“Et s’il n’y a pas de tempête.”

“Quant au bateau, il y en a toujours en partance pour la Palestine et, en payant, nous lui ferons faire escale à Ptolémaïs, même si c’est un bateau pour Joppé. Tu as encore de l’argent, Simon?” demande le Zélote à Pierre.

“Oui, bien que ce voleur de crétois m’ait vraiment écorché, en dépit de ses protestations de gentillesse pour Lazare. Mais je dois payer pour la garde de la barque et celle d’Antoine L'âne qu'ils ont acheté pour transporter les bagages. … Et l’argent donné pour Jean et Syntica je n’y touche pas, il est sacré. Même s’il faut jeûner je le laisse intact.”

“Tu fais bien. Cet homme est très malade. Il croit pouvoir faire le pédagogue. Je crois qu’il sera seulement un infirme, très vite…” estime le Zélote.

“Oui, je le pense moi aussi. Syntica, en plus de ses travaux, devra faire des onguents” approuve Jacques de Zébédée.

“Mais cet onguent, hein? Quelle merveille! Syntica m’a dit qu’elle veut en refaire et s’en servir pour pouvoir pénétrer dans les familles d’ici” dit Jean.

“C’est une bonne idée! Un malade que l’on guérit, c’est toujours un disciple que l’on gagne et, avec lui, les siens” proclame Matthieu.

“Ah! cela, non!” s’écrie Pierre.

“Comment? Tu veux dire que le miracle n’attire pas au Seigneur?” lui demande André et avec lui deux ou trois autres.

“Oh! mes petits! Il me semble que vous tombez du ciel! Mais vous ne voyez pas comment ils se comportent avec Jésus? S’est-il converti Eli de Capharnaüm Il a eu son petit-fils Élisée guéri d'une morsure mortelle de serpent (Tome 3, chapitre 21 et 23). ? Et Doras Il a eu ses terres maudites pour avoir trompé Jésus et avoir laissé mourir Jonas, l'un des bergers de la Nativité. (Tome 2, chapitre 76). ? Et Osée de Corozaïn? Et Melchias de Bethsaïde? Et - excusez-moi, vous de Nazareth - et Nazareth entière pour les cinq, six, dix miracles jusqu’au dernier, celui de votre neveu?” demande Pierre.

Personne ne réplique, parce que c’est l’amère vérité.

“Nous n’avons pas encore trouvé le soldat romain. Jésus l’avait fait comprendre…” dit Jean après un moment.

“Nous le dirons à ceux qui restent. Et même ce sera un but de plus dans leur vie” répond le Zélote.

323.5 – Philippe revient:

“Mon fils est prêt Mon fils : le vieux Philippe qualifie Tolmaï de mon fils, alors qu'il est son grand-père, le père de son père Joseph. Les juifs appelaient leurs petits-enfants fils ou fille, de même qu'on disait père et mère pour les grands-parents ; on employait pour les cousins et les beaux-frères ou belles-sœurs le terme de frères ou sœurs. On ne parlait pas d'oncle et de tante (comme en EMV 100.12). Dans l'œuvre de Maria Valtorta, les degrés de parenté sont exprimés parfois comme à l'époque de Jésus, et parfois comme de nos jours (en particulier «tante» en EMV 95.5/6). . Il a eu vite fait. Il est avec sa mère qui prépare des cadeaux pour les petits-fils.”

“Elle est bonne, ta belle-fille, n’est-ce pas?”

“Très bonne. Elle m’a consolé de la perte de mon Joseph. Elle est comme une fille pour moi. Elle était servante d’Euchérie Princesse juive, épouse de Théophile, gouverneur de Syrie. Elle a trois enfants : Lazare, Marthe et Marie. qui l’avait formée. Venez vous restaurer avant de partir, les autres sont déjà en train de le faire.”…

… Précédés par le char de Tolmaï, petit-fils de Philippe, ils vont au trot vers Antigonée…

Ils ont vite rejoint la petite ville. Ensevelie dans la fertilité de ses jardins, abritée des vents par les chaînes des monts qui l’entourent, suffisamment éloignés pour ne pas lui porter ombrage, mais assez proches pour la protéger et déverser sur elle les effluves de ses bois d’arbres résineux ou essentiels, toute ensoleillée, elle réjouit la vue et le cœur, rien qu’à la traverser.

