Les deux apôtres la saluent et s’en vont rejoindre le Maître.

358.3 – Mais un tumulte se produit parmi les aveugles et on entend une plainte quasi d’enfant. Plusieurs se tournent et la femme de tout à l’heure, qui est sur le seuil de sa maison, explique:

“Ce doit être ce cruel qui enlève les pièces de monnaie aux plus faibles. Il le fait toujours.”

Même Jésus s’est retourné pour regarder.

En effet un enfant, ou plutôt un adolescent, sort du groupe tout couvert de sang et en pleurs, et il se lamente:

“Il m’a tout pris! Et maman n’a plus de pain!”

Les uns le plaignent, d’autres rient.

“Qui est-ce?” demande Jésus à la femme.

“Un enfant de Pella. Pauvre. Il vient mendier. Ils sont tous aveugles dans la maison. Ils se sont donnés la maladie. Le père est mort. La mère reste à la maison. L’enfant demande l’obole aux passants et aux paysans.”

Le garçon s’avance avec son bâton. Il essuie avec son manteau déchiré les larmes et le sang qui descend de son front.

La femme l’appelle:

“Arrête-toi, Jaia. Je vais te laver le front et te donner un pain!”

“J’avais de l’argent et du pain pour plusieurs jours! Maintenant plus rien! Maman m’attend pour manger…” dit le malheureux en se lamentant pendant qu’il se lave avec l’eau de la femme.

358.4 – Jésus s’avance et il dit:

“Je vais te donner ce que j’ai. Ne pleure pas.”

“Mais Seigneur! Pourquoi? Où allons-nous loger? Qu’allons-nous faire?” dit Judas fâché.

“Nous louerons le Seigneur qui nous garde en bonne santé. C’est déjà une très grande grâce.”

Le garçon dit:

“Oh! sûrement! Moi, si j’y voyais, je travaillerais pour maman.”

“Voudrais-tu guérir?”

“Oui.”

“Pourquoi ne vas-tu pas voir les médecins?”

“Aucun ne nous a jamais guéri. ils nous ont dit qu’il y a quelqu’un en Galilée qui n’est pas médecin, mais qui guérit. Mais comment faire pour aller le trouver?”

“Va à Jérusalem, au Gethsémani. Il y a une oliveraie au pied du mont des Oliviers près de la route de Béthanie. Demande Marc et Jonas. Tous ceux du faubourg d’Ophel te l’indiqueront. Tu peux te joindre à une caravane. Il en passe tant. À Jonas demande Jésus de Nazareth…”

“Voilà! C’est ce nom! Il me guérira?”