325 – Les huit apôtres retrouvent Jésus près d’Aczib
10 novembre 1945
Le samedi 10 novembre 1945.
325.1 – Jésus - un Jésus très maigre et pâle Il est resté quinze jours, cloîtré dans une grotte de Jiphtaël, priant pour le voyage qu'accomplissaient les huit apôtres à Antioche de Syrie. , très triste, je dirais souffrant - se trouve sur la cime, exactement sur la cime la plus haute d’une petite montagne sur laquelle il y a aussi un village. Mais Jésus n’est pas dans le village qui se trouve au sommet, oui, mais tourné du côté de la pente sud-est. Jésus se trouve au contraire sur un petit éperon, le plus élevé, tourné vers le nord-ouest, en réalité plus ouest que nord.
Sur l’esquisse de Maria Valtorta, on lit tout en haut Le lieu est comme ça. Puis à gauche, sur le versant ouest (du haut vers le bas): Mer Méditerranée, Ptolémaïs, Sycaminon, Kishon, le mont Carmel; et sur le versant est: Aczib, là en bas ce doit être Jiphtaël. On y voit aussi les quatre points cardinaux.
Jésus, en regardant comme il le fait de plusieurs côtés, voit donc une chaîne ondulée de montagnes dont l’extrémité nord-ouest et sud-ouest plonge son dernier contrefort dans la mer, au sud-ouest avec le Carmel, qui s’estompe au loin, dans la journée sereine; au nord-ouest avec un cap tranchant comme un éperon de navire qui ressemble beaucoup aux Apuanes italiennes Les Alpes Apuanes forment un massif montagneux situé au nord-ouest de la Toscane, province de Maria Valtorta. Ce massif est célèbre pour son gisement de marbre blanc de Carrare. avec ses veines rocheuses qui blanchissent au soleil. De cette chaîne ondulée de montagnes descendent des torrents et des ruisseaux, tous en crue en cette saison qui, à travers la plaine côtière, courent se jeter dans la mer. Près de la large baie de Sicaminon, le plus abondant d’entre eux, le Kishon, débouche dans la mer après avoir fait une sorte de miroir d’eau au confluent d’un autre ruisselet, près de son embouchure. Le soleil, au midi d’une journée sereine, produit des scintillements de topaze ou de saphir sur la surface de leurs eaux, alors que la mer est un immense saphir. Veiné de légers colliers de perles.
Le printemps du sud se manifeste déjà avec les feuilles nouvelles qui sortent des bourgeons éclos, tendres, brillantes, je dirais virginales tant elles sont nouvelles, ignorantes de la poussière et des tempêtes, de la morsure des insectes et des contacts humains.
Les branches des amandiers sont déjà des flocons d’écume blanche rosée, si soyeux, si aériens, qu’ils donnent l’impression qu’ils vont se détacher des rameaux sur lesquels ils sont nés pour voyager dans l’air serein comme de petits nuages. Et même les champs de la plaine resserrée mais fertile, qui s’étend entre le cap du nord-ouest et celui du sud-ouest, présente un aspect légèrement verdoyant des blés, qui enlève toute tristesse aux champs dénudés il y a quelque temps.
Jésus regarde. De l’endroit où il est, il voit trois chemins: celui qui vient du village et qui vient aboutir à cet endroit, un sentier pour les personnes seulement, et deux autres chemins qui descendent du village bifurquant en deux directions opposées: vers le nord-ouest, vers le sud-ouest.
Combien Jésus a dû souffrir! Marqué par la pénitence beaucoup plus que dans le jeûne du désert Voir EMV 46. . Alors c’était un homme qui avait pâli, mais encore jeune et fort, maintenant c’est un homme épuisé par un ensemble de souffrances qui accablent à la fois les forces physiques et les forces morales. Son œil est très triste, d’une tristesse à la fois douce et sévère. Les joues amincies font ressortir encore davantage la spiritualité de son profil, de son front haut, de son nez long et droit, de ses lèvres absolument exemptes de sensualité. Un visage angélique tant il exclut la matérialité. Il a la barbe plus longue qu’à l’ordinaire. Elle a poussé jusque sur les joues, jusqu’à se confondre avec les cheveux qui tombent sur les oreilles, de sorte que dans son visage il n’y a de visible que le front, les yeux, le nez et les pommettes fines et d’une couleur d’ivoire sans la moindre trace de rose. Ses cheveux sont peignés d’une manière rudimentaire, poussiéreux, et ils conservent, en souvenir de la caverne où il est resté, des débris de feuilles sèches et de brindilles accrochées dans sa longue chevelure. Son vêtement et son manteau, chiffonnés et poussiéreux indiquent, eux aussi, l’endroit sauvage où ils ont été portés et où ils ont servi sans arrêt.
