“Mais pourquoi alors as-tu laissé tout cela?” demande André.

“Pour que tout Nazareth m’entende arriver. Et j’y ai réussi… Maintenant je les enlève pour que tout Nazareth ne nous entende pas partir. C’est pour cela que j’ai mis les caisses vides… Nous partirons avec les caisses pleines, et personne, si quelqu’un nous voit, ne s’étonnera de voir une femme assise sur les caisses à côté de moi. Celui qui est loin d’ici se vante de posséder le bon sens et le sens pratique, Mais quand je veux, je l’ai moi aussi…”

“Mais pourquoi, mon frère, tout cela est-il nécessaire?” demande André qui a donné à boire à l’âne, en l’amenant près du bûcher rustique près du four.

“Pourquoi? Mais tu ne sais pas?…Maître, mais ils ne savent encore rien?”

“Non, Simon. Je t’attendais pour parler. Venez tous dans l’atelier. Les femmes sont bien là où elles sont, et tu as bien fait d’agir ainsi, Simon de Jonas.”

313.7 – Ils vont dans l’atelier alors que Porphyrée avec l’enfant et les deux Marie restent dans la maison.

“J’ai voulu que vous veniez ici parce que vous devez m’aider à faire partir très loin Jean et Syntica. C’est depuis les Tabernacles que j’ai pris cette décision. Vous avez bien vu qu’il était impossible de les garder avec nous et même de les garder ici, sous peine de mettre en danger leur paix. Comme toujours, Lazare de Béthanie m’aide dans cette œuvre. Ils sont déjà prévenus. Simon Pierre le sait depuis quelques jours. Vous le savez maintenant. Cette nuit nous allons quitter Nazareth, même s’il y a de l’eau et du vent au lieu de la première lune. Nous aurions dû déjà être partis, mais je suppose que Simon a eu des difficultés pour trouver le moyen de transport…”

“Et comment! J’allais désespérer de le trouver. Mais grâce à un grec dégoûtant de Tibériade, j’ai pu finalement l’avoir… Et ce sera commode…”

“Oui. Ce sera commode, surtout pour Jean d’En-Dor.”

“Où est-il, on ne le voit pas?” demande Pierre.

“Dans sa pièce avec Syntica.”

“Et… comment a-t-il pris la chose?” demande encore Pierre.

“Avec beaucoup de douleur, la femme aussi…”

“Et Toi aussi, Maître. Ton front est marqué d’une ride qui n’y était pas, et tu as l’œil sévère et triste” observe Jean. “C’est vrai. J’ai beaucoup de douleur…

313.8 – Mais parlons de ce que nous devons faire. Écoutez-moi bien, car ensuite nous devrons nous quitter. Nous partirons ce soir, au milieu de la première veille Au milieu de la première veille peut correspondre pour nous, à 19 h / 20 h. Le jour juif allait d'un crépuscule du soleil à l'autre et était partagé en deux parties : la première partie du jour, la nuit, se composait de quatre vigiles de trois heures chacune (le " chant du coq " était le nom donné à la troisième veille). La seconde partie du jour, c'est-à-dire la partie diurne, comprenait les douze heures restantes. Puisque les deux parties du jour étaient réglées, respectivement, par le coucher et le lever du soleil, la longueur des heures nocturnes (regroupées en vigiles) et diurnes variaient d'une saison à l'autre. . Nous partirons comme des gens qui s’enfuient… parce qu’ils sont coupables. Au contraire nous n’allons pas faire du mal, nous ne nous enfuyons pas pour avoir mal agi. Mais nous nous en allons pour empêcher d’autres de le faire à qui n’aurait pas la force de le supporter. Nous partirons donc… Nous prendrons la route de Sephoris… Et nous ferons la pause à mi-chemin, dans une maison, pour partir à l’aube. C’est une maison avec beaucoup de portiques pour les animaux. Il s’y trouve des bergers amis d’Isaac. Je les connais, ils m’abriteront sans rien demander. Puis nous devrons absolument atteindre Jiphtaël avant le soir et s’y reposer. Penses-tu que l’animal le puisse?”

“Bien sûr! Il me l’a fait payer ce sale grec, mais c’est une bonne bête, solide.”

“C’est bien. Le matin suivant, nous irons à Ptolémaïs et nous nous séparerons. Vous, sous la conduite de Pierre qui est votre chef et auquel vous devrez obéir aveuglément, vous irez par mer jusqu’à Tyr. Là, vous trouverez un bateau en partance pour Antioche. Vous y monterez en donnant cette lettre à lire au patron du navire. Elle est de Lazare de Théophile. Vous passerez pour ses serviteurs, envoyés sur ses terres d’Antioche, ou plutôt à ses jardins d’Antigonea. C’est ce que vous êtes pour tous. Sachez être attentifs, sérieux, prudents et silencieux. En arrivant à Antioche, allez tout de suite chez Philippe, intendant de Lazare, auquel vous donnerez cette lettre…”

“Maître, il me connaît” dit le Zélote.

“Très bien.”

“Mais comment me croira-t-il un serviteur?”

“Pour Philippe, il n’est pas besoin. Il sait qu’il doit recevoir loger deux amis de Lazare et les aider en tout. C’est-ce qui est écrit. Quant à vous, vous les avez accompagnés. Rien de plus. Il vous appelle: “ses chers amis de Palestine”. Et c’est ce que vous êtes tous ensemble unis dans la foi et dans l’action que vous accomplissez. Vous vous reposerez jusqu’à ce que le navire, après avoir terminé ses opérations de déchargement et de chargement, reparte pour Tyr. De Tyr, vous viendrez en barque jusqu’à Ptolémaïs et, là, vous me rejoindrez à Aczib…”

“Pourquoi ne viens-tu pas avec nous, Seigneur?” dit Jean en soupirant. “Parce que je reste à prier pour vous et spécialement pour ces malheureux. Je reste à prier.

313.9 – Ainsi commence ma troisième année de vie publique. Elle commence par un départ bien triste, comme la première et seconde, Elle commence par une grande prière et une grande pénitence comme la première… Car celle-ci a les difficultés douloureuses de la première, et davantage encore. Alors je me préparais convertir le monde, maintenant je me prépare à une œuvre bien plus vaste et bien plus puissante.

Mais, écoutez-moi bien: sachez que si la première année j’ai été l’Homme-Maître, le Sage qui appelle à la Sagesse par une humanité parfaite et la perfection de l’intelligence, et si la seconde, j’ai été le Sauveur et l’Ami, le Miséricordieux qui passe en accueillant, en pardonnant, en compatissant, en supportant, la troisième, je serai le Dieu Rédempteur Roi, le Juste. Ne vous étonnez donc pas si vous voyez en Moi des apparences nouvelles, si dans l’Agneau vous voyez briller le Fort Qu’a répondu Israël à mon invitation d’amour, à mes bras ouverts qui disaient: “Viens: j’aime et je pardonne”? Par une fermeture une dureté de cœur toujours croissante, par le mensonge, les pièges. Eh bien, soit.