“Oui, prêtre.”
“Lui est mort… et je ne peux dire: “Malheureux!” Car il est mort fidèle à la justice et après avoir accompli sa mission et parce que… Oh! les temps atroces que nous vivons! Ne vaut-il pas mieux revenir vers Abraham?”
“Oui, mais il en viendra de plus atroces, prêtre.”
“Tu dis? Rome, hein?”
“Pas Rome seule. C’est Israël coupable qui en sera la première cause.”
“C’est vrai. Dieu nous frappe. Nous le méritons. Mais pourtant même Rome…
281.15 – Tu as entendu parler des galiléens tués par Pilate pendant qu’ils accomplissaient un sacrifice. Leur sang s’est mélangé avec celui de la victime. Tout près de l’autel! Tout près de l’autel!”
“Je l’ai appris.”
Tous les galiléens sont révoltés par cette injustice. Ils crient: “C’est vrai qu’il s’agissait d’un faux Messie. Mais pourquoi tuer ses partisans, après l’avoir frappé, lui? Et pourquoi à ce moment-là? Ils étaient plus pécheurs, peut-être?”
Jésus impose la paix, et puis il dit:
“Vous vous demandez s’ils étaient plus pécheurs que tant d’autres galiléens et si c’est pour cela qu’ils ont été tués? Non, ils ne l’étaient pas. En vérité je vous dis qu’ils ont payé et que beaucoup d’autres paieront si vous ne vous convertissez pas au Seigneur. Si vous ne faites pas tous pénitence, vous périrez tous de la même façon, en Galilée et ailleurs. Dieu est indigné contre son peuple. Je vous le dis.
Il ne faut pas croire que ceux qui sont frappés sont toujours les plus mauvais. Que chacun s’examine soi-même, qu’il se juge, lui, et pas les autres. Ces dix-huit aussi, sur lesquels est tombée la tour de Siloé qui les a tués, n’étaient pas les plus coupables de Jérusalem. Je vous le dis: faites, faites pénitence si vous ne voulez pas être écrasés comme eux, et même en votre esprit.
281.16 – Viens, prêtre d’Israël. La table est servie. Il t’appartient à toi, car le prêtre est toujours celui qu’il faut honorer pour l’Idée qu’il représente et rappelle, il t’appartient à toi, patriarche parmi nous, tous plus jeunes, d’offrir et de bénir.”
“Non. Maître! Non! Je ne puis devant Toi! Tu es le Fils de Dieu!”
“Tu offres bien l’encens devant l’autel! Et tu ne crois pas, peut-être, que Dieu est là?”
“Oui, je le crois! De toutes mes forces!”
“Et alors? Si tu ne crains pas de faire l’offrande devant la Gloire Très Sainte du Très-Haut, pourquoi veux-tu craindre devant la Miséricorde qui s’est revêtue de chair pour t’apporter, à toi aussi, la bénédiction de Dieu avant que vienne à toi la nuit? Oh! vous ne savez pas, vous d’Israël, que c’est justement pour que l’homme puisse approcher Dieu sans en mourir, que j’ai mis sur mon insoutenable Divinité le voile de la chair. Viens et crois, et sois heureux. En toi je vénère tous les prêtres saints, depuis Aaron jusqu’au dernier qui, avec justice, sera prêtre d’Israël, jusqu’à toi peut-être, parce qu’en vérité la sainteté sacerdotale languit parmi nous comme une plante qu’on a délaissée.”