“Deux pédagogues recommandés par Lazare de Théophile, lui pour les garçons, elle pour les fillettes. Je vois qu’elle a des broderies et des métiers… Beaucoup de travaux féminins se font ici et sont vendus à Antioche par des étrangers. Mais ce sont des travaux grossiers et lourds. Hier je lui ai vu un travail qui m’a rappelé ma bonne maîtresse… Ils seront très recherchés…”

“Et une fois de plus que le Seigneur soit loué” dit Pierre.

“Oui. Cela diminue pour nous la douleur de notre prochain départ.”

“Vous voulez déjà partir?”

“Nous le devons. La tempête nous a retardés. Aux premiers jours de Scebat Début janvier 29. nous devons être avec le Maître. Il nous attend déjà, car nous sommes en retard” explique le Thaddée.

323.4 – Ils se séparent pour aller chacun à ses affaires, Philippe où l’appelle une femme, les apôtres au soleil, sur la hauteur.

“Nous pourrions partir le lendemain du sabbat. Qu’en dites-vous? dit Jacques d’Alphée.

“Pour moi!… Tu penses! Tous les jours je me lève tourmenté par la pensée de la solitude de Jésus seul, sans vêtements, sans soins, et toutes les nuits je me couche avec ce tourment. Mais aujourd’hui, nous allons décider.”

“Dites un peu. Mais le Maître savait tout cela? Je me demande depuis des jours comment il savait que nous aurions trouvé le crétois, comment il a prévu le travail de Jean et de Syntica, comment, comment… Beaucoup de choses, en somme” dit André.

“En réalité je crois que le crétois a des époques fixes de séjour à Séleucie. Peut-être Lazare l’a dit à Jésus et Lui en conséquence a décidé de partir sans attendre la Pâque…” explique le Zélote.

“Oui! C’est juste! Et pour la Pâque, comment fera Jean?” demande Jacques d’Alphée.

“Mais, comme tous les israélites…” dit Matthieu.

“Non, ce serait se jeter dans la gueule du loup.”

“Mais non! Qui le pêcherait dans cette foule?”

“L’Isc… Oh! qu’ai-je dit! N’y pensez pas! C’est une plaisanterie de ma pensée…”

Pierre est rouge, affligé d’avoir parlé. Jude d’Alphée lui met une main sur l’épaule, en souriant de son sourire sévère et dit:

“Allons! Nous pensons tous la même chose… Mais n’en parlons à personne et bénissons l’Éternel qui a détourné de cette pensée l’esprit de Jean.”

Tous absorbés gardent le silence. Mais pour eux, vrais israélites, c’est un problème de savoir comment le disciple pourra faire la Pâque à Jérusalem, lui qui est exilé… et ils se remettent à en parler.

“Je crois que Jésus y pourvoira. Peut-être que Jean le sait. Il n’y a qu’à le lui demander” dit Matthieu.

“Ne le faites pas. Ne mettez pas des désirs et des épines là où la paix commence tout juste à renaître” dit suppliant l’apôtre Jean.

“Oui. Il vaut mieux le demander au Maître lui-même” approuve Jacques d’Alphée.

“Quand le verrons-nous? Qu’en dites-vous?” demande André.

“Oh! si nous partons le lendemain du sabbat, pour la fin de la lune nous serons sûrement à Ptolémaïs…” dit Jacques de Zébédée.

“Si nous trouvons un navire…” observe Jude Thaddée.

Et son frère ajoute: