246 – Un apologue pour les habitants de Nazareth, qui restent incrédules

7 août 1945

Vision du mardi 7 août 1945.

246.1 – De nouveau la synagogue de Nazareth, le jour du sabbat, cependant.

Jésus a lu l’apologue contre Abimélech Commentaires de Juges 9, 7-15. Abimélech ou Abimélek est le fils naturel de Gédéon et d'une de ses servantes de Sichem. À la mort de son père, Abimélech convainc les habitants de Sichem de le faire roi à la place d'un des 70 fils légitimes de son père. Il les fait tuer après avoir été proclamer roi. Mais le plus jeune fils de Gédéon, Jotham (Yotham) échappe au massacre et prononce, sous forme de fable (apologue), son réquisitoire contre l'usurpateur qui ne tardera pas à être tué par une femme qui l'assomme par une pierre jetée d'une muraille. et termine avec les paroles: “qu’il sorte de lui un feu, et qu’il dévore les cèdres du Liban Juges 9, 15. ” Puis il rend le rouleau au chef de la synagogue.

“Le reste, tu ne le-lis pas? Ce serait bon pour faire comprendre l’apologue” Lui dit ce dernier.

“Ce n’est pas nécessaire. Le temps d’Abimélech est très lointain. J’applique au moment présent l’apologue antique.

Écoutez, gens de Nazareth. Vous connaissez déjà, par les enseignements du chef de votre synagogue, les applications de l’apologue contre Abimélech. En effet, il a été instruit en son temps par un rabbi et celui-ci par un autre encore et ainsi de suite au cours des siècles, et toujours avec la même méthode et les mêmes conclusions.

De Moi, vous entendrez une autre application. Et je vous prie, du reste, de savoir appliquer votre intelligence et ne pas être comme les cordes disposées sur la poulie du puits, et qui tant qu’elles ne sont pas usées vont de la poulie à l’eau, de l’eau à la poulie sans jamais pouvoir changer. L’homme n’est pas un cordage lié, ni un instrument mécanique. L’homme est pourvu d’un cerveau intelligent et il doit s’en servir par lui-même selon les besoins et les circonstances.

Car si la lettre de la parole est éternelle, les circonstances sont changeantes. Malheureux les maîtres qui ne savent pas vouloir la fatigue et la satisfaction d’en faire sortir à chaque fois un enseignement nouveau, c’est-à-dire l’esprit que les paroles anciennes et sages contiennent toujours. Ils seront semblables à l’écho qui ne peut que répéter dix et dix fois un seul mot sans rien y mettre du leur.

246.2 – Les arbres, c’est-à-dire l’humanité représentée par le bois où se trouvent les arbres, les arbustes et les herbes, éprouvent le besoin d’être conduits par quelqu’un qui se charge de toutes les gloires mais aussi, et cela pèse bien davantage, de toutes les charges de l’autorité, d’être responsable du bonheur ou du malheur de ses sujets, le responsable auprès des sujets, auprès des peuples voisins et, ce qui est redoutable, auprès de Dieu. Car les couronnes, ou les hautes situations sociales quelles qu’elles soient, sont données par les hommes, c’est vrai, mais avec la permission de Dieu, sans l’agrément duquel aucune force humaine ne peut s’imposer. C’est ce qui explique les changements impensables et imprévus de dynasties qui semblaient éternelles et de puissances qui semblaient intouchables et qui, quand elles dépassèrent la mesure dans leur rôle de punitions ou d’épreuves pour les peuples, ont été renversées par eux avec la permission de Dieu, réduites à n’être plus rien que poussière, parfois fanges d’égout.

J’ai dit: les peuples sentent le besoin d’élire quelqu’un qui se charge de toutes les responsabilités, envers les sujets, envers les nations voisines et envers Dieu, ce qui est le plus redoutable de tout.

Le jugement de l’histoire est terrible, et c’est en vain que les intérêts des peuples cherchent à le changer, car les événements et les peuples futurs le rendront à sa vérité première, terrible, mais plus dur est le jugement de Dieu qui ne subit aucunes pressions et qui n’est pas sujet à des changements d’humeur ou de jugement, comme trop souvent les hommes le sont, et encore moins sujet à des erreurs de jugement. Il faudrait donc que ceux qui sont élus pour être les chefs de peuples et les créateurs de l’histoire agissent avec la justice héroïque qui est propre aux saints pour n’être pas déshonorés dans les siècles futurs et punis par Dieu dans les siècles des siècles.

246.3 – Mais, revenons à l’apologue d’Abimélek.

