Je l’avais appelé, dans toutes ses classes, en abaissant mon front jusqu’à la poussière. Sur la Sainteté qui s’humiliait, il a craché.
Je l’avais invité à se sanctifier. Il m’a répondu en se livrant au démon.
J’ai fait mon devoir, en tout. Mon devoir, il l’a appelé “péché”.
Je me suis tu. Mon silence, il l’a appelé preuve de culpabilité.
J’ai parlé. Ma parole, il l’a appelée blasphème.
Maintenant, cela suffit!
Il ne m’a pas laissé un moment de répit. Il ne m’a pas accordé une joie. Et la joie, pour Moi, c’était de voir grandir dans la vie de l’esprit ceux qui venaient de naître à la Grâce. Ils leur ont dressé des embûches, ils les ont arrachés à mon cœur en leur donnant, en même temps qu’à Moi, la douleur des pères et des enfants arrachés l’un à l’autre, pour les protéger contre un Israël mauvais.
Eux, les puissants d’Israël qui se disent “sanctificateurs” et se vantent de l’être, m’empêchent, voudraient m’empêcher, de sauver et de jouir de ceux que j’ai sauvés.
J’ai maintenant depuis des mois et des mois un Lévi publicain pour ami et à mon service, et le monde voit si Matthieu est scandale ou émulation, mais l’accusation ne tombe pas. Et elle ne tombera pas pour Marie de Lazare et tant, tant d’autres que je sauverai.
Maintenant, c’est assez!
Je m’en vais sur ma route toujours plus âpre et baignée de pleurs… Je m’en vais… Mais aucune de mes larmes ne tombera inutilement. Elles crient à mon Père… Et puis criera une humeur bien plus puissante. Moi, je m’en vais. Qui m’aime me suive et se virilise, car l’heure de la sévérité arrive. Je ne m’arrête pas. Rien ne m’arrête.
Eux aussi ne s’arrêteront pas… Mais malheur à eux! Malheur à eux! Malheur à ceux pour qui l’Amour devient Justice!… Le signe du Nouveau Temps sera d’une Justice sévère pour tous ceux qui sont obstinés dans leur péché contre les paroles du Seigneur et contre l’action du Verbe du Seigneur!…”
313.10 – Jésus semble un archange punisseur. Je dirais qu’il flamboie contre le mur noir de fumée tant ses yeux resplendissent… Il semble que resplendisse jusqu’à sa voix, qui a les tons aigus du bronze et de l’argent quand on les frappe violemment.
Les huit apôtres sont pâles et comme recroquevillés par la crainte. Jésus les regarde avec pitié et amour. Il dit:
“Je ne le dis pas pour vous, mes amis. Elles ne sont pas pour vous ces menaces. Vous êtes mes apôtres, et c’est Moi qui vous ai choisis.”
Sa voix est devenue douce et profonde. Il termine:
“Allons dans l’autre pièce. Faisons sentir aux deux persécutés - et je vous rappelle qu’eux croient partir pour me préparer les voies à Antioche - que nous les aimons plus que nous-mêmes. Venez…”