325.2 – Jésus regarde… Le soleil de midi le réchauffe et il semble en éprouver du plaisir car il fuit l’ombre de quelques rouvres pour venir justement au soleil, mais bien qu’il y ait un soleil net, resplendissant, il n’allume pas de splendeur dans ses cheveux poussiéreux, dans ses yeux fatigués, et il ne donne pas de couleur à ses joues amaigries.
Ce n’est pas le soleil qui le restaure et avive ses couleurs, mais c’est la vue de ses chers apôtres qui montent en gesticulant et en regardant vers le village, de la route qui vient du nord-ouest, la plus plate. Alors se produit la métamorphose. Son œil redevient vivant et le visage paraît moins amaigri par l’effet d’une trace de rose qui s’étend sur les joues et du sourire qui l’illumine: Il desserre ses bras qui étaient croisés et il s’écrie: “Mes chers!” Il le dit en relevant son visage, en tournant son regard sur les choses, comme pour communiquer sa joie aux plantes, aux arbres, au ciel serein, à l’air qui déjà se ressent du printemps.
Il resserre étroitement son manteau autour du corps pour qu’il ne s’accroche pas dans les buissons, et descend rapidement par un raccourci à la rencontre de ceux qui montent et qui ne l’ont pas encore aperçu. Quand il est à portée de voix il les appelle pour les arrêter dans leur marche vers le village.
Ils entendent l’appel lointain. Peut-être que, de l’endroit où ils se trouvent, ils ne peuvent voir Jésus, dont l’habit foncé se confond avec le feuillage du bois qui couvre la pente. Ils regardent autour d’eux, font des gestes… Jésus les appelle de nouveau… Finalement dans une clairière du bois il se présente à leurs yeux dans le soleil, les bras légèrement tendus comme si déjà il voulait les embrasser.
Alors c’est un grand cri qui se répercute sur la côte:
“Le Maître!”
Et c’est une course rapide sur la pente en dehors du chemin. On s’égratigne, on trébuche, on s’essouffle, sans plus sentir le poids des sacs, la fatigue de la marche, emporté par la joie de le revoir…
325.3 – Naturellement, les premiers qui arrivent, ce sont les plus jeunes et les plus agiles, c’est-à-dire les deux fils d’Alphée, au pas assuré des gens nés sur les collines, puis Jean et André qui courent comme deux faons en riant, pleins de joie. Et ils tombent à ses pieds, affectueux et respectueux, heureux, heureux, heureux… Puis arrive Jacques de Zébédée et après, presque ensemble, les trois qui sont les moins entraînés à la course et à la montagne, Matthieu et le Zélote et en dernier, tout à fait en dernier, Pierre.
Mais il se fraie un chemin, oh! s’il se fraie un chemin! Pour arriver au Maître qu’entourent à genoux les premiers arrivés, qui ne se lassent pas de baiser les vêtements ou les mains qu’il leur a abandonnées. Il prend énergiquement Jean et André attachés aux vêtements de Jésus comme des huîtres à un rocher, et tout essoufflé il les écarte pour pouvoir tomber aux pieds de Jésus en disant:
“Oh! mon Maître! Je reviens enfin à la vie! Je n’en pouvais plus. Je suis vieilli et amaigri comme si j’avais été très malade. Regarde si ce n’est pas vrai, Maître…”
Et il lève la tête pour se faire regarder par Jésus. Mais, ce faisant, il voit combien Jésus est changé et il se lève en criant: “Maître!? Mais qu’as-tu fait? Sots! Mais regardez! Vous ne voyez rien, vous? Jésus a été malade!…
325.4 – Maître, mon Maître, qu’est-ce que tu as eu? Dis-le à ton Simon!”
“Rien, mon ami.”
“Rien? Avec ce visage? Alors on t’a fait du mal?”
“Mais non, Simon.”