“Parle aux fils d’Israël et dis-leur: établissez les villes de refuge dont je vous ai parlé par la bouche de Moïse, afin que puisse y trouver refuge celui qui aura tué involontairement et qu’il puisse ainsi échapper à la colère du plus proche parent, du vengeur du sang”. Et Hébron est l’une de ces villes Josué 20,7. .
Il est encore dit Nombres 35,25-28. : “Et les anciens de la ville ne livreront pas l’innocent à celui qui le cherche pour le tuer, mais ils l’accueilleront et lui permettront d’y habiter et il y restera jusqu’au jugement et jusqu’à la mort du grand prêtre en fonction; après quoi, il pourra rentrer dans sa ville et dans sa maison”.
Dans cette loi VILLES DE REFUGE : Cette loi, à laquelle se réfère la citation qui précède (Josué 20,1-6), concerne les villes de refuge, qui servaient d'asiles aux personnes homicides involontaires. Ils étaient ainsi soustraits à la loi de la vengeance (que Jude mentionnera dans les dernières lignes en EMV 566.8, en se référant peut-être à Genèse 9,6 et à certains passages que nous rappelons plus loin). Ces villes de refuge étaient au nombre de six, parmi lesquelles Hébron (comme ici) et Qédesh (Cédès) (comme en EMV 342.1.2.7.9). VILLES LÉVITIQUES : Elles faisaient partie des 48 villes lévitiques, où résidaient les lévites. Les prescriptions ayant trait aux unes et aux autres se trouvent en Exode 21,12-13 | Nombres 35 | Deutéronome 4,41-43 | Deutéronome 19,1-13 | Josué 20-21. est observé et organisé l’amour miséricordieux à l’égard du prochain. C’est Dieu qui a imposé cette loi parce qu’il n’est pas permis de condamner l’accusé sans l’entendre, ni de tuer dans un accès de colère. On peut dire cela aussi pour les crimes et les accusations d’ordre moral. Il n’est pas permis d’accuser sans connaître, ni de juger sans entendre l’accusé. Mais aujourd’hui, aux accusations et condamnations pour les fautes habituelles ou pour les fautes prétendues, s’ajoute une nouvelle série: celle qui se rapporte à ce qu’on fait contre ceux qui viennent au nom de Dieu. Au cours des siècles, cela s’est produit contre les Prophètes, maintenant cela se reproduit contre le Précurseur du Christ et contre le Christ.
Vous le voyez: attiré par tromperie hors du territoire de Sichem, le Baptiste attend la mort dans les prisons d’Hérode parce que lui ne consentira jamais aux mensonges et aux compromis. On pourra supprimer sa vie et lui couper la tête, mais on ne pourra briser son honnêteté, ni séparer son âme de la Vérité qu’il a servie fidèlement sous toutes ses formes, divines, surnaturelles ou morales. Et de la même façon, on persécute le Christ avec une furie double et décuple parce qu’il ne se borne pas à dire à Hérode: “Cela ne t’est pas permis” mais qu’il proclame d’une voix de tonnerre ce: “Cela ne t’est pas permis” partout où en entrant il trouve le péché ou sait qu’existe le péché, sans exclure aucune catégorie, et cela au nom de Dieu et pour l’honneur de Dieu.
211.6 – Comment se fait-il que cela puisse exister? N’y a-t-il plus de serviteurs de Dieu en Israël? Oui, il y en a. Mais ce sont des “idoles”.
Dans la lettre de Jérémie aux exilés Lettre de Jérémie 1,1-72 (parfois insérée en Baruch 6). , il est dit, entre autres nombreuses choses, celles qui suivent. Et à leur sujet j’attire votre attention car toute parole du Livre est un enseignement qui, au moment où l’Esprit Saint l’a fait écrire pour un fait présent, se rap- porte aussi à un fait qui viendra dans l’avenir. Il est donc dit: ”…Quand vous serez entrés en Babylonie, vous verrez des dieux d’or, d’argent, de pierre, de bois…
Gardez-vous d’imiter la façon de faire des étrangers, d’avoir peur, de les craindre… Dites en votre cœur: ‘Il ne faut adorer que Toi, ô Seigneur’ ”.
Et la lettre donne des indications particulières sur ces idoles qui ont une langue faite par un artisan et ne s’en servent pas pour réprimander leurs faux prêtres qui les dépouillent pour revêtir les courtisanes de l’or de l’idole, quitte ensuite à enlever l’or profané par la sueur de la prostitution pour en revêtir l’idole; de ces idoles que la rouille et les mites peuvent ronger et qui ne sont décrassées et bien vêtues que si l’homme leur lave la figure et les habille, alors que d’elles-mêmes elles ne peuvent rien faire, même si elles ont en mains le sceptre ou la hache.
