre Simon…

412.5 – Pourtant maintenant je voudrais que mes sacrifices fassent changer Judas. Je ne suis pas jaloux. Je voudrais que tous soient parfaits pour te rendre parfaitement heureux. Est-ce que j’y réussirai?”

“Aie confiance, Simon, aie confiance et persévère.”

“Je le ferai! Certes que je le ferai. Pour Toi… et aussi pour lui. Parce que ce n’est certainement pas réjouissant d’être toujours ainsi. Au fond… il pourrait presque être mon fils… Hum! Vraiment je préfère servir de père à Marziam! Mais… je lui servirai de père en travaillant pour lui donner une âme digne de Toi.”

“Et de toi, Simon” et Jésus se penche et baise ses cheveux.

Pierre est tout à fait heureux… Après un moment, il demande:

“Et tu ne me dis pas autre chose? Il n’y a rien d’autre de bon? Quelque fleur parmi les épines que tu trouves partout?”

“Si. Un ami de Joseph qui vient à la Lumière.”

“Vraiment? Un sanhédriste?”

“Oui, mais il ne faut pas le dire. On doit prier, souffrir pour lui. Tu ne me demandes pas qui c’est? Tu n’es pas curieux?”

“Très! Mais je ne le demande pas. Un sacrifice pour cet inconnu.”

“Béni sois-tu Simon! Aujourd’hui tu me rends vraiment heureux. Continue ainsi et je t’aimerai de plus en plus, et de plus en plus Dieu t’aimera. Maintenant arrêtons-nous pour attendre les autres…”