324 – Les discours des huit apôtres avant de repartir d’Antioche. L’adieu à Jean d’En-Dor et à Syntica

8 novembre 1945

Le jeudi 8 novembre 1945.

324.1 – Les apôtres sont de nouveau dans la maison d’Antioche et avec eux les deux disciples et tous les hommes d’Antigonée, qui ne sont plus vêtus de leurs courts habits de travail, mais de longs habits de fête. J’en conclus que c’est le sabbat.

Philippe prie les apôtres de parler au moins une fois à tout le monde, avant leur départ désormais imminent.

“Sur quoi?”

“Sur ce que vous voulez. Vous avez entendu ces jours-ci nos conversations, inspirez-vous-en.”

Les apôtres se regardent l’un l’autre. À qui cela revient-il? À Pierre, c’est naturel. C’est le chef! Mais Pierre ne voudrait pas parler, et il donne à Jacques ou à Jean de Zébédée l’honneur de le faire. Et c’est seulement quand il les voit inexorables, qu’il se décide à parler.

“Aujourd’hui, nous avons entendu expliquer dans la synagogue le chapitre 52 d’Isaïe. Doctement selon le monde, défectueusement selon la Sagesse, a été fait le commentaire.

Mais il n’y a pas lieu de le reprocher au commentateur, qui a donné ce qu’il pouvait avec sa sagesse mutilée de ce qu’il y a de meilleur: la connaissance du Messie et du Temps nouveau amené par Lui. Nous ne faisons pourtant pas de critiques, mais des prières pour qu’il arrive à connaître ces deux grâces et puisse les accepter sans y mettre obstacle.

Vous m’avez dit que pendant la Pâque vous avez entendu parler avec foi, mais aussi avec mépris, du Maître. Et que c’est seulement à cause de la grande foi qui remplit les cœurs de la maison de Lazare, tous les cœurs, que vous avez pu résister à l’embarras que les insinuations des autres vous mettaient au cœur, d’autant plus que ces autres étaient justement les rabbis d’Israël.

Mais être savants ne signifie pas être saints ni posséder la Vérité. La Vérité, la voilà: Jésus de Nazareth est le Messie promis, le Sauveur de qui parlent les Prophètes, dont le dernier repose depuis peu dans le sein d’Abraham après le glorieux martyre qu’il a souffert pour la justice. Jean Baptiste a dit, et ici sont présents ceux qui ont entendu ces paroles: “Voici l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde”.

Ces paroles ont été crues par les plus humbles de ceux qui sont ici, car l’humilité aide à parvenir à la Foi, alors que pour les orgueilleux le chemin est difficile - empêtrés comme ils le sont - pour atteindre le sommet de la montagne où, chaste et lumineuse, vit la Foi. Ces humbles, parce qu’ils étaient tels et parce qu’ils ont cru, ont mérité d’être les premiers dans l’armée du Seigneur Jésus.

Voyez donc combien l’humilité est nécessaire pour avoir une foi prompte et combien on est récompensé de savoir croire, même contre les apparences contraires.

Moi, je vous exhorte et je vous pousse à avoir en vous ces deux qualités et alors vous appartiendrez à l’armée du Seigneur et vous conquerrez le Royaume des Cieux…

324.2 – À toi, Simon le Zélote. Moi, j’ai fini. Toi, continue.”

Le Zélote, pris ainsi à l’improviste, et si clairement indiqué comme second orateur, doit s’avancer sans retard ni récrimination, et il le fait en disant:

“Je vais continuer le discours de Simon Pierre, notre chef à tous, par la volonté du Seigneur. Et ce sera en m’appuyant sur le chapitre 52 d’Isaïe, vu par quelqu’un qui connaît la Vérité Incarnée dont il est le serviteur, pour toujours. Il est dit: “Lève-toi, revêts-toi de ta force, ô Sion, prends des vêtements de fête, cité du Saint” Isaïe 52, 1. .

Vraiment, il devrait en être ainsi. Car, quand une promesse s’accomplit, une paix se fait, une condamnation cesse et arrive le temps de la joie, les cœurs et les cités devraient prendre des vêtements de fête pour relever les fronts courbés, lorsqu’ils prennent conscience de n’être plus haïs, vaincus, frappés, mais aimés et délivrés.

Nous ne sommes pas ici pour faire un procès à Jérusalem. La charité, la première entre toutes les vertus, le défend. Cessons donc d’observer le cœur des autres et regardons le nôtre. Revêtons de force notre cœur par cette foi dont a parlé Simon, et prenons des vêtements de fête parce que notre foi séculaire au Messie est maintenant couronnée par la réalisation de la chose. Le Messie, le Saint, le Verbe de Dieu est réellement parmi nous. Et ce ne sont pas seulement les âmes qui entendent les paroles de la Sagesse qui les fortifient et versent en elles la sainteté et la paix, ce sont aussi les corps qui par l’œuvre du Saint, auquel le Père a tout accordé, qui se voient délivrés des maladies les plus atroces et jusque de la mort, pour que les terres et les vallées de notre patrie résonnent des hosannas au Fils de David et au Très-Haut qui a envoyé son Verbe comme Il l’avait promis aux Patriarches et aux Prophètes.

Moi, qui vous parle, j’étais lépreux, destiné à mourir après des années d’angoisse cruelle, dans la solitude des bêtes fauves réservée aux lépreux.

Un homme me dit: “Va vers Lui, le Rabbi de Nazareth, et tu seras guéri”. J’ai eu foi. J’y suis allé. J’ai été guéri. Dans mon corps, dans mon cœur: sur l’un, disparue la maladie qui sépare des hommes, dans l’autre, disparue la rancœur qui sépare de Dieu.

Et avec une âme nouvelle, après avoir été proscrit, malade, inquiet, je suis devenu son serviteur, appelé à l’heureuse mission d’aller parmi les hommes pour les aimer en son nom, pour les instruire de la seule connaissance nécessaire: celle que Jésus de Nazareth est le Sauveur et que bienheureux sont ceux qui croient en Lui.

324.3 – Parle, toi, maintenant, Jacques d’Alphée.”

“Je suis le frère du Nazaréen. Mon père et son père étaient frères nés d’un même sein, mais pourtant je ne puis me dire son frère, mais son serviteur. Car la paternité de Joseph, le frère de mon père, ne fut qu’une paternité spirituelle et, en vérité, je vous dis que le vrai Père de Jésus, notre Maître, c’est le Très-Haut que nous adorons. Il a permis que sa Divinité, Une et Trine, s’incarne dans la Seconde Personne et qu’Elle vienne sur la terre tout en restant unie à Celles qui habitent le Ciel. Car Dieu peut le faire, Lui l’infiniment Puissant, et Il le fait par l’Amour qui est sa nature.