“Chut! C’est pour la petite mère… en pensant à la mienne et à la tienne. Regarde quelle petite vieille c’est!… Le bon Dieu, qui rassasie l’oiseau à peine né, veut remplir le minuscule grenier de cette petite grand-mère. Cela lui fera du pain pour les mois qui lui restent encore. Elle ne verra pas la prochaine moisson. Mais je ne veux pas qu’elle ait faim pendant son dernier hiver. Maintenant tu vas entendre ses exclamations. Prépare-toi, Jean, à en avoir les oreilles déchirées, comme Moi, je me prépare à être baigné de larmes et de baisers…”

“Comme tu es gai, Jésus, depuis quelques jours! Pourquoi?”

“C’est toi qui veux le savoir ou quelqu’un qui t’envoie?”

Jean, déjà rouge par la fatigue, devient cramoisi.

Jésus comprend:

“Dis à celui qui t’envoie qu’il y a un de mes frères qui est malade et qui cherche sa guérison. Sa volonté de guérir me remplit de joie Jésus lève le voile sur l'identité de ce "frère" dans un commentaire à Maria Valtorta, inséré à la fin de l'épisode. En EMV 412.4, il confie à Pierre que Jean le sanhédriste est une « fleur parmi les épines ». .”

“Qui est-ce, Maître?”

“Un de tes frères. Quelqu’un que Jésus aime. Un pécheur.”

“Alors, ce n’est pas l’un de nous.”

“Jean, tu crois que parmi vous il n’y a pas de péché? Tu crois que je n’ai de joie qu’à cause de vous?”

“Non, Maître. Je sais que nous aussi, nous sommes pécheurs, et que tu veux sauver tous les hommes.”

“Et alors? Je t’ai dit: “Ne cherche pas à savoir” quand il s’agissait de découvrir le mal. Je te dis la même chose maintenant qu’il s’agit d’une aurore de bien…

411.6 – La paix à toi, mère! Voici nos épis. Mes compagnons vont venir avec les leurs.”

“Dieu te bénisse, fils. Comment donc en as-tu trouvé autant? Il est vrai que je n’y vois pas bien clair, mais ce sont deux gerbes, grosses, grosses…”

La vieille les palpe, de sa main tremblante, elle les caresse, elle veut les soulever… Mais elle ne le peut.

“Nous allons t’aider. Où est ta maison?”

“Celle-là.”

Elle montre une maisonnette au-delà des champs.

“Tu es seule, n’est-ce pas?”

“Oui. Comment le sais-tu? Et Toi, qui es-tu?”

“Je suis quelqu’un qui a une mère.”

“Et lui, c’est ton frère?”

“C’est mon ami.”

Par derrière Jésus, l’ami fait de grands signes à la vieille, mais elle a ses pupilles voilées et elle ne les voit pas, et d’autre part elle est trop occupée à regarder Jésus. Son cœur de vieille mère est tout ému.

“Tu es en sueur, fils. Viens ici, à l’abri de cet arbre. Assieds-toi. Regarde comme la sueur coule! Essuie-toi avec mon voile. Il est usé, mais propre. Prends, prends, mon fils.”