Ne tuez pas.
Ne dérobez pas.
Ne commettez pas l’adultère.
Ne dites pas de faux témoignages contre le prochain.
Ne désirez pas la femme d’autrui.
N’enviez pas ce que possède autrui”.
Quel est l’homme qui, ayant une âme bonne même si c’est un sauvage, qui en tournant son regard sur ce qui l’entoure, n’arrive à se dire: “Tout cela n’a pu se faire tout seul.
Il y a donc Quelqu’un, plus puissant que la nature et que l’homme lui-même, qui a fait cela”? Et il adore ce Puissant dont il connaît ou ne connaît pas le Nom très Saint mais dont il sent l’existence.
Et il en a un tel respect en prononçant le nom qu’il Lui a donné ou qu’on lui a appris à dire pour le nommer, qu’il tremble de respect et a conscience de le prier rien qu’à le nommer avec respect. En fait, c’est une prière de prononcer le Nom de Dieu dans l’intention de l’adorer ou de le faire connaître aux gens qui l’ignorent.
De même aussi par simple prudence morale, tout homme sent qu’il doit donner du repos à ses membres pour qu’ils résistent tant que dure la vie. Avec plus de raison ce repos animal, l’homme qui n’ignore pas le Dieu d’Israël, le Créateur et Seigneur de l’univers, a conscience qu’il doit le consacrer au Seigneur pour ne pas être semblable à la bête de somme qui fatiguée se repose sur sa litière en mâchant de l’avoine entre ses dents robustes.
Le sang lui-même crie amour pour ceux dont il est venu et nous le constatons dans ce petit âne qui court en ce moment en brayant à la rencontre de sa mère qui revient du marché. Il jouait dans le troupeau et l’ayant vue, il se souvient d’avoir été allaité par elle et léché affectueusement, défendu, réchauffé par sa mère et vous voyez? Avec son tendre naseau il lui frotte le cou et saute de joie en frottant sa jeune croupe contre le flanc qui l’a porté. Aimer les parents, c’est un devoir et un plaisir.
Et il n’y a pas d’animal qui n’aime celui qui l’a engendré. Et quoi? L’homme sera au-dessous du ver qui vit dans la boue?
L’homme moralement bon ne tue pas. La violence lui inspire du dégoût. Il a conscience qu’il n’est pas permis d’enlever la vie à quiconque, que seulement Dieu qui l’a donnée a le droit de l’enlever. Et il se refuse à l’homicide.
De même celui qui est moralement sain ne s’empare pas des choses d’autrui. Il préfère le pain mangé avec une conscience tranquille auprès de la fontaine argentine, à un succulent rôti qui est le produit d’un vol. Il préfère dormir sur le sol avec la tête sur une pierre et les étoiles amies au-dessus de la tête qui pleuvent la paix et le réconfort sur une conscience honnête, au sommeil troublé sur un lit volé.
Et s’il est moralement sain il ne désire pas d’autres femmes que les siennes, il n’entre pas avec lâcheté dans le lit d’autrui pour le souiller. Mais dans la femme de l’ami il voit une sœur et n’a pas pour elle les regards et le désir que l’on n’a pas pour une sœur.
L’homme dont l’âme est droite, même seulement naturellement, sans autre connaissance du Bien que celle que lui donne sa conscience pleine de droiture, ne se permet jamais de donner un témoignage qui lèse la vérité car cela lui paraît semblable à l’homicide et au vol et il en est ainsi. Mais ses lèvres sont honnêtes comme son cœur et il n’a pas de regards pour désirer la femme d’autrui. Il n’en a même pas le désir, parce qu’il sait que le désir est ce qui pousse au péché. Et il n’a pas d’envie parce qu’il est bon. Celui qui est bon n’envie jamais. Il est content de son sort.
288.5 - Cette loi avec ses exigences vous paraît-elle impraticable? Ne vous faites pas tort! Je suis certain que vous ne le ferez pas, et si vous ne le faites pas vous fonderez le Royaume de Dieu en vous et dans votre ville. Et vous vous retrouverez un jour heureux avec ceux que vous avez aimés et qui, comme vous, ont conquis le Royaume éternel dans les joies sans fin du Ciel.
