“Pour que tu m’aides à voir… et pour que tu me sauves. Je suis très malheureux. J’ai péché contre Dieu et contre ma chair jumelle. Et de péché en péché, j’en suis venu à violer la loi du sabbat. Absous-moi, Maître.”
“La loi du sabbat! Grande et sainte loi! Et loin de Moi la pensée de la juger de peu d’importance et périmée. Mais pourquoi la places-tu avant le premier des commandements? Et quoi? Tu demandes l’absolution pour avoir violé le sabbat et tu ne demandes pas de l’être pour avoir manqué à l’amour et avoir torturé une innocente et pour avoir amené au désespoir et au seuil du péché l’âme de ton épouse? Mais c’est de cela que tu devais te tourmenter plus que de toute autre chose! De la calomnie que tu as commise à son égard…”
“Seigneur, je n’en ai parlé qu’avec Joseph, il y a un instant, avec personne d’autre, crois-le. Je tenais ma douleur tellement cachée que Joseph, mon bon ami, ne s’est aperçu de rien et qu’il en a été étonné. Maintenant, lui t’en a parlé, mais pour me venir en aide. Avec personne d’autre le juste Joseph ne parlera.”
“Avec Moi, il n’a pas parlé, il m’a seulement dit que tu me cherchais.”
“Oh! alors, comment sais-tu?”
“Comment je sais? Comme Dieu connaît les secrets des cœurs. Veux-tu que je te dise l’état du tien?”…
Joseph est sur le point de se retirer discrètement, mais Jean lui-même l’arrête en disant:
“Oh! reste! Tu es pour moi un ami! Tu peux m’aider auprès du Rabbi, toi paranymphe de mon mariage…!”
Joseph revient sur ses pas.
“Veux-tu que je te le dise? Veux-tu que je t’aide à te connaître? Oh! ne crains pas! Je n’ai pas la main cruelle. Je sais découvrir les blessures, mais je ne les fais pas saigner pour les soigner. Je sais comprendre et être indulgent. Et je sais soigner et guérir, il suffit que l’on veuille être guéri. Toi tu as cette volonté, c’est pourquoi tu m’as cherché. Assois-toi ici, à côté de Moi, entre Joseph et Moi. Il a été le paranymphe de tes noces terrestres, je voudrais être Moi, le paranymphe de tes noces spirituelles Comme indiqué dans la fiche en lien ci-dessus, le paranymphe est l'ami du marié qui va le chercher pour le conduire à la chambre nuptiale. … Oh! si je le veux!… Ainsi!
409.4 – Et maintenant écoute bien, et réponds avec franchise à tout. Toi, que penses-tu que soit l’acte de Dieu de la création de l’homme et de la femme pour qu’ils fussent unis? Un acte bon ou un acte mauvais?”
“Bon, Seigneur, comme toutes les choses faites par Dieu.”
“Tu as bien répondu. Maintenant, dis-moi: si l’acte était bon, quelles devaient être ses conséquences?”
“Bonnes pareillement, ô Seigneur. Et elles furent bonnes, bien que Satan soit entré pour les troubler, car Adam eut toujours réconfort d’Eve, et Eve réconfort d’Adam, et même le réconfort fut encore plus sensible lorsque seuls, exilés sur la terre, ils furent le soutien l’un de l’autre. Et bonnes les conséquences matérielles, c’est-à-dire les enfants par lesquels se propagea l’homme, et à travers lesquels brilla la puissance et la bonté de Dieu.”
“Pourquoi? Quelle puissance et quelle bonté?”
“Mais… celle qui s’exerce en faveur des hommes. Si nous regardons en arrière… oui… il y a de justes punitions mais il y a, et plus nombreuses, les bontés… et c’est une bonté infinie que le pacte conclu avec Abraham et répété à Jacob et puis, et puis… répété jusqu’au jour d’aujourd’hui et répété par des bouches sans mensonge: les prophètes… jusqu’à Jean…”
“Et par celle du Rabbi, Jean” interrompt Joseph.
“Celle-là n’est pas une bouche de prophète… Ce n’est pas une bouche de Maître… C’est… davantage.”
Jésus a un sourire à peine esquissé devant la… profession de foi encore implicite du sanhédriste qui n’arrive pas à dire: “C’est une bouche divine” mais qui déjà le pense.
“Donc Dieu a bien fait d’unir l’homme et la femme. C’est dit. Mais comment veut-Il que soient homme et femme?” demande Jésus.
“Une seule chair.”
“C’est bien. Alors la chair peut-elle se haïr elle-même?”
“Non.”
“Un membre peut-il haïr l’autre membre?”
“Non.”