“Ce n’est pas possible! Tu as été malade ou persécuté! Moi, j’ai l’œil!…”

“Moi aussi. Et je te vois amaigri et vieilli, en effet. Pourquoi alors es-tu ainsi?” demande en souriant le Seigneur à son Pierre qui le scrute comme s’il voulait lire la vérité sur les cheveux, la peau, la barbe de Jésus.

“Mais j’ai souffert, moi! Et je ne le nie pas. Crois-tu qu’il m’ait été agréable de voir tant de douleur?”

“Tu l’as dit! Moi aussi, j’ai souffert pour le même motif Notamment pour Judas. Voir à ce propos EMV 317 ci-dessus. …”

“Rien que pour cela, Jésus?” demande apitoyé et affectueux Jude d’Alphée.

“Pour la douleur, oui, mon frère. Pour la douleur causée par la nécessité de renvoyer…”

“Et pour la douleur d’y avoir été contraint par…”

“Je t’en prie!… Silence! Sur ma blessure le silence m’est plus cher que toute parole qui veut me consoler en disant: “Moi, je sais pourquoi tu as souffert”. Du reste, sachez-le tous, j’ai souffert de beaucoup de choses, pas de celle-là seulement. Et si Jude ne m’avait pas interrompu, je vous l’aurais dit.”

Jésus est austère en le disant. Tous en restent interdits.

Mais Pierre est le premier à se reprendre et il demande:

“Et où as-tu été, Maître? Qu’as-tu fait?”

“Je suis resté dans une grotte… à prier … à méditer … à fortifier mon esprit, pour vous obtenir la force, à vous dans votre mission, à Jean et à Syntica dans leurs souffrances.”

“Mais où, où? Sans vêtement, sans argent! Comment as-tu fait?”

Simon est agité.

“Dans une grotte, on n’a besoin de rien.”

“Mais la nourriture? Mais le feu? Mais le lit? Mais… tout en somme! J’espérais qu’au moins on t’aurait donné l’hospitalité comme à un voyageur égaré, à Jiphtaël, ailleurs, dans une maison en somme. Et cela me tranquillisait un peu. Mais pourtant, hein? Dites-le, vous, si ce n’était pas pour moi un tourment de penser qu’il était sans vêtement, sans nourriture, sans facilité de s’en procurer, et surtout cela, sans le désir de s’en procurer. Ah! Jésus! Cela, tu ne devais pas le faire! Et tu ne le feras plus jamais! Je ne te quitterai plus une seule heure; Je me couds à ton vêtement pour te suivre comme ton ombre, que tu le veuilles ou non. Seulement si je meurs, je serai séparé de Toi.”

“Ou si Moi, je meurs.”

“Oh! Toi, non. tu ne dois pas mourir avant moi. Ne le dis pas. Veux-tu m’attrister tout à fait?”

“Non. Au contraire, je veux me réjouir avec toi, avec tous, en cette heure qui me ramène mes amis chers, préférés: Voyez! Je suis déjà mieux car votre sincère amour me nourrit, me réchauffe, me console de tout”

Et il les caresse, un par un, alors que leurs visages resplendissent d’un sourire bienheureux, leurs yeux luisent, et leurs lèvres tremblent d’émotion en entendant ces paroles, alors qu’ils demandent:

“Vraiment, Seigneur?”

“Vraiment comme cela, Maître?”

“Nous te sommes tellement chers!” “Oui, tellement chers.

325.5 – Avez-vous de la nourriture avec vous!”