Mais dans notre intérieur même se trouvent les passions comme des habitants renfermés dans les murs d’une ville. Il faut que toutes les passions de l’homme veuillent la même chose: à savoir la sainteté. Autrement c’est inutilement qu’une partie tendra au Ciel si ensuite une autre laisse sans les garder les portes et y laisse pénétrer le séducteur ou neutralise par des discussions et des paresses l’action d’une partie des habitants spirituels en faisant périr l’intérieur de la ville et en l’abandonnant aux orties, aux herbes empoisonnées, au chiendent, aux serpents, aux scorpions, rats et chacals, aux hiboux, c’est-à-dire aux mauvaises passions et aux anges de Satan. Il faut veiller sans jamais y manquer, comme des sentinelles que l’on met aux murs pour empêcher le Malin d’entrer là où nous voulons construire le Royaume de Dieu.
En vérité je vous dis que tant que l’homme fort garde en armes l’entrée de sa maison, tout ce qui s’y trouve est en sécurité. Mais s’il vient un autre plus fort que lui, ou s’il laisse sa porte sans la garder, alors le plus fort en vient à bout, le désarme et lui, privé des armes auxquelles il se confiait, il s’humilie et se rend, et le fort le fait prisonnier en prenant les dépouilles de celui qu’il a vaincu Luc 11,21-23 – Cette réplique, qualifiée "d'antimariale" par le P. G.M. Roschini, fait l'objet d'un commentaire dans les "Cahiers de 1943" – Catéchèse du 7 décembre, page 533/534. . Mais si l’homme vit en Dieu, moyennant la fidélité à la Loi et à la justice saintement pratiquée, Dieu est avec Lui, Moi je suis avec lui, et rien de mal ne peut lui arriver.
L’union avec Dieu est l’arme qu’aucun fort ne peut vaincre. L’union avec Moi est certitude de victoire et d’un butin de vertus éternelles pour lesquelles éternellement lui sera donnée une place dans le Royaume de Dieu. Mais celui qui se sépare de Moi ou se fait mon ennemi, repousse en conséquence les armes et la sécurité de ma Parole. Celui qui repousse le Verbe repousse Dieu. Celui qui repousse Dieu appelle Satan. Celui qui appelle Satan détruit ce qu’il avait pour conquérir le Royaume.
Par conséquent celui qui n’est pas avec Moi, est contre Moi. Et celui qui ne cultive pas ce que j’ai semé, récolte ce qu’a semé l’Ennemi. Celui qui ne récolte pas avec Moi dissipe et il viendra, pauvre et nu, vers le Juge Suprême qui l’enverra au maître auquel il s’est vendu, en préférant Belzébuth au Christ.
Habitants de Gerasa construisez en vous et dans votre ville le Royaume de Dieu.”
288.6 - La voix perçante d’une femme s’élève limpide comme un chant de louange au-dessus du bruit de la foule pleine d’admiration, chantant la nouvelle béatitude, c’est-à-dire la gloire de Marie:
“Bienheureux le sein qui t’a portée et les mamelles que tu as sucées.” Luc 11,27-28.
Jésus se tourne vers la femme qui exalte la Mère par admiration pour le Fils. Il sourit parce que douce Lui est la louange donnée à la Mère. Mais il dit ensuite:
“Bienheureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique, Fais cela, ô femme.”
Ensuite Jésus bénit et se dirige vers la campagne, suivi des apôtres qui Lui demandent:
“Pourquoi as-tu dit cela?”
“Parce qu’en vérité je vous dis qu’au Ciel on ne mesure pas avec les mesures de la terre. Et ma Mère elle-même sera heureuse non pas tant pour son âme immaculée que pour avoir écouté la Parole de Dieu et l’avoir mise en pratique par l’obéissance.
Le “que l’âme de Marie soit faite sans faute” c’est un prodige du Créateur. C’est à Lui donc qu’en va la louange. Mais le “qu’il soit fait de moi selon ta parole” c’est un prodige de ma Mère. C’est donc pour cela qu’est grand son mérite.
Si grand que pour cette capacité d’écouter Dieu, parlant par la bouche de Gabriel, et pour sa volonté de mettre en pratique la parole de Dieu sans rester à soupeser les difficultés et les douleurs immédiates et futures qui viendraient de son adhésion, est venu le Sauveur du monde. Vous voyez donc qu’elle est ma bienheureuse Mère non seulement parce qu’elle m’a engendré et allaité, mais parce qu’elle a écouté la Parole de Dieu et l’a mise en pratique par l’obéissance.
288.7 - Mais maintenant rentrons à la maison. Ma mère savait que j’étais dehors pour peu de temps et pourrait craindre en voyant que je tarde. Nous sommes dans un pays à demi païen. Mais, en vérité, il est meilleur que les autres.
Aussi partons, et tournons par derrière les murs pour échapper à la foule qui me retiendrait encore. Allons vite par derrière ces bosquets touffus…”