“Tant que vécut mon père, chaque année. Mais ensuite… Ma mère n’y alla plus… Mes frères m’y auraient amenée, mais je rendais service à ma mère et elle ne me laissait pas aller. Ensuite j’ai épousé Simon… et ma santé n’a plus été très bonne. Simon aurait dû rester longtemps en voyage, et cela l’ennuyait… Aussi je restais à la maison à l’attendre… Le Seigneur voyait mon désir… et c’était comme si j’avais fait le sacrifice au Temple…” dit la douce femme.

Et Jeanne, qui l’a pour voisine, lui met la main sur ses splendides tresses en lui disant:

“Chérie!”

Et en cet adjectif il y a tant d’amour, tant de compréhension, tant de sens.

348.7 – Voilà Nazareth… voilà la maison de Marie d’Alphée qui est déjà dans les bras de ses fils, et avec ses mains mouillées et rougies par la lessive qu’elle est en train de faire, elle les caresse et puis, essuyant ses mains avec son grossier tablier, elle court vers Jésus pour l’embrasser… Et puis voilà la maison d’Alphée de Sara, qui précède immédiatement celle de Marie.

Alphée ordonne au plus grand de ses petits-enfants d’avertir Marie, et en attendant il marche à pas de géant vers Jésus, avec un tas de petits-enfants dans les bras et il le salue avec cette nichée qui se serre dans ses bras et qu’il Lui offre comme un bouquet de fleurs.

Et voici Marie qui se présente sur le seuil de la porte, en plein soleil, avec son vêtement d’intérieur d’un bleu clair un peu déteint, l’or de ses cheveux resplendit vaporeux sur son front virginal et descend en lourdes tresses sur la nuque. Elle tombe sur le sein de son Fils qui l’embrasse avec tout son amour.

Les autres s’arrêtent prudemment pour les laisser libres dans leur première rencontre. Mais elle se détache tout de suite, et tourne son visage que l’âge n’a pas altéré, maintenant tout rose à cause de la surprise, illuminé par son sourire et elle salue de sa voix angélique:

“Paix à vous, serviteurs du Seigneur et disciples de mon Fils. Paix à vous, sœurs dans le Seigneur” et avec elles qui sont descendues du char, elle échange un baiser fraternel.

“Oh! Marziam! Maintenant je ne pourrai plus te tenir dans mes bras! Tu es un homme maintenant. Mais viens à la Mère de tous ceux qui sont bons, que je te donne encore un baiser. Chéri! Que Dieu te bénisse et te fasse grandir dans ses voies, robuste comme croît ton corps de jeune, et davantage encore. Mon Fils, nous devrons l’amener à son grand-père. Il sera heureux de le voir ainsi” dit-elle ensuite en se tournant vers Jésus.

Et puis elle embrasse Jacques et Jude d’Alphée, et elle leur donne la nouvelle qui leur plaît certainement:

“Cette année Simon vient avec moi, comme disciple du Maître. Il me l’a dit.”

Et l’un après l’autre, elle salue les plus connus, les plus influents, accompagnant pour tous son salut d’une parole de grâce. Manahen lui est amené et présenté comme devant l’escorter dans son voyage vers Jérusalem.

“Tu ne viens pas avec nous, Fils?”

“Mère, j’ai d’autres endroits à évangéliser. Nous nous verrons à Béthanie.”

“Que ta volonté soit faite maintenant et toujours. Merci, Manahen. Toi: ange humain, avec nos gardiens: les anges du Ciel. Nous serons en sécurité comme si nous étions dans le Saint des Saints.”

Et elle présente sa main à Manahen en signe d’amitié. Le cavalier, qui a grandi dans le faste, s’agenouille pour baiser la main délicate qu’elle lui présente.

348.8 – Pendant ce temps, on a déchargé les fleurs et ce qui doit rester à Nazareth. Puis le char s’en va dans une écurie de la ville.

La petite maison paraît une roseraie à cause des roses répandues partout par les femmes disciples. Mais la plante de Porphyrée, posée sur la table, suscite la plus vive admiration de Marie qui la fait porter dans un endroit favorable d’après les indications de l’épouse de Pierre.

Tout le monde ne peut certainement pas entrer dans la petite maison, ni dans le jardin qui n’est pas un domaine mais qui semble monter vers le ciel serein, se faire aérien tant il y a des nuages de fleurs sur les arbres du jardin. Et Jude d’Alphée demande en souriant à Marie:

“As-tu cueilli aujourd’hui aussi le rameau pour ton amphore?”

“Bien sûr, Jude. Et quand vous êtes venus, je le contemplais…”

“Et tu songeais, Maman, à ton lointain mystère” dit Jésus en la prenant de son bras gauche et en l’attirant sur son cœur.

Marie lève son visage empourpré et soupire:

“Oui, mon Fils… et je songeais à la première palpitation de ton cœur en moi…”