288 – Le discours aux habitants de Gérasa, et l’éloge d’une femme à la Mère de Jésus
27 septembre 1945
Le jeudi 27 septembre 1945.
288.1 - Il croyait être inconnu! Quand la matinée du lendemain il pose le pied hors du magasin d’Alexandre, il trouve déjà des personnes qui l’attendent. Jésus est avec les seuls apôtres, les femmes et les disciples sont restés à la maison à se reposer. Les gens le saluent et l’entourent en Lui disant qu’ils le connaissent parce qu’ils ont entendu parler un homme guéri de la possession diabolique Marc de Giosia, le possédé délivré du démon "légion" à qui Jésus a demandé d'évangéliser la région (Cf. EMV 186.5) . Ce dernier est maintenant absent parce qu’il est parti avec deux disciples passés par là quelques jours auparavant.
Jésus écoute avec bienveillance ces discours tout en marchant à travers la ville qui présente souvent des zones où l’on entend un furieux fracas de chantiers. Maçons, terrassiers, tailleurs de pierres, forgerons, menuisiers, travaillent à construire, à aplanir ou à combler des terrains de niveaux différents, à dégrossir des pierres pour les murs, à travailler le fer pour différents usages, à scier, à raboter, à façonner des pieux avec des troncs robustes.
Jésus passe et regarde, il franchit un pont jeté sur un petit torrent bavard qui passe juste au milieu du pays, et les maisons se sont alignées sur les deux rives avec la prétention de former un quai. Il monte ensuite vers la partie haute de la ville qui est un peu en dénivellation, de sorte que le côté sud-ouest est plus élevé que le côté nord-est, mais les deux côtés sont plus hauts que le centre de la ville coupée en deux par le petit cours d’eau.
La vue est belle au point où s’est arrêté Jésus. On voit toute la ville passablement grande et en arrière, à l’orient, au midi et à l’occident, se trouve un fer à cheval de collines en pente douce toutes vertes, alors qu’au nord la vue s’étend sur une plaine découverte et vaste qui présente à l’horizon un relief léger qu’on peut difficilement appeler collines, tout blondi par le soleil matinal qui dore les pampres jaunâtres des vignes qui couvrent cette vague de terrain comme s’il voulait adoucir la mélancolie des feuilles mortes par le faste d’une couche de dorure.
288.2 - Jésus observe et les gens de Gerasa restent à le regarder. Jésus les conquiert en leur disant:
“Cette ville est très belle. Rendez-la belle aussi de justice et de sainteté. Les collines, le ruisseau, la verte plaine, c’est Dieu qui vous les a donnés. Rome vous aide maintenant à vous faire des maisons et de beaux édifices, mais il revient à vous seuls de donner à votre ville le nom de ville sainte et juste.
Une ville est ce que la font ses habitants, parce qu’une ville est une partie de la société qui s’enferme dans des murs, mais ce qui fait la ville, ce sont les habitants. La ville en elle-même ne pèche pas. Ils ne peuvent pécher le ruisseau, le pont, les maisons, les tours. Ce sont des matières, non des âmes. Mais peuvent pécher ceux qui sont enfermés dans les murailles de la ville, dans les maisons, dans les boutiques, ceux qui passent sur le pont et ceux qui se baignent dans le ruisseau, On dit d’une ville factieuse et cruelle: “C’est une ville très mauvaise”. Mais c’est mal dit. Ce n’est pas la ville qui est mauvaise, ce sont les habitants qui sont mauvais.
Ces individus qui deviennent, en s’unissant, une seule chose complexe, et pourtant encore une seule chose c’est cela qui mérite le nom de ville. Maintenant écoutez. Si dans une ville dix mille habitants sont bons et que mille seulement ne le sont pas, pourrait-on dire que cette ville est mauvaise? Non, on ne pourrait le dire. De même, si dans une ville de dix mille habitants il y a beaucoup de partis et que chacun tend à faire valoir le sien, peut encore dire que cette ville est unie? Non, on ne peut le dire. Et pensez-vous que cette ville sera prospère? Non, elle ne le sera pas.
Vous, habitants de Gerasa, vous êtes maintenant tous unis dans la pensée de faire de votre ville une grande chose. Et vous y réussirez parce que tous vous voulez la même chose et vous rivalisez entre vous pour atteindre ce but. Mais si parmi vous s’élevaient des partis différents et que l’un vienne à dire: “Non, il vaut mieux s’étendre vers l’occident”, et un autre: “Pas du tout. Nous irons vers le nord du côté de la plaine”, et un troisième: “Ni ici, ni là. Nous voulons nous grouper au centre près du ruisseau”, qu’arriverait-il? Il arriverait que les travaux commencés s’arrêteraient, que ceux qui prêtent des capitaux les retireraient et que ceux qui ont l’intention de s’établir ici s’en iraient dans une autre ville plus unie, et ce qui est déjà fait tomberait en ruines parce que cela serait exposé aux intempéries sans être terminé à cause des divisions des habitants.
