“Parce que l’homme est si faible!”
“Mais s’il fortifie sa faiblesse par sa confiance en Moi, il devient fort. Croyez-vous que Moi je ne comprends pas vos luttes? Et que je ne compatis pas à vos faiblesses? Vous voyez? Satan est comme cette araignée qui est en train de tendre son piège, de cette petite branche à cette tige. Il est si fin et si traître! Regardez comme resplendit ce fil. Il paraît être de l’argent d’un filigrane impalpable. Il sera invisible pendant la nuit et demain, à l’aube, il sera couvert de gemmes splendides, et les mouches imprudentes, qui tourniquent pendant la nuit à la recherche de nourritures plus ou moins propres, tomberont dedans, et aussi les légers papillons qui sont attirés par ce qui brille…”
Les autres apôtres se sont approchés, et ils écoutent la leçon tirée du règne végétal et du règne animal.
”…Eh bien, mon amour fait, à l’égard de Satan, ce que fait maintenant ma main. Il détruit la toile. Regardez comment l’araignée fuit et se cache. Elle a peur du plus fort. Satan aussi a peur du plus fort. Et le plus fort c’est l’Amour.”
411.4 – “Ne vaudrait-il pas mieux détruire l’araignée?” dit Pierre, très pratique dans ses conclusions.
“Cela vaudrait mieux. Mais cette araignée fait son devoir. Il est vrai qu’elle tue les pauvres petits papillons si beaux, mais elle extermine aussi un grand nombre de mouches sales qui transportent les germes de maladies des malades à ceux qui sont sains, des morts aux vivants.”
“Mais dans notre cas, que fait l’araignée?”
“Que fait-elle Simon? (Simon aussi est très âgé, et c’est lui qui se plaignait des rhumatismes Se plaignait : non pas en EMV 410.5, si l'on tient compte des dates de rédaction, mais en EMV 361.3. ) Elle fait ce que fait la bonne volonté en vous. Elle détruit les tiédeurs, les apathies, les vaines présomptions. Elle vous oblige à rester vigilants. Quelle est la chose qui vous rend dignes de récompense?
La lutte et la victoire. Pouvez-vous avoir la victoire si vous n’avez pas de lutte? La présence de Satan oblige à une vigilance continuelle. L’Amour, ensuite, qui vous aime, fait que cette présence n’est pas forcément nocive. Si vous restez près de l’Amour, Satan tente, mais il devient incapable de nuire vraiment.”
“Toujours?”
“Toujours, dans les grandes et les petites choses. Par exemple: une petite chose. À toi il conseille inutilement d’avoir soin de ta santé. Conseil rusé pour chercher à t’enlever à Moi. L’Amour te tient étroitement Simon, et tes douleurs perdent leur importance même à tes yeux.”
“Oh! Seigneur, tu sais…?”
“Oui. Mais ne t’en accable pas. Allons, allons! L’Amour te donnera tant de courage qu’il est maintenant le premier à sourire de ton humanité qui tremble à cause de ses rhumatismes…”
Jésus rit de la confusion du disciple et il le serre contre Lui pour le consoler. Même en riant, il est plein de dignité. Les autres aussi rient.
411.5 – “Qui vient aider cette pauvre vieille?” dit Jésus en montrant une petite vieille qui, bravant la canicule, glane dans les sillons fauchés.
“Moi” dit Jean et avec lui Thomas et Jacques.
Mais Pierre tire Jean par la manche et, l’amenant un peu de côté, il lui dit:
“Demande au Maître ce qui le rend si heureux. Je le Lui ai demandé, mais il m’a seulement dit: “Mon bonheur est de voir une âme qui recherche la Lumière”. Mais si tu le Lui demandes… à toi il dit tout.”
Jean est pris entre la retenue et, d’autre part, le désir de savoir et de contenter Pierre. Il rejoint lentement Jésus qui est déjà dans le champ en train de glaner. La petite vieille en voyant tous ces jeunes a un geste de désolation et se fatigue à s’activer.
“Femme! Femme! crie Jésus. Je glane pour toi. Ne reste pas au soleil, mère. Je vais venir.”
La petite vieille, interdite par tant de bonté, le regarde fixement, puis elle obéit, et elle dirige sa mince personne, courbée et un peu tremblante le long du filet d’ombre du talus qui limite le champ. Jésus marche rapidement en ramassant des épis. Jean le suit de près, plus loin Thomas et Jacques.
“Maître, dit Jean haletant, comment trouves-tu tant d’épis? Moi, dans le sillon à côté, j’en trouve si peu!”
Jésus sourit et ne parle pas. Je ne pourrais le jurer, mais il me semble que les épis fauchés et non récoltés se lèvent là où l’œil divin se pose. Jésus ramasse et sourit. Il a une vraie gerbe d’épis dans les bras.
“Tiens, Jean, prends la mienne. Ainsi tu en as une quantité toi aussi, et la petite mère va être heureuse.”
“Mais, Maître… Tu fais un miracle? Il n’est pas possible que tu en trouves tant!”