370.20 – Jésus va sur la terrasse pour bénir les enfants. Les dames éveillent une grande curiosité. Mais ainsi habillées et coiffées à l’hébraïque, en vêtements presque pauvres, elles n’éveillent pas de soupçons. Jésus va au milieu de la terrasse, près de la table des enfants, et il prie, offrant pour tous la nourriture au Seigneur, il bénit et donne l’ordre de commencer le repas.

Apôtres, disciples hommes et femmes, dames, sont serviteurs des pauvres. Jésus donne l’exemple en retroussant les larges manches de son vêtement rouge et en s’occupant de ses enfants, aidé par Myriam de Jaïre et par Jean.

Les bouches de tous travaillent remarquablement, mais les yeux sont tous tournés vers le Seigneur. Le soir arrive et on enlève le voile pendant que les serviteurs apportent les lampes encore superflues.

Jésus circule parmi les tables. Il n’en laisse aucune sans encouragement et sans aide. Il frôle ainsi plusieurs fois les royales Claudia et Plautina qui partagent humblement le pain et portent le vin aux lèvres des aveugles, des paralytiques, des manchots.

Il sourit à ses vierges qui s’occupent des femmes; aux mères disciples toutes pleines de pitié auprès des malheureux; à Marie de Magdala qui se prodigue à une tablée de pauvres vieux, la plus triste de toutes, pleine de tousseurs, de gens qui tremblent, de mâchoires édentées qui mâchonnent et de bouches qui bavent; et il aide Mathieu qui secoue un enfant qui a avalé de travers un morceau de fouace qu’il suçait et mordait avec ses nouvelles dents; il complimente Kouza qui, arrivé au début du repas, découpe les viandes et s’en tire comme un serviteur expérimenté.

Le repas prend fin. Sur les visages empourprés, dans les regards plus joyeux, on voit clairement la satisfaction des pauvres gens.

370.21 – Jésus se penche sur un vieil homme secoué par un tremblement, et il lui dit:

“À quoi penses-tu, père, toi qui souris?”

“Je pense que vraiment ce n’est pas un rêve. Il y a encore un instant, je croyais dormir et rêver. Mais maintenant je sens que c’est vrai. Mais qui te rend si bon, Toi, qui rends si bons tes disciples? Vive Jésus!” crie-t-il pour finir.

Et toutes les voix de ces pauvres, et il y en a des centaines, crient:

“Vive Jésus!”

Jésus se rend de nouveau au milieu et il ouvre les bras pour faire signe de se taire et de rester en place. Il commence à parler en restant assis avec un petit enfant sur ses genoux.

“Vive, oui, vive Jésus, non parce que c’est Moi qui suis Jésus. Mais parce que Jésus veut dire l’amour de Dieu fait chair, et descendu parmi les hommes pour être connu et pour faire connaître l’amour qui sera le signe de la nouvelle ère. Vive Jésus, parce que Jésus veut dire “Sauveur”. Et c’est Moi qui vous sauve LE SALUT : Je vous sauve tous, … pourvu que vous vouliez me donner la volonté d'être sauvés. On en trouve l'explication surtout en EMV 136.2 | EMV 494.7 | EMV 495 2/4 (qui fait une large place à la miséricorde), EMV 520.5 | EMV 575 10/11 et EMV 605.14/18. La condition citée pour obtenir le salut justifie certaines déclarations d'impuissance de la part de Jésus. Il ne se sert pas de sa toute-puissance divine : - non seulement pour des actes contraires au bien véritable et à la justice (comme en EMV 89.1, EMV 95.6, EMV 104.5, EMV 172.7, EMV 258.7), - ou qui seraient inutiles, imprudents ou simplement inopportuns (comme dans les dernières lignes de EMV 455.9 et en EMV 484.2.3), - mais aussi pour ces actes qui feraient le bien de ceux qui ne veulent pas les demander ou les accueillir (comme en EMV 105.4 | EMV 302.2 | EMV 337.6 | EMV 368.12 | EMV 374.3 | EMV 503.7.10). - ou encore de ceux qui les souhaiteraient dans un but fourbe (comme en EMV 574.10). Jésus déclare sa toute-puissance divine en EMV 53.5 et, sauf aux occasions mentionnées ci-dessus, il l'utilise à maintes reprises dans l'œuvre de Maria Valtorta. . Je vous sauve tous, riches et pauvres, enfants et vieillards, Israélites et païens, tous, pourvu que vous vouliez me donner la volonté d’être sauvés. Jésus est pour tous.

Il n’est pas pour tel ou tel. Jésus appartient à tous. Il appartient à tous les hommes et il est pour tous les hommes. C’est pour tous que je suis l’Amour miséricordieux et le Salut assuré.

Qu’est-il nécessaire de faire pour appartenir à Jésus, et donc pour avoir le salut? Peu de choses, mais de grandes choses. Non pas grandes parce que difficiles comme celles que font les rois, mais grandes parce qu’elles veulent que l’homme se renouvelle pour les faire et pour devenir la possession de Jésus. Par conséquent amour, humilité, foi, résignation, compassion. Voilà. Vous, qui êtes disciples, qu’avez-vous fait aujourd’hui de grand? Vous direz: “Rien. Nous avons servi un repas”. Non, vous avez servi l’amour. Vous vous êtes humiliés. Vous avez traité en frères des inconnus de toutes races, sans demander qui ils sont, s’ils sont sains, s’ils sont bons. Et vous l’avez fait au nom du Seigneur. Peut-être espériez-vous de Moi de grandes paroles pour votre instruction. Je vous ai fait faire de grandes actions. Nous avons commencé le jour par la prière, nous sommes venus à l’aide des lépreux et des mendiants, nous avons adoré le Très-Haut dans sa Maison, nous avons commencé les agapes fraternelles et le soin des pèlerins et des pauvres, nous avons servi parce que servir par amour c’est être semblable à Moi qui suis le Serviteur des serviteurs de Dieu, Serviteur jusqu’à l’anéantissement de la mort pour vous procurer le salut…”

370.22 – Un cri et un bruit de pas interrompt Jésus. Un groupe d’Israélites forcenés monte l’escalier en courant. Les romaines les plus connues, c’est-à-dire Plautina, Claudia, Valeria et Lidia, se mettent à l’ombre en baissant leurs voiles.

Les perturbateurs font irruption sur la terrasse et ils semblent chercher je ne sais quoi. Kouza, offensé, va au-devant d’eux et leur demande:

“Que voulez-vous?”

“Rien qui te concerne. Nous cherchons Jésus de Nazareth et pas toi.”

“Me voici. Ne me voyez-vous pas?” demande Jésus en mettant l’enfant par terre et en se levant imposant.

“Que fais-tu ici?”

“Vous le voyez. Je fais ce que j’enseigne et j’enseigne ce qu’il faut faire: l’amour pour les plus pauvres. Qu’est-ce qu’on vous a dit?”

“On a entendu des cris séditieux et comme là où tu es il y a des troubles, nous sommes venus voir.”

“Là où je suis, c’est la paix. On criait: “Vive Jésus.”

“Justement. On a pensé, aussi bien au Temple qu’au palais d’Hérode, qu’ici on conjurait contre…”