C’est ainsi ou non? Vous dites que c’est ainsi, et vous dites bien. Il faut donc l’entente entre les habitants pour faire le bien de la ville et, par conséquent des habitants, parce que dans une société son bien propre fait le bien-être de ceux qui la composent.
288.3 - Mais il n’y a pas seulement la société à laquelle vous pensez, la société de ceux qui appartiennent à la même ville, ou au même pays, ou la petite et chère société de la famille. Il est une société plus vaste, infinie: celle des esprits.
Nous tous qui sommes vivants, nous avons une âme. Cette âme ne meurt pas avec le corps mais lui survit éternellement.
La pensée du Créateur Dieu, qui a donné l’âme à l’homme, était que toutes les âmes humaines se rassemblent en un même lieu: le Ciel, qui constitue le Royaume des Cieux dont le monarque est Dieu et dont les sujets bienheureux auraient été les hommes après une vie sainte et une tranquille dormition. Satan est venu diviser et bouleverser, pour détruire et affliger Dieu et les esprits. Il a apporté le péché dans les cœurs et avec lui la mort pour les corps au terme de l’existence, espérant donner la mort même aux esprits.
Leur mort c’est la damnation qui est encore existence, oui, mais une existence dépourvue de ce qui est la Vie vraie et la joie éternelle, c’est-à-dire de la vision béatifique de Dieu et de son éternelle possession dans la lumière éternelle. Et l’Humanité se divisa dans ses volontés comme une société se divise en partis contraires. Et en agissant ainsi, elle alla à sa ruine.
Je l’ai dit ailleurs à ceux qui m’accusaient de chasser les démons avec l’aide de Belzébuth: “Tout royaume divisé en lui-même ira à sa ruine” Cf. L'altercation de Capharnaüm en EMV 269.6, au mois d'août dernier. . En effet si Satan se chassait lui-même, lui et son royaume ténébreux iraient à leur ruine.
Moi, à cause de l’amour que Dieu a pour l’humanité créée par Lui, je suis venu rappeler qu’un seul Royaume est saint: celui des Cieux. Je suis venu le prêcher pour que les meilleurs accourent vers lui.
Oh! Je voudrais que tous, même les plus mauvais, y viennent en se convertissant, en se délivrant du démon qui, ouvertement dans les possessions corporelles en plus que spirituelles, ou secrètement dans celles qui ne sont que spirituelles, les tiennent esclaves.
C’est pour cela que je vais guérissant les malades, chassant les démons des corps possédés, convertissant les pécheurs, pardonnant au nom du Seigneur, instruisant en vue du Royaume, accomplissant des miracles pour vous persuader de mon pouvoir et que Dieu est avec Moi. Car on ne peut faire des miracles si on n’a pas pour ami Dieu, parce que si je chasse les démons par le doigt de Dieu, que je guéris les malades, que je purifie les lépreux, que je convertis les pécheurs, que j’annonce le Royaume, que je donne l’enseignement pour y parvenir, et que j’y appelle au nom de Dieu, et que Dieu est condescendant à mon égard d’une manière claire et indiscutable, et que seuls les ennemis déloyaux peuvent dire le contraire, tout cela est le signe que le Royaume est arrivé parmi vous et doit être construit car c’est l’heure de sa fondation.
288.4 - Comment se fonde le Royaume de Dieu dans le monde et dans les cœurs? Par le retour à la Loi mosaïque et par la connaissance exacte si on l’ignore, et surtout par l’application totale de la Loi à soi-même, dans tout événement et à tout moment de la vie. De quelle nature est cette Loi? Une chose tellement sévère qu’elle est impraticable? Non. C’est un ensemble de dix préceptes saints et faciles que l’homme moralement bon, vraiment bon, a conscience qu’il faut observer même s’il est enseveli sous l’inextricable toit végétal des forêts les plus impénétrables de l’Afrique mystérieuse. Elle dit:
“Je suis le Seigneur ton Dieu et il n’y a pas d’autre Dieu que Moi. Ne nommez pas le Nom du Seigneur inutilement.
Respectez le sabbat selon le commandement de Dieu et le besoin de la créature.
Honorez vos pères et vos mères afin de vivre longuement et d’obtenir le bien sur la terre et dans le Ciel.