348 – Manahen donne des informations sur Hérode-Antipas et accompagne Jésus de Capharnaüm à Nazareth. Jésus dévoile les transfigurations de la Vierge

2 décembre 1945

Le dimanche 2 décembre 1945.

348.1 – Quand ils posent le pied sur la petite plage de Capharnaüm, ils sont accueillis par les cris des enfants qui rivalisent avec les hirondelles affairées à la construction des nids nouveaux, tant ils courent rapidement, en gazouillant de leurs petites voix, de la plage aux maisons, joyeux de la joie simple des enfants, pour lesquels c’est un spectacle merveilleux et un objet magique qu’un petit poisson trouvé mort sur la rive, ou un petit caillou que le flot a poli et qui par sa couleur semble une pierre précieuse, ou la fleur découverte entre deux rochers, ou le scarabée aux couleurs changeantes capturé en plein vol. Tous des prodiges que l’on fait voir aux mamans pour qu’elles prennent part à la joie de leurs enfants.

Mais maintenant ces hirondelles humaines ont vu Jésus et tous leurs vols se dirigent vers Lui qui va poser le pied sur la plage. C’est une tiède avalanche vivante de chairs enfantines, c’est une douce chaîne de menottes tendres, c’est un amour de cœurs d’enfants qui s’abat sur Jésus, qui l’enserre, l’attache, le réchauffe comme un doux feu.

“Moi! Moi!”

“Un baiser!”

“À moi!”

“Moi aussi!”

“Jésus! Je t’aime bien!”

“Ne pars plus si longtemps!”

“Je venais voir tous les jours si tu arrivais.”

“Moi, j’allais chez Toi.”

“Tiens cette fleur, c’était pour maman, mais je te la donne.”

“Encore un baiser pour moi, un beau, un fort. Le premier ne m’a pas touché parce que Jahel m’a poussé…” et les petites voix se font entendre pendant que Jésus essaie de se déplacer dans ce filet de tendresses.

“Mais laissez-le un peu tranquille! Allons! Assez!” crient les disciples et les apôtres qui cherchent à desserrer l’étreinte. Eh bien, oui! Ils ressemblent à des lianes munies de ventouses! Quand on les détache d’un côté, ils s’attachent de l’autre.

“Laissez! Laissez faire! Avec de la patience, on va y arriver” dit Jésus en souriant.

Il fait des pas invraisemblablement petits pour pouvoir avancer sans marcher sur les pieds nus.

348.2 – Mais ce qui le libère de l’affectueuse étreinte, c’est l’arrivée de Manahen avec d’autres disciples, parmi lesquels les bergers qui étaient en Judée.

“La paix à Toi, Maître!” dit d’une voix tonnante Manahen dans son magnifique vêtement. Il n’a plus d’or au front ni aux doigts, mais au côté une magnifique épée qui provoque l’admiration respectueuse des enfants qui, devant ce merveilleux cavalier vêtu de pourpre et avec une arme superbe au côté, s’écartent intimidés.

Et ainsi Jésus peut l’embrasser et embrasser Élie, Lévi, Mathias, Joseph, Jean, Siméon et je ne sais combien d’autres.

“Comment donc es-tu ici? Et comment as-tu su que j’étais débarqué?”

“Je l’ai su par les cris des enfants. Ils ont traversé les murs comme des flèches qui apportent la joie. Mais je suis venu ici en pensant qu’est prochain ton voyage en Judée et que certainement les femmes y prendront part… J’ai voulu y être moi aussi… Pour te protéger, Seigneur, si ce n’est pas trop d’orgueil que de le penser. Il y a beaucoup d’effervescence en Israël contre Toi. C’est douloureux de le dire, mais tu ne l’ignores pas.”

348.3 – En parlant ainsi, ils arrivent à la maison et ils y entrent. Manahen continue sa conversation après que le maître de maison et sa femme aient vénéré le Maître.

“Désormais l’effervescence et l’intérêt que tu suscites a envahi tous les lieux, secouant et attirant l’attention même des plus obtus et de ceux qui sont distraits par des choses très différentes de ce que tu es. Les nouvelles de ce que tu opères ont pénétré jusqu’à l’intérieur des dégoûtantes murailles de Machéronte et des luxurieux refuges d’Hérode, que ce soit le palais de Tibériade ou les châteaux d’Hérodiade ou le splendide palais royal des Asmonéens près du Sixte. Elles franchissent comme des flots de lumière et de puissance les barrières de ténèbres et de bassesse, elles font crouler les monceaux de péchés qui couvraient comme une tranchée et un abri les amours dégoûtantes de la Cour et les crimes atroces, elles dardent comme des flèches de feu en écrivant des paroles bien plus menaçantes que celles du festin de Balthazar Festin de Balthazar en Daniel 5. sur les murs souillés des alcôves et des salles du trône et des festins. Elles crient ton Nom et ta Puissance, ta Nature et ta Mission. Hérode tremble de peur, Hérodiade se tord sur son lit craignant que tu sois le roi vengeur qui lui enlèvera ses richesses et son immunité, si ce n’est même la vie, en la jetant à la merci des foules qui tireront vengeance de ses nombreux crimes. On tremble à la Cour, et c’est à cause de Toi. On tremble de peur humaine et de peur surhumaine. Depuis que la tête de Jean est tombée, il semble qu’un feu brûle les viscères de ses meurtriers.