358 – À Pella. Le jeune Jaias et la mère de Marc de Josias
12 décembre 1945
Le mercredi 12 décembre 1945.
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](https://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2005/PellaValtorta.png) Sur ce dessin de Maria Valtorta, on trouve sur la gauche, le Jourdain (Giordano) et le Yarloq (Yarloc) ainsi que deux autres affluents sans nom. La ville de Pella est indiquée. Entre celle-ci et Gadara, il y a cette note: Sorte de bas haut plateau entre deux chaînes de collines, les premières des montagnes, à l’orient. Et à droite, écrit transversalement, on peut lire cette autre note: Les monts de l’Auranite devraient se trouver ici, mais la chaîne qui s’interpose ne permet d’en voir que deux sommets éloignés, sûrement les plus hauts.
358.1 – La route qui va de Gadara à Pella passe à travers une région fertile qui s’étend entre deux rangées de collines, l’une plus haute que l’autre. Elles semblent deux énormes marches d’un escalier de géants fabuleux pour monter de la vallée du Jourdain aux monts de l’Auran. Quand la route s’approche davantage de la marche occidentale, l’œil domine non seulement les monts de l’autre rive - je crois que ce sont ceux de la Galilée méridionale et certainement ceux de la Samarie - mais aussi la splendide étendue de verdure qui longe les deux rives du fleuve azuré. Quand elle s’en écarte, en se rapprochant des chaînes orientales, alors l’œil perd de vue la vallée du Jourdain, mais il voit encore les cimes des chaînes de Samarie et de Galilée qui se détachent avec leur verdure sur le ciel gris.
Par temps de soleil ce serait un beau panorama aux teintes gracieuses et vives. Aujourd’hui le ciel est décidément couvert de nuages très bas, amoncelés par le sirocco qui souffle de plus en plus fort et forme de nouveaux amas de nuages plus épais, abaissant le ciel avec toute cette ouate grise ébouriffée. Aussi le panorama perd la luminosité des couleurs vertes qui semblent atténuées comme par l’opacité du brouillard.
Ils traversent quelque petit village sans qu’il arrive rien de notable. L’indifférence accueille et suit le Maître. Seuls les mendiants ne manquent pas de s’intéresser au groupe des pèlerins galiléens et viennent demander l’aumône. Il y a toujours les habituels aveugles dont, pour la plupart, les yeux sont détruits par le trachome, ou ceux qui sont presque aveugles qui marchent la tête baissée. Supportant mal la lumière, rasant les murs, parfois seuls, parfois accompagnés d’une femme ou d’un enfant. Dans un village où se croisent la route qui va à Pella avec celle de Gérasa et Bozra par le lac de Tibériade, il y en a toute une foule qui assaille les caravanes par ses lamentations qui ressemblent à des jappements de chiens, interrompus de temps à autre par de véritables hurlements. Ils sont à l’écoute, groupe miséreux, sale, fatigué, adossés aux murs des premières maisons, grignotant des croûtes de pain et des olives, ou sommeillant, alors que les mouches se repaissent à l’aise sur les paupières ulcérées, mais au premier bruit de sabots ou au premier bruit de pas nombreux, ils se lèvent et vont, semblables au chœur dépenaillé d’une tragédie antique, proférant tous les mêmes paroles et faisant les mêmes gestes, vers les gens qui arrivent. Quelque pièce de monnaie ou quelque quignon de pain vole, et les aveugles ou les semi-aveugles cherchent à tâtons dans la poussière ou dans les ordures pour trouver l’obole.
358.2 – Jésus les observe et dit à Simon le Zélote et à Philippe:
“Apportez-leur de l’argent et du pain. Judas a l’argent et Jean le pain.”
Les deux s’en vont en avant s’empressant de faire ce qui leur a été ordonné et ils s’arrêtent pour parler, pendant que Jésus s’avance lentement, retardé par une file d’ânes qui barrent le chemin.
Les mendiants sont étonnés par le salut et par la grâce avec lesquels ils sont salués et assistés par ceux qui arrivent, et ils demandent:
“Qui êtes-vous, vous qui êtes si gentils avec nous?”
“Les disciples de Jésus de Nazareth, le Rabbi d’Israël. Celui qui aime les pauvres et les malheureux parce qu’il est le Sauveur, et qui passe en annonçant la Bonne Nouvelle et en faisant des miracles.”
“Le miracle, le voilà” dit un homme aux paupières atrocement dévastées.
Et il frappe sur son morceau de pain, véritable animal qui ne comprend et n’admire que les choses matérielles.
Une femme qui passe avec des brocs de cuivre et qui l’entend, lui dit:
“Tais-toi donc, dégoûtant paresseux.”
Et elle se tourne vers les disciples pour dire:
“Il n’est pas du pays. Il est bagarreur et violent avec ses semblables. Il faudrait le chasser car il vole les pauvres du village. Mais nous avons peur de ses vengeances”
Et doucement, avec seulement un filet de voix, elle murmure:
“On dit que c’est un voleur qui pendant des années a volé et tué, en descendant des monts de Caracamoab et de Séla, cette dernière appelée Pétra par les troupes d’occupation qui surveillent les chemins des déserts. On dit que c’est un soldat déserteur des troupes de ce romain qui est venu là… pour faire connaître Rome… Hélios, me semble-t-il, et un autre nom encore… Si vous le faites boire il va vous raconter… Maintenant, aveugle, il est arrivé ici… C’est Le Sauveur?” demande-t-elle ensuite en montrant Jésus qui est passé tout droit.
“C’est Lui. Tu veux Lui parler?”
“Oh! non!” dit la femme indifférente.