“Alors elles devraient te plaire énormément à toi” lui réplique le Thaddée en coupant son rire sous un sous-entendu bien explicite.

Maintenant ce sont les autres qui rient du coup bien porté.

Jésus ne rit pas. Au contraire, il est pâle et triste. Il regarde ses douze et en particulier les deux antagonistes qui se regardent l’un avec colère, l’autre avec sévérité, et il répond à tous, tout en répondant à l’Iscariote en particulier.

“Si Dieu les a faites, c’est qu’elles sont utiles. Il n’y a rien de totalement nuisible dans la création. Seul le Mal est nettement et seulement nuisible, et malheur à ceux qui se laissent mordre par lui.

Un des fruits de sa morsure c’est l’incapacité de ne plus distinguer le Bien du Mal, c’est la déviation de la raison et de la conscience pervertie vers des choses qui ne sont pas bonnes, et c’est la cécité spirituelle par laquelle, ô Judas de Simon, on ne voit plus resplendir la puissance de Dieu dans les choses, même les plus petites. Elle est inscrite dans cette fleur par sa beauté, son parfum, sa forme si différente de celle de toute autre fleur, par cette goutte de rosée qui tremble et resplendit suspendue au cil cireux du minuscule pétale et qui paraît une larme de reconnaissance pour le Créateur qui a tout fait, et tout bien fait, tout utile, tout varié.

Mais il est dit que tout était beau pour les premiers parents, jusqu’au moment où ils eurent la cataracte du péché… Et tout leur parlait de Dieu, jusqu’à ce que sur les choses ou plutôt dans leurs pupilles fût instillé le liquide qui déforma leur capacité de voir Dieu… Même actuellement, Dieu se révèle d’autant plus que l’esprit est davantage roi dans une créature…”

“Salomon a chanté les merveilles de Dieu, et de même David… et leur esprit n’était certainement pas roi! Maître, cette fois, je te prends en défaut.”

“Mais impudent que tu es! Comment oses-tu dire cela?” dit Barthélemy en s’emportant.

“Laisse-le parler… Je n’en tiens pas compte. Ce sont des paroles que le vent emporte et dont les herbes et les arbres ne sont pas scandalisés. Nous, les seuls qui les entendions, nous savons leur donner le poids qu’elles méritent, n’est-ce pas? Et nous ne nous en souvenons plus. La jeunesse est souvent irréfléchie, Barthélemy. Aies-en compassion…

412.3 – Mais quelqu’un m’avait demandé pourquoi je préférais le lys des vallées… Voici ce que je réponds: “À cause de son humilité”. Tout en lui parle d’humilité… Les endroits qu’il aime… l’attitude de la fleur… Elle me fait penser à ma Mère… Cette fleur… Si petite! Et pourtant voyez quelle odeur exhale une seule fleur. Tout autour, l’air en est parfumé… Ma mère aussi, humble, réservée, inconnue, qui ne demandait qu’à rester inconnue… Pourtant son parfum de sainteté fut si fort qu’il m’aspira du Ciel…”

“Tu vois un symbole de ta Mère, en cette fleur?”

“Oui, Thomas.”

“Et tu penses que nos anciens, en louant le lys des vallées, en avaient le pressentiment?” demande Jacques d’Alphée.

“Alors ils l’ont comparée à d’autres plantes et d’autres fleurs: à la rose, à l’olivier, et aux plus gentils animaux: tourterelles, colombes… ” dit Judas, presqu’avec colère "dit Judas presqu'avec colère" est un ajout de Maria Valtorta sur une copie dactylographiée avec l'indication deux lignes au-dessus. Maria Valtorta ne touche jamais à la première rédaction tel que donnée par le Ciel, mais à la relecture des copies dactylographiées, elle indique séparément les commentaires qu'elle lui inspire ou les précisions nécessaires : ici pour savoir qui parle. .

“Chacun en disait ce qu’il voyait de plus beau dans la création Cantique des cantiques 2,1-2 : ELLE : Je suis la rose du Sarone, le lis des vallées. LUI. Comme le lis entre les ronces, ainsi mon amie entre les jeunes filles. | Siracide 39,13-14 : Mes fidèles enfants, si vous m'écoutez bien, vous vous épanouirez, comme le laurier rose qui pousse au bord de l'eau. Soyez comme l'encens, qui répand son parfum, soyez comme le lis, qui se couvre de fleurs. Entonnez un cantique et chantez-le en chœur, remerciez le Seigneur pour tout ce qu'il a fait | Siracide 50,8 : Il était beau comme un laurier rose au printemps, ou des lis poussant près d'une source, ou la verdure du Liban pendant l'été. . Et de la création. Elle est réellement la Toute Belle. Mais je l’appellerais Lys de la vallée et Olivier pacifique, si je devais célébrer ses louanges”

Et Jésus se rassérène et s’illumine en pensant à sa Mère et il s’éloigne pour s’isoler…

412.4 – La marche continue, malgré la chaleur du milieu du jour, car le fond de la vallée présente une succession d’arbres qui abritent du soleil.

Pierre, après un moment, hâte sa marche et rejoint le Maître. Il l’appelle doucement:

“Mon Maître!”

“Mon Pierre!”

“Est-ce que je te dérange si je viens avec Toi?”

“Non, ami. Que veux-tu me dire de si urgent qui te pousse à venir près de ton Maître?”

“Une question… Maître, je suis un homme curieux…”

“Eh bien?”

Jésus sourit en regardant son apôtre.