Ils passent la porte gardée par les romains. L’apôtre Jean dit:
“Qui sait s’il est ici le soldat de la Porte de Poissons… Jésus serait heureux de le savoir…”
“Nous le chercherons, mais maintenant avance vite” dit Pierre troublé à l’idée d’aller dans une maison inconnue.
Jean obéit sans parler, seulement il dévisage chaque soldat qu’il voit.
322.7 – Un bref parcours, puis une maison robuste et simple, c’est-à-dire un mur élevé sans fenêtres. Une porte cochère seulement au milieu du mur.
“Voici. Arrête!” dit le Zélote.
“Oh! Simon! Sois gentil! Parle, toi, maintenant.”
“Mais oui, si cela doit te faire plaisir, je vais parler”
Et le Zélote frappe au lourd portail. Il se fait reconnaître pour un envoyé de Lazare. Il entre seul. Il sort avec un vieillard grand et digne qui fait force inclinations et qui ordonne à un serviteur d’ouvrir le portail pour laisser entrer le char, et il s’excuse de les faire passer tous par là au lieu de leur ouvrir la porte de la maison.
Le char s’arrête dans une vaste cour avec portiques, bien tenue avec quatre gros platanes aux quatre angles et deux au milieu pour protéger un puits et un bassin qui sert pour abreuver les chevaux.
“Occupe-toi du cheval” commande l’intendant au serviteur.
Et puis aux hôtes:
“Je vous en prie, venez et que soit béni le Seigneur qui m’envoie ses serviteurs et les amis de mon maître. Commandez: votre serviteur vous écoute.”
Pierre rougit parce que c’est spécialement à lui que s’adressent ces paroles et ces inclinations et il ne sait que dire… Le Zélote vient à son secours.
“Les disciples du Messie d’Israël, dont te parle Lazare de Théophile, qui désormais habiteront ta maison pour servir le Seigneur, n’ont besoin que de repos. Veux-tu leur montrer où ils peuvent habiter?”
“Oh! il y a toujours des pièces préparées pour les voyageurs comme c’était l’habitude avec ma maîtresse. Venez, venez…” et, suivi de tous, il prend un couloir, puis une petite cour au fond de laquelle se trouve la véritable demeure. Il ouvre la porte, franchit un vestibule et tourne à droite. Voilà un escalier. Ils montent. Un nouveau couloir avec des pièces des deux côtés.
“Voici, et que la demeure vous soit agréable. Maintenant je vais commander l’eau et du linge. Que Dieu soit avec vous” dit le vieillard et il s’en va.
Ils ouvrent les volets des chambres qu’ils choisissent. Les murs et les forts d’Antioche sont en face d’un côté; de l’autre côté, la cour tranquille ornée de rosiers grimpants qui manquent de charme en ce moment à cause de la saison.
Et après un si long voyage, voici enfin une maison, une chambre, un lit… Un séjour pour certains, le but pour les autres…