Et le Prophète conclut: “Ne les craignez donc pas”. Et il continue: “Ces dieux sont inutiles comme des vases brisés. Leurs yeux sont remplis de la poussière que soulèvent les pieds de ceux qui entrent dans le temple et on les tient bien enfermés comme dans un tombeau ou comme quelqu’un qui a offensé le roi, parce que n’importe qui peut leur enlever leurs vêtements précieux. Ils ne voient pas la lumière des lampes, car ils sont dans les temples comme des bûches et les lampes ne servent qu’à les enfumer pendant que les chouettes, les hirondelles, et autres oiseaux volent sur leurs têtes et les souillent d’excréments, et que les chats se font un nid dans leurs vêtements et les déchirent. Il ne faut donc pas les craindre, ce sont des choses mortes. Même l’or ne leur sert pas, c’est pour la montre, et si on ne le polit pas, ils ne brillent pas, de même qu’ils n’ont rien senti quand on les a fabriqués. Le feu ne les a pas réveillés. On les a achetés à des prix fabuleux. L’homme les mène où il veut car ils sont honteusement impuissants… Pourquoi donc leur donne-t-on le nom de dieux? Car on les adore en leur faisant des offrandes et par toute une pantomime de fausses cérémonies que ne comprennent pas ceux qui les font et que ne croient pas ceux qui les voient. Qu’on leur fasse du mal ou du bien, ils y sont indifférents, ils sont incapables de choisir ou de détrôner un roi, ils ne peuvent rendre les richesses ni le mal, ils ne peuvent sauver un homme de la mort, sauver le faible de celui qui le domine. Ils n’ont pas pitié des veuves ni des orphelins. Ils sont semblables aux pierres de la montagne”…
La lettre s’exprime à peu près ainsi.
211.7 – Voici. Nous aussi, nous avons des idoles, et non plus des saints, dans les rangs du Seigneur. C’est pour cela que le Mal peut se dresser contre le Bien. Le mal qui souille de fumier l’intelligence et le cœur de ceux qui ne sont plus saints, et qui font leurs nids sous de fausses apparences de bonté.
Ils ne savent plus parler les paroles de Dieu. C’est naturel! Ils ont une langue faite par l’homme et ils parlent des paroles d’homme quand ils ne parlent pas les paroles de Satan et ils ne savent que faire des reproches déplacés aux innocents et aux pauvres, cependant ils se taisent devant le spectacle de la corruption des puissants. Car ils sont tous corrompus et ne peuvent s’accuser l’un l’autre étant coupables des mêmes fautes. Cupides, non au profit du Seigneur, mais au profit de Mammon ils travaillent en acceptant l’or de la luxure et du crime, en le troquant, en le volant, pris par une frénésie qui dépasse toute limite et tout ce qu’on peut imaginer. La poussière se niche sur eux, fermente sur eux et s’ils font voir une figure bien lavée, l’œil de Dieu voit un cœur souillé. La rouille de la haine et le ver du péché les ronge, et ils ne savent pas s’y opposer pour se sauver. Ils brandissent les malédictions comme des sceptres et des haches, mais ils ne savent pas qu’ils sont maudits. Enfermés dans leurs pensées et dans leur haine comme des cadavres dans un tombeau, ou des prisonniers dans une prison, ils y restent, s’agrippant aux barreaux par crainte qu’une main ne les sorte de là, parce que là ces morts sont encore quelque chose: des momies, non plus des momies qui ressemblent à un homme, mais des corps dés séchés comme du bois alors que dehors ils seraient des objets démodés, négligés par le monde qui cherche la Vie, qui a besoin de la Vie comme l’enfant a besoin du sein maternel, et qui recherche celui qui lui donne la Vie et non les puanteurs de la mort.
Ils résident au Temple, oui, et la fumée des lampes - des honneurs - les enfume, mais la lumière ne descend pas en eux. Toutes les passions font en eux leurs nids comme des oiseaux et des chats, alors que le feu de la mission ne leur donne pas le mystique tourment d’être brûlés par le feu de Dieu. Ils sont réfractaires à l’Amour. Le feu de la Charité ne les enflamme pas, comme la Charité ne les revêt pas de ses splendeurs d’or. La Charité double dans sa manifestation et dans sa source: charité de Dieu et du prochain en sa manifestation; charité en Dieu et en l’homme en sa source.
Car Dieu s’éloigne de l’homme qui n’aime pas et ainsi cette première source est tarie, et l’homme s’éloigne de l’homme méchant et ainsi se tarit la seconde source. Tout est enlevé par la charité à l’homme sans amour. Ils se laissent acheter par de l’argent maudit et se laissent entraîner là où l’intérêt et la puissance l’exige.
Non. Ce n’est pas permis! Il n’y a pas d’argent pour acheter les consciences Et spécialement celles des prêtres et des maîtres. Il n’est pas permis d’acquiescer aux puissances de la terre quand elles veulent porter à des actions contraires à celles que Dieu commande. C’est de l’impuissance spirituelle, et il est dit: “L’eunuque n’entrera pas dans l’assemblée du Seigneur”. Donc s’il ne peut appartenir au peuple de Dieu celui qui est physiquement impuissant, est-ce que l’impuissant spirituel peut être son ministre? Aussi je vous dis en vérité que beaucoup de prêtres et de maîtres sont maintenant affligés d’un coupable eunuchisme spirituel, car ils sont mutilés dans leur virilité spirituelle. Beaucoup. Trop!