Les arbres donc voulurent élire un roi et allèrent trouver l’olivier Juges 9, 8. . Mais ce dernier, arbre sacré et consacré à des usages surnaturels à cause de l’huile qui brûle devant le Seigneur Exode 25,1-6 - Exode 27,20-21 - Lévitique 24,1-4. et à une place prépondérante dans les dîmes Deutéronome 14, 22-23. et les sacrifices Lévitique 7, 10-12. , qui fournit son huile pour former le baume saint Exode 30, 22-33 - Exode 37, 29. pour l’onction de l’autel Exode 29, 29-30 - Exode 29, 36-37 - Exode 30, 26-29 - Lévitique 8,10-11. , des prêtres Exode 29, 7 - Exode 29, 21 - Exode 30, 30 - Lévitique 8, 12 - Lévitique 21, 10-12 - Psaume 133, 2. et des rois 1 Samuel 10, 1 - 1 Samuel 16, 1.13 - 1 Rois 1, 39 - 2 Rois 9, 6 - 2 Rois 11, 12. , et descend avec des propriétés, je dirais de thaumaturgie Capacité à faire des miracles. , dans les corps ou sur les corps malades Lévitique 14, 15-18. , celui-ci répondit: “Comment puis-je manquer à ma vocation sainte et surnaturelle pour m’abaisser aux choses de la terre? Juges 9, 9.

Oh! la douce réponse de l’olivier!

Pourquoi n’est-elle pas apprise et pratiquée par tous ceux que Dieu choisit pour une sainte mission, au moins par eux, je dis au moins? Parce que, en vérité, il faudrait bien qu’elle soit dite par tout homme pour répondre aux suggestions du démon, étant donné que tout homme est roi et fils de Dieu, doué d’une âme qui le rend tel, royal, filialement divin, appelé à un destin surnaturel. Il a une âme qui est un autel et une demeure. L’autel de Dieu, la demeure où le Père des Cieux descend pour recevoir l’amour et le respect de celui qui est fils et sujet. Tout homme a une âme, et toute âme, étant un autel, fait de l’homme qui la contient un prêtre, gardien de l’autel, et il est dit dans le Lévitique: “Que le prêtre ne se contamine pas Lévitique 21, 1. ”.

L’homme donc aurait le devoir de répondre à la tentation du Démon, du monde et de la chair: “Puis-je cesser d’être spirituel pour m’occuper de choses matérielles et qui portent au péché?”

246.4 – Les arbres allèrent alors trouver le figuier Juges 9, 10. en l’invitant à régner sur eux. Mais le figuier répondit: “Comment puis-je renoncer à ma douceur et à mes fruits si savoureux pour devenir votre roi? Juges 9, 11.

Nombreux sont ceux qui se tournent vers celui qui est doux pour l’avoir comme roi, pas tant par admiration pour sa douceur que parce qu’ils espèrent qu’à force d’être doux il finira par devenir un roi de comédie duquel on peut attendre tout consentement et avec lequel on peut se permettre toutes libertés.

Mais la douceur n’est pas la faiblesse, c’est la bonté. Elle est juste, intelligente, ferme. Ne confondez jamais la douceur avec la faiblesse. La première est une vertu, la seconde un défaut. Et parce qu’elle est une vertu, elle communique à celui qui la possède une droiture de conscience qui lui permet de résister aux sollicitations et aux séductions humaines, attentives à le tourner vers leurs intérêts, qui ne sont pas les intérêts de Dieu. Elle demeure à tout prix fidèle à sa destinée.

Celui qui est doux ne rejettera jamais avec âpreté les réprimandes d’autrui. Il ne repoussera jamais avec dureté celui qui le réclame. Mais en pardonnant et en souriant, il dira toujours: “Frère, laisse-moi à ma douce destinée. Je suis ici pour te consoler et t’aider, mais je ne peux devenir un roi tel que tu l’envisages parce que je me soucie et me préoccupe d’une seule royauté, pour mon âme et la tienne: de celle de l’esprit”.

246.5 – Les arbres allèrent trouver la vigne et lui demandèrent d’être leur roi Juges 9, 12. . Mais la vigne répondit: “Comment puis-je, moi, renoncer à être l’allégresse et la force pour devenir votre roi Juges 9, 13. ?

Être roi, à cause de la responsabilité et des remords, car plus rare que le diamant noir est le roi qui ne pèche pas et ne se crée pas des remords, cela amène toujours à s’obscurcir l’esprit. La puissance séduit tant qu’elle brille de loin comme un phare, mais quand on l’a rejointe, on voit que ce n’est qu’une lumière de luciole et non d’étoile.

Et encore: la puissance n’est qu’une force liée par les mille cordages des mille intérêts qui s’agitent autour d’un roi. Intérêts des courtisans, intérêts des alliés, intérêts personnels et de la parenté. Combien de rois se jurent, pendant que l’huile les consacre: “Moi, je serai impartial” et ensuite, ils ne savent pas l’être? Comme un arbre puissant qui ne se révolte pas au premier embrassement du lierre tendre ou fin en disant: “Il est si faible qu’il ne peut me nuire” et même il se plaît à en être enguirlandé et d’en être le protecteur qui le soutient quand il s’élève, souvent je pourrais dire: toujours, le roi cède au premier embrassement d’un intérêt courtisan, allié, personnel ou de parenté qui se tourne vers lui, et il se plaît à en être un munificent protecteur.