Ils sautent en bas des chars. Il y a des hommes et des femmes et il y a le petit aveugle d’hier et sa mère et il y a la Gérasénienne La mère de Marc de Josias, l'ancien possédé retombé dans la possession. Elle est venue demander, de nouveau, sa grâce. . Sans se soucier de la boue, ils s’agenouillent et ils le supplient:
“Reviens, reviens en arrière! Chez nous. À Pella.”
“Non, à Jabès” crient d’autres certainement de Jabès. “Nous te voulons! Nous regrettons de t’avoir chassé!” crient ceux de Jabès.
“Non, chez nous. À Pella, où ton miracle est vivant. Pour eux les yeux, pour nous la lumière de l’âme.”
“Je ne peux pas. Je vais à Jérusalem. Vous me trouverez là.”
“Tu es fâché parce que nous t’avons chassé.”
“Tu es dégoûté parce que tu sais que nous avons cru aux calomnies d’un pécheur.”
La mère de Marc se couvre le visage en pleurant.
“Dis-le toi, Jaias, de revenir, à Celui qui t’a aimé.”
“Vous me trouverez à Jérusalem. Allez et persévérez. Ne ressemblez pas aux vents qui soufflent dans toutes les directions. Adieu.”
“Non. Viens. Nous te prendrons de force, si tu ne viens pas.”
“Vous ne lèverez pas la main sur Moi. C’est de l’idolâtrie, pas de la vraie foi. La foi croit même si elle ne voit pas. Elle persévère même si on la combat. Elle grandit même sans miracles. Je reste chez Matthias qui a su croire sans rien voir, et qui est un juste.”
“Accepte au moins nos dons: de l’argent, du pain. On nous a dit que vous avez donné tout ce que vous aviez à Jaias et à sa mère. Prends un char. Tu t’en serviras pour aller. Tu le laisseras à Jéricho chez l’hôtelier Timon. Prends-le. Il pleut et il va pleuvoir. Tu seras à l’abri. Tu feras plus vite. Montre-nous que tu ne nous hais pas.”
Eux au-delà de la palissade, Jésus de l’autre côté, ils se regardent et les premiers sont en effervescence. Derrière Jésus, à genoux, le vieux Matthias, la bouche ouverte, et puis debout les apôtres.
Jésus tend la main et il dit:
“J’accepte pour les pauvres, mais je ne veux pas du char. Je suis le Pauvre entre les pauvres. N’insistez pas. Jaias, sa mère, et toi de Gerasa, venez que je vous bénisse en particulier.”
Et quand ils sont près de Lui, car Mathias leur a ouvert la clôture, il les caresse, les bénit et les congédie. Puis il bénit les autres qui se sont groupés sur le seuil, en donnant aux apôtres de l’argent et des vivres, et il les congédie.
359.9 – Il revient dans la maison…
“Pourquoi ne leur as-tu pas parlé?”
“Parle, le miracle des deux aveugles.”
“Pourquoi n’as-tu pas pris le char?”
“Parce qu’il est bien d’aller à pied.”
Et il se tourne vers Matthias:
“Je t’aurais récompensé par ma bénédiction. Maintenant je peux ajouter un peu d’argent pour les dépenses que tu as faites…”
“Non, Seigneur Jésus… Je ne veux pas. Je l’ai fait de bon cœur. Et maintenant, maintenant, je le fais pour servir le Seigneur. Le Seigneur ne paie pas. Il n’y est pas tenu. C’est moi qui ai reçu, pas Toi! Oh! ce jour! Son souvenir durera pour moi jusqu’à l’autre vie!”
“Tu as bien parlé. Ta miséricorde envers les pèlerins, tu la trouveras inscrite dans le Ciel, et de même ta promptitude à croire… Dès que le temps va s’éclaircir un peu, je vais te quitter. Eux pourraient revenir. Insistants tant que le miracle les secoue, et puis… engourdis comme auparavant, ou ennemis. Je m’en vais. Jusqu’à présent je suis resté pour essayer de les convertir. Maintenant je viens et je passe, sans m’arrêter. Je vais vers mon destin qui me presse. Dieu et l’homme m’éperonnent, et je ne puis m’arrêter. L’amour m’aiguillonne et la haine m’aiguillonne. Celui qui m’aime peut me suivre. Mais le Maître ne court plus après les brebis récalcitrantes.”
“Ils ne t’aiment pas, Maître divin?” demande Matthias.
“Ils ne me comprennent pas.”
“Ils sont méchants.”
“Ils sont appesantis par les concupiscences.”
L’homme n’ose plus être en confiance comme avant. Il semble être devant un autel. Jésus, au contraire, maintenant qu’il n’est plus l’Inconnu, est moins réservé, et il parle au vieil homme comme à un parent.
Et les heures passent ainsi jusqu’au début de l’après-midi. Le nuage qui s’est rompu annonce l’arrêt de la pluie. Jésus commande le départ. Et, pendant que le vieillard va prendre les manteaux qui ont séché, il dépose de la monnaie dans un tiroir et fait mettre des pains et des fromages dans une maie.
Le vieillard revient et Jésus le bénit. Puis il reprend la route, se retournant encore pour regarder la tête blanche qui dépasse de l’enceinte sombre.