“Dieu avait devant Lui un peuple moralement et spirituellement informe, contaminé par les contacts avec les idolâtres. Il voulait en faire un peuple fort, physiquement et spirituellement. Il donna comme préceptes des normes salutaires à la robustesse physique, salutaires aussi à l’honnêteté des mœurs0

Il ne pouvait faire autrement pour freiner les passions masculines, afin que les péchés, pour lesquels la terre fut submergée La terre fut submergée, selon le récit de Genèse 6,5-22 et chapitre 7. Sodome et Gomorrhe brûlées, comme on le voit en Genèse 19,1-29. et Sodome et Gomorrhe brûlées, ne se répètent pas, Mais, dans l’avenir, la femme rachetée ne sera pas aussi opprimée qu’elle l’est maintenant. Il restera les interdictions concernant la prudence physique, mais seront supprimés les obstacles qui l’empêchent de venir au Seigneur. Moi, je les enlève déjà pour préparer les premières prêtresses de l’avenir.”

“Oh! il y aura des prêtresses?!” demande Philippe stupéfait.

“Ne vous méprenez pas. Elles n’auront pas le sacerdoce des hommes, elles ne consacreront pas et n’administreront pas les dons de Dieu, ces dons que vous ne pouvez maintenant connaître. Mais elles appartiendront quand même à la classe sacerdotale en coopérant avec le prêtre au bien des âmes, de multiples façons.”

“Prêcheront-elles?” demande Barthélemy incrédule.

“Comme déjà prêche ma Mère.”

“Feront-elles, des pèlerinages apostoliques?” demande Mathieu.

“Oui, en portant au loin la Foi et, je dois le dire, avec encore plus d’héroïsme que les hommes.”

“Feront-elles des miracles?” demande en riant l’Iscariote.

“Quelques-unes feront aussi des miracles. Mais ne vous basez pas sur le miracle comme sur la chose essentielle. Elles, les femmes saintes, feront aussi beaucoup de miracles de conversions par la prière.”

“Hum! les femmes, prier au point de faire des miracles!” bougonne Nathanaël.

“Ne sois pas borné comme un scribe, Barthélemy. Selon toi, qu’est-ce que c’est que la prière?”

“S’adresser à Dieu avec les formules que nous savons.”

“Cela et davantage encore. La prière, c’est la conversation du cœur avec Dieu et elle devrait être l’état habituel de l’homme. La femme, à cause de sa vie plus retirée que la nôtre et par ses facultés affectives plus fortes que les nôtres, est portée plus que nous à cette conversation avec Dieu. En elle, elle trouve le réconfort pour ses douleurs, le soulagement pour ses fatigues, qui ne sont pas seulement celles du ménage et des enfantements, mais aussi celles de nous supporter, nous les hommes, elle trouve ce qui essuie les pleurs et ramène un sourire au cœur. Car elle sait parler avec Dieu, et le saura plus encore dans l’avenir. Les hommes seront les géants de l’enseignement, les femmes seront toujours celles qui, par leurs prières, soutiennent les géants et même le monde, car beaucoup de malheurs seront évités grâce à leurs prières et beaucoup de châtiments évités. Elles feront donc le miracle, invisible la plupart du temps et connu de Dieu seul, mais non irréel pour autant.”

262.10 – “Toi aussi, aujourd’hui, tu as fait un miracle invisible et pourtant réel, n’est-ce pas, Maître?” demande le Thaddée.

“Oui, frère.”

“Il était préférable de le faire visible” observe Philippe.

“Voulais-tu que je change la petite en garçon?

Le miracle, en réalité, est une altération des choses qui sont fixées, un désordre bénéfique par conséquent, que Dieu accorde pour consentir à la prière de l’homme, pour lui montrer qu’Il l’aime ou le persuader qu’Il est Celui qui est. Mais étant donné que Dieu est ordre, Il ne viole pas l’ordre exagérément. La fillette est née femme et elle reste femme.”

“J’étais tellement affligée ce matin!” soupire la Vierge.

“Pourquoi? La fillette mal vue n’était pas la tienne” dit Suzanne et elle ajoute: “Moi, quand je vois quelque malheur chez un enfant, je dis: “Heureusement pour moi que je n’en ai pas!”

“Ne le dis pas, Suzanne! Ce n’est pas de la charité. Moi aussi, je pourrais le dire car mon unique Maternité dépassait les lois naturelles. Mais je ne le dis pas, car je pense toujours: “Si Dieu ne m’avait pas voulue vierge, peut-être cette semence serait tombée en moi, et je serais la mère de ce malheureux” et ainsi j’ai pitié de tous… car je dis: “Il aurait pu être mon fils” et, comme mère je les voudrais tous bons, sains, aimés et aimables, car c’est le désir des mères pour leurs enfants” répond doucement Marie.

Et Jésus paraît la revêtir de lumière, tant il est radieux quand il la regarde.

“C’est pour cela que tu as pitié de moi…” dit l’Iscariote à voix basse.

“De tous. Même s’il s’agissait de l’assassin de mon Fils, car je pense qu’il aurait le plus besoin de pardon… et d’amour. Car tout le monde le haïrait certainement.”

“Femme, tu devrais te donner beaucoup de mal à le défendre pour lui donner le temps de se convertir… Moi, je commencerais par m’en débarrasser tout de suite…” dit Pierre.

262.11 – “Nous voici au lieu où nous nous séparons, Mère. Dieu soit avec toi. Et avec toi, Marie. Et aussi avec toi, Judas.”

Ils s’embrassent et Jésus ajoute encore:

“Souviens-toi que je t’ai accordé une grande chose, Judas. Fais-en un bien, pas un mal. Adieu.”

Et Jésus avec les onze disciples qui sont restés et avec Suzanne s’en vont rapidement vers l’orient alors que Marie, sa belle-sœur et l’Iscariote vont tout droit.