262 – Une fille non désirée et le rôle de la femme rachetée. Judas demande l’aide de Marie

24 août 1945

Le vendredi 24 août 1945.

262.1 – Dans une suite de collines sur lesquelles se déroule le chemin qui va à Nazareth, en profitant de l’ombre des oliveraies et des vergers qui recouvrent en grande partie cette région fertile et cultivée, Jésus se dirige vers Nazareth.

Pourtant, arrivé à un carrefour où on croise la route pour Ptolémaïs, il s’arrête et dit:

“Arrêtons-nous près de cette maison où je me suis arrêté d’autres fois, prenons notre repas et, pendant que le soleil poursuit sa course, restons unis avant de nous séparer de nouveau. Nous, en allant vers Tibériade, ma Mère et Marie à Nazareth, et Jean avec Hermastée à Sicaminon.”

Ils se dirigent à travers une oliveraie vers une maison de paysans large et basse, ornée de l’inévitable figuier et enguirlandée par les festons d’une vigne qui monte le long du petit escalier pour étendre ensuite ses branches sur la terrasse.

“La paix soit avec vous. Me voici de nouveau.”

“Viens, Maître, ta présence est toujours bienvenue. Que Dieu te rende la paix, à Toi et aux tiens” répond un homme âgé qui traversait la cour avec une brassée de branchages.

Et puis il appelle:

“Sarah! Sarah! C’est le Maître avec ses disciples. Ajoute de la farine à ton pain!”

Il sort d’une pièce une femme toute blanche de farine qu’elle tamisait car elle a encore à la main le tamis avec les recoupes La recoupe est une des trois enveloppes du grain de blé, la troisième et la plus proche du grain. à l’intérieur, et elle s’agenouille en souriant devant Jésus.

“Paix à toi, femme. Je t’ai amené la Mère comme je l’avais promis. La voici. Et elle c’est sa belle-sœur, mère de Jacques et de Jude. Où sont Dina et Philippe?”

La femme, après avoir salué les deux Marie, répond:

“Dina a eu hier sa troisième petite fille. Nous sommes un peu tristes car il ne nous a pas été donné d’avoir un petit-fils, mais contents tout de même, n’est-ce pas Mattathias?”

“Oui, parce que c’est une belle petite fille et c’est toujours notre sang. Nous allons te la faire voir. Philippe est allé reprendre Anna et Noémi chez ses parents, mais il sera bientôt de retour.”

La femme retourne à son pain pendant que l’homme, après avoir mis les branches, dans le four, s’occupe de ses hôtes en leur donnant des sièges et du lait frais tiré pour ceux qui en veulent, des fruits et des olives pour ceux qui les préfèrent.

262.2 – Le rez-de-chaussée est frais et ombragé, large comme il est, ouvert sur le devant et l’arrière de la maison, avec les deux portes ombragées l’une par un figuier puissant, l’autre par une grande haie de fleurs étoilées, sortes de tournesols pour la forme mais moins grands qu’eux pour les corolles. Une grande clarté, couleur d’émeraude, entre ainsi dans la grande pièce, soulageant les yeux fatigués par une lumière solaire excessive. Il y a des bancs et des tables dans la grande pièce qui est peut-être celle où les femmes filent et tissent et où les hommes réparent les outils agricoles, ou bien abritent les provisions de farine et de fruits, comme le font penser des soliveaux hérissés de crochets et des tablettes disposées sur des consoles en plus des longues caisses de bois le long des murs. Des étoupes floconneuses de lin ou de chanvre semblent des tresses défaites le long du mur blanchi à la chaux, et un tissu rouge feu, étendu sur un métier resté découvert, semble égayer toute l’ambiance par sa couleur pompeuse et riante.

La maîtresse de maison revient, après en avoir fini de faire son pain, et demande aux hôtes s’ils veulent voir la nouveau-née.

Jésus répond:

“Certainement, je vais la bénir.”

Marie, de son côté, se lève et dit:

“Je vais saluer la mère.”

Toutes les femmes sortent.

“On est bien ici” dit Barthélemy qui visiblement est très fatigué.