“Oh! pauvre Marziam! Il ne lui manquerait plus que cela!” dit Simon le Zélote.
“Et mon pauvre frère! Je ne sais s’il aurait la force de faire Abraham…” dit André.
Jésus le regarde et puis regarde la tête grisonnante de Pierre qui s’éloigne avec son Marziam près de lui, et il dit:
“En vérité je vous dis qu’un jour viendra où Simon Pierre se réjouira en sachant emprisonné, frappé, flagellé, mis en péril de mort son Marziam, et où il aurait le courage de l’étendre de sa main sur le gibet pour le revêtir de la pourpre des Cieux et pour féconder la terre de son sang de martyr, enviant son sort et souffrant pour un seul motif: de n’être pas à la place de son fils et obligé de se réserver à cause de son élection comme Chef Suprême de mon Église jusqu’à ce que je lui dise: “Va mourir pour elle”. Vous ne connaissez pas encore Pierre. Moi, je le connais.”
“Tu prévois le martyre pour Marziam et pour mon frère?”
“Tu en souffres, André?”
“Non. Je souffre que tu ne le prévoies pas aussi pour moi.”
“En vérité, en vérité je vous dis que vous serez tous revêtus de la pourpre, sauf un.”
“Qui? Qui?”
“Laissons le silence sur la douleur de Dieu Tous les apôtres seront donc martyrs, y compris Jean. Seul Judas ne le sera pas : il se suicidera. ” dit Jésus affligé et solennel.
Tous se taisent effrayés et pensifs.
347.5 – Ils entrent dans la première rue de Bethsaïde, au milieu des jardins pleins d’une verdure nouvelle. Pierre, avec d’autres de Bethsaïde, est en train d’amener à Jésus un aveugle. Marziam n’est pas là: certainement il est resté pour aider Porphyrée. Avec les gens de Bethsaïde et les parents de l’aveugle, il y a beaucoup de disciples venus à Bethsaïde de Sicaminon et d’autres villes, parmi lesquels Étienne, Hermas, le prêtre Jean, et Jean le scribe et beaucoup d’autres. (Désormais, pour m’en souvenir, quel embrouillement! Ils sont si nombreux) Voir l'index des personnages. .
“Je te l’ai amené, Seigneur. Il attendait ici depuis plusieurs jours” explique Pierre pendant que l’aveugle et ses parents ne cessent de chanter: “Jésus, Fils de David, aie pitié de nous!” “Mets ta main sur les yeux de mon fils et il verra”. “Aie pitié de moi, Seigneur! Je crois en Toi!”
347.6 – Jésus prend l’aveugle par la main et recule avec lui de quelques mètres pour le mettre à l’abri du soleil qui inonde maintenant la rue. Il le place le dos au mur d’une maison tout couvert de feuilles, la première maison du village, et se met en face de lui. Il mouille ses deux index avec de la salive et lui frotte les paupières avec ses doigts humides, ensuite il appuie ses mains sur les yeux avec la base de la main dans les creux des orbites et les doigts dans les cheveux du malheureux. Il prie ainsi, puis il enlève ses mains:
“Que vois-tu?” demande-t-il à l’aveugle.
“Je vois des hommes, sûrement ce sont des hommes. Mais c’est ainsi que je me représentais les arbres couverts de fleurs. Mais certainement ce sont des hommes, car ils s’agitent et s’avancent vers moi.”
Jésus pose de nouveau ses mains et puis de nouveau les retire en disant:
“Et maintenant?”
“Oh! maintenant je vois bien la différence entre les arbres plantés dans la terre et ces hommes qui me regardent… Et je te vois, Toi! Comme tu es beau! Tes yeux ressemblent au ciel et tes cheveux semblent des rayons du soleil… et ton regard et ton sourire sont de Dieu. Seigneur, je t’adore!”
Et il s’agenouille pour baiser le bord de son vêtement.
“Lève-toi, et viens vers ta mère qui pendant tant d’années a été pour toi lumière et réconfort et de laquelle tu ne connais que l’amour.”
Il le prend par la main et le conduit à sa mère qui est agenouillée à quelques pas de distance, l’adorant, comme auparavant elle le suppliait.
“Lève-toi, femme. Voilà ton fils. Il voit la lumière du jour, et que son cœur veuille suivre la Lumière éternelle. Retournez chez vous. Soyez heureux et soyez saints par reconnaissance pour Dieu. Mais en passant dans les villages, ne dites à personne que c’est Moi qui l’ai guéri, pour que la foule ne se précipite pas ici pour m’empêcher d’aller où il est juste que j’aille pour que j’apporte confirmation de foi, de lumière et de joie aux autres enfants de mon Père.”
Et vivement, par un petit sentier à travers les jardins, il se dirige vers la maison de Pierre. Il y entre en saluant Porphyrée de son doux salut.