“Oui, un grand motif et un motif pénible. Et… et une grande espérance…”
“Lesquels?”
“Joseph, tu penses que ma maison est un enfer et bientôt ce ne sera plus une maison mais… mais une chose dévastée, perdue, détruite, finie?”
“Quoi? Que dis-tu? Tu divagues?”
“Non, je ne délire pas. Ma femme veut s’en aller… Cela t’étonne?”
”…Oui… parce que… je l’ai toujours connue bonne et… parce que votre famille me paraissait exemplaire… toi, toute bonté… elle, toute vertu…”
Jean s’assoit, la tête dans les mains…
Joseph poursuit:
“Maintenant… cette… cette décision… Moi… Voilà… je ne puis croire qu’elle ait manqué… ou que tu aies manqué… Mais je le crois encore moins d’elle… qui ne connaît que sa maison, ses enfants… Non!… En elle il ne peut y avoir de faute…!”
“En es-tu sûr? Vraiment sûr?”
“Oh! pauvre ami! Moi je n’ai pas l’œil de Dieu, mais pour autant que je puisse en juger, je le juge ainsi…”
“Tu ne penses pas qu’Anne soit… infidèle…?”
“Anne?! Mais, mon ami! Le soleil d’été t’a fait perdre la tête? Infidèle avec qui? Elle ne sort jamais de la maison, elle préfère la campagne à la ville. Elle travaille comme la première des servantes, elle est humble, réservée, travailleuse, affectueuse pour toi, pour les enfants. Une femme légère n’aime pas ces choses. Crois-le. Oh! Jean, mais sur quoi fondes-tu tes soupçons? Depuis quand?”
“Depuis toujours.”
“Depuis toujours? Mais alors, c’est une maladie…!”
“Oui. Et… Joseph, moi j’ai beaucoup de torts. Mais je ne veux pas les avouer à toi seul. Avant-hier, sont passés chez moi des disciples et des pauvres. Ils disaient que le Rabbi venait chez toi. Et hier… hier ce fut une journée de grande tempête pour ma maison… si bien qu’Anne a pris la décision que j’ai dite… Pendant la nuit, et quelle nuit, j’ai beaucoup réfléchi… Et j’ai conclu que seulement Lui, le Rabbi parfait…”
“Divin, Jean, divin!”
”…Comme tu veux… Que Lui seul peut me guérir et réparer… reconstruire ma maison, me rendre mon Anne… mes enfants… tout…”
L’homme pleure et au milieu de ses larmes, il continue:
“Parce que Lui seul voit et dit la vérité… Et je croirai à Lui…
409.3 – Joseph, mon ami, laisse-moi rester ici à l’attendre…”
“Le Maître est ici. Il va partir après le crépuscule. Je vais te le chercher.”
Et Joseph sort.
Quelques minutes d’attente, puis de nouveau le rideau s’écarte pour laisser passer Jésus… Jean se lève, puis se courbe en un salut respectueux.
“La paix à toi, Jean. Pour quel motif m’as-tu cherché?”