211.8 – Réfléchissez. Observez. Comparez. Vous verrez que nous avons beaucoup d’idoles et peu de ministres du Bien qui est Dieu. Voilà pourquoi il peut se faire que les villes de refuge ne sont plus des refuges. On ne respecte plus rien en Israël et les saints meurent parce que ceux qui ne sont pas saints les haïssent.
Mais*,* je vous invite: “Venez!” Je vous appelle au nom de votre Jean qui souffre parce qu’il fut saint, qu’on a frappé parce qu’il m’a précédé et qu’il a tenté d’enlever les ordures sur les chemins de l’Agneau. Venez servir Dieu. Le temps est proche. Ne soyez pas non préparés à la Rédemption. Faites que ce soit sur un terrain ensemencé que la pluie tombe. Autrement elle serait répandue pour rien. Vous, vous d’Hébron, vous devez être en tête! Ici, vous avez vécu avec Zacharie et Élise: les saints qui ont mérité que le Ciel leur donne Jean. Ici, Jean a répandu le parfum de la Grâce avec sa véritable innocence de petit enfant et, de son désert, il vous a envoyé les encens anticorrupteurs de sa Grâce devenue un prodige de pénitence. Ne décevez pas votre Jean. Il a porté l’amour du prochain à un degré pour ainsi dire divin qui lui fait aimer le dernier habitant du désert comme il vous aime, vous, ses concitoyens. Mais sûrement que lui vous obtiendra le Salut. Et le Salut c’est de suivre la voix du Seigneur et de croire en sa Parole. De cette cité sacerdotale venez en masse au service de Dieu. Je passe et vous appelle. Ne soyez pas inférieurs aux prostituées auxquelles suffit une parole de miséricorde pour quitter le chemin qu’elles suivaient et venir sur le chemin du Bien.
On m’a demandé à mon arrivée: “Mais tu ne nous gardes pas rancune?” Rancune? Oh! non! C’est l’amour que je vous garde! Et je garde l’espérance de vous voir dans les rangs de mon peuple, du peuple que Moi, je conduis à Dieu dans le nouvel exode vers la vraie Terre Promise: le Royaume de Dieu, au-delà de la Mer Rouge des sens et des déserts du péché, libres des esclavages de tous genres, vers la Terre éternelle, riche de délices, saturée de paix…
Venez! C’est l’Amour qui passe. Qui veut peut le suivre, car pour être accueilli par Lui, il ne faut que la bonne volonté.”
211.9 – Jésus a terminé au milieu d’un silence étonnant. Il semble que beaucoup pèsent les paroles qu’ils ont entendues, les examinent, les goûtent, les comparent.
Pendant que se produisent ces réactions, Jésus, fatigué et en sueur, s’assied et parle avec Jean et Judas. Voilà qu’un cri s’élève en dehors de l’enceinte, un cri confus, et puis plus clair:
“Est-ce le Messie? Est-ce Lui?”
Et après une réponse affirmative voilà qu’on fait avancer un estropié qui ressemble à un S tant il est difforme.
“Oh! C’est Masala!”
“Mais il est trop recroquevillé! Qu’espère-t-il?”
“Voici sa mère! La malheureuse!”
“Maître, le mari l’a renvoyée à cause de cet avorton qu’est son fils, et elle vit ici de charité. Mais maintenant elle est vieille et elle a peu de temps à vivre…”
L’avorton, c’est bien cela, est maintenant devant Jésus. Il ne peut même pas lui voir le visage tant l’homme est courbé et difforme. Il semble une caricature d’homme-chimpanzé ou d’homme-chameau. La mère, âgée et misérable, ne parle même pas, elle gémit seulement:
“Seigneur, Seigneur… je crois…”
Jésus pose ses mains sur les épaules déformées de l’homme qui Lui arrive à peine à la taille, lève le regard vers le Ciel et dit d’une voix de tonnerre:
“Lève-toi et marche sur les chemins du Seigneur.”
L’homme éprouve une secousse et puis il bondit debout comme l’homme le plus parfait. Le changement est si subit qu’il semble s’être débarrassé des ressorts qui le maintenaient dans cette position anormale. Maintenant il arrive aux épaules de Jésus. Il le regarde et puis tombe à genoux, avec sa mère, et il baise les pieds de son Sauveur.
Ce qui se produit ensuite dans la foule ne peut se dire… Et malgré sa volonté contraire, Jésus est contraint de séjourner à Hébron car les gens font rapidement un barrage aux sorties pour l’empêcher de partir.
C’est ainsi qu’il entre dans la maison du vieux chef de la synagogue, tellement changé depuis l’année passée.