Le serpent disait à son roi: ” Je te suis parce que je t’aime et si je voyais qu’on t’attaque, je veux pouvoir te défendre”. La guenon disait à son roi: “Comme je t’admire! Je veux t’aider. Regarde: d’ici je vois qu’au-delà du pré on est en train de pécher. Cours!”.

Puis elle disait à ses compagnons: ” Aujourd’hui aussi, il a pris part au banquet de certains pécheurs. Il a feint d’y aller pour les convertir mais ensuite, en réalité, il a été complice de leur ripaille”.

Et le serpent rapportait: “Il est allé jusqu’en dehors de son peuple, fréquentant les papillons, les mouches et les limaces visqueuses. C’est un infidèle. il entretient des relations avec des étrangers immondes”.

Ainsi parlaient-ils aux dépens de l’innocent, s’imaginant que celui-ci ne savait rien.

Mais l’esprit du Seigneur, qui l’avait formé pour sa mission, l’éclairait aussi sur les complots de ses sujets. Il aurait pu s’enfuir, indigné, en les maudissant. Mais l’agneau était doux et humble de cœur. Il aimait. Il avait le tort d’aimer, et il avait le tort encore plus grand de persévérer, en aimant et pardonnant, dans sa mission, au prix de sa vie, pour accomplir la volonté de Dieu.

Oh! quels torts que ceux-là, auprès des hommes! Impardonnables! Et ils l’étaient tant qu’ils lui valurent la condamnation. “Qu’il soit tué! Pour qu’on soit délivré de son oppression Genèse 3, 1-7. ”. Et le serpent se chargea de le tuer, parce que le serpent est toujours le traître.

246.10 – C’est le second apologue. À toi de le comprendre, peuple de Nazareth! Quant à Moi, à cause de l’amour qui m’attache à toi, je te souhaite d’en rester au moins à l’hostilité, et de ne pas aller au-delà. L’amour de la terre où je suis venu tout enfant, où j’ai grandi en vous aimant et en recevant de l’amour, me fait vous dire à vous tous: “Ne soyez pas plus qu’hostiles. N’agissez pas de façon que l’histoire dise: C’est de Nazareth qu’est venu le traître qui l’a livré et aussi ses juges iniques”.

Adieu. Soyez droits dans vos jugements et constants dans votre volonté. La première chose, pour vous tous, mes concitoyens. La seconde pour ceux d’entre vous qui sont troublés par des pensées qui ne sont pas honnêtes. Je pars… La paix soit avec vous.”

Et Jésus, au milieu d’un silence pénible, rompu seulement par deux ou trois voix qui l’approuvent, sort, triste, la tête baissée, de la synagogue de Nazareth.

246.11 – Il est suivi par les apôtres. Tout à fait en queue sont les fils d’Alphée et leurs yeux ne sont certainement pas les yeux d’un doux agneau… Ils regardent sévèrement la foule hostile et Jude Thaddée n’hésite pas à se planter droit en face de son frère Simon et à lui dire:

“Je croyais avoir un frère plus honnête et ayant plus de caractère.”

Simon baisse la tête et se tait, mais l’autre frère, encouragé par les autres de Nazareth, dit: “Tu n’a pas honte d’offenser ton frère aîné!”

“Non. J’ai honte de vous, de vous tous. Ce n’est pas une marâtre, mais une marâtre dépravée qu’est Nazareth pour le Messie. Écoutez pourtant ma prophétie. Vous pleurerez des larmes, assez pour alimenter une fontaine, mais elles ne suffiront pas à effacer des livres de l’histoire le vrai nom de cette cité et le vôtre. Vous savez lequel? “Sottise”. Adieu.”

Jacques ajoute un salut plus large en leur souhaitant la lumière de la sagesse et ils sortent avec Alphée de Sara et deux jeunes garçons, si je les reconnais bien, ce sont les deux âniers Ismaël et Aser. qui escortèrent les ânes qui avaient servi pour aller à la rencontre de Jeanne de Kouza mourante.

246.12 – La foule, restée interdite, murmure: “Mais d’où Lui vient tant de sagesse?”

“Et les miracles d’où en a-t-il le pouvoir? Car, pour en faire, il en fait. Toute la Palestine en parle.”

“N’est-ce pas le fils de Joseph le menuisier? Nous l’avons tous vu à son établi de Nazareth faire des tables et des lits, et ajuster des roues et des serrures. Il n’est même pas allé à l’école et sa Mère seule fut sa maîtresse.”

“Un scandale aussi cela que notre père a critiqué” dit Joseph d’Alphée.

“Mais tes frères aussi ont terminé l’école avec Marie de Joseph.”

“Hé! mon père fut faible avec son épouse…” répond encore Joseph.

“Et aussi le frère de ton père, alors?”

“Aussi.”

“Mais est-ce bien le fils du menuisier?”

“Et tu ne le vois pas?”

“Oh! il y en a tant qui se ressemblent! Moi je pense que c’est quelqu’un qui veut se faire passer pour lui.”

“Et alors où est Jésus de Joseph?”

“Crois-tu que sa Mère ne le connaît pas?”

“Il a ici ses frères et ses sœurs et tous l’appellent parent. N’est-ce pas vrai, peut-être, vous deux?”

Les deux aînés d’Alphée font signe que oui.

“Alors il est devenu fou ou possédé, car ce qu’il dit ne peut venir d’un menuisier.”

“Il faudrait ne pas l’écouter. Sa prétendue doctrine c’est du délire ou de la possession…”

246.13 – …Jésus s’est arrêté sur la place, attendant Alphée de Sara qui parle avec un homme. Et pendant qu’il attend, un des deux âniers qui était resté près de la porte de la synagogue Lui rapporte les calomnies qu’on y a dites.

“Ne t’en afflige pas. Un prophète généralement n’est pas honoré dans sa patrie et dans sa maison. L’homme est sot au point de croire que, pour être prophètes, il faut être des êtres pour ainsi dire étrangers à la vie. Et les concitoyens et ceux de la famille plus que tous connaissent et se rappellent le caractère humain de leur concitoyen et parent, mais la vérité triomphera. Et maintenant je te salue. La paix soit avec toi.” “Merci, Maître, d’avoir guéri ma mère.”

“Tu le méritais parce que tu as su croire. Mon pouvoir, ici, est impuissant, car il n’y a pas de foi, Allons, amis. Demain à l’aube nous partirons.”