323.6 – Les jardins de Lazare sont au sud de la ville et sont précédés par une avenue, maintenant dépouillée, le long de laquelle sont les maisons de ceux qui sont préposés aux jardins. Des maisonnettes basses mais bien tenues, sur les seuils desquelles se montrent des visages de jeunes enfants et de femmes qui regardent avec curiosité et saluent en souriant. La diversité des visages annonce des différences de races.

Tolmaï, dès qu’il a franchi le portail d’entrée de la propriété, fait en passant devant chaque maison un bruit de fouet spécial. Ce doit être un signal. Et les habitants de chaque maison, après avoir regardé, entrent dans leurs demeures, et en sortent ensuite en fermant les portes et suivent l’avenue derrière les deux chars qui marchent au pas et qui s’arrêtent ensuite au centre d’un carrefour de sentiers qui rayonnent en tous sens, comme les rayons d’une roue, à travers des champs innombrables séparés en plates-bandes, les unes dépouillées, les autres toujours vertes, garnies de lauriers, d’acacias ou de plantes du même genre, d’autres arbres dont les entailles laissent sortir un lait odoriférant et des résines. Il flotte dans l’air un mélange d’odeurs balsamiques, résineuses, aromatiques. Partout des ruches et des bassins d’irrigation où boivent des colombes toutes blanches. Dans certains endroits, une terre nue qui vient d’être piochée où grattent des poules blanches elles aussi, surveillées par des fillettes.

323.7 – Tolmaï fait claquer son fouet plusieurs fois, jusqu’à ce que les sujets de ce petit royaume soient réunis autour des arrivants, et alors il commence son petit discours:

“Voilà. Philippe, notre chef, et père de mon père, envoie et recommande ces saints d’Israël venus ici par la volonté de notre maître. Que Dieu soit toujours avec lui et avec sa maison. Nous nous lamentions beaucoup parce qu’il nous manquait la voix des saints rabbins. Voilà que la bonté du Seigneur et de notre maître lointain, mais qui nous aime tant - Dieu lui rende le bien qu’il donne à ses serviteurs - nous procurent ce que notre cœur rêvait. En Israël s’est levé Celui qui était promis aux nations. On nous l’avait dit pendant les fêtes au Temple et dans la maison de Lazare. Mais maintenant est réellement venu pour nous le temps de la grâce parce que le Roi d’Israël a pensé à ses plus petits serviteurs et nous a envoyé ses ministres pour nous apporter ses paroles. Eux sont ses disciples et deux d’entre eux vont vivre parmi nous, ici ou à Antioche, afin de nous enseigner la Sagesse, pour nous enseigner la science du Ciel et celle. de la terre. Jean, pédagogue et disciple du Christ, enseignera à nos enfants l’une et l’autre sagesse. Syntica, disciple et maîtresse de couture, enseignera la science de l’amour de Dieu et l’art du travail féminin aux fillettes. Recevez-les comme des bénédictions du Ciel, et aimez-les comme les aiment Lazare de Théophile et Euchérie - gloire à leurs âmes et paix - et comme les aiment les filles de Théophile: Marthe et Marie, nos maîtresses bien-aimées et disciples de Jésus de Nazareth, le Rabbi d’Israël, le Promis, le Roi.”

Le petit peuple des hommes, aux courtes tuniques, aux mains terreuses qui portent des outils de jardinage, des femmes, des enfants de tous âges, écoute avec étonnement, puis chuchote, ensuite s’incline profondément.

Tolmaï commence les présentations: