“De désir? Que veux-tu de Moi?”

“Te connaître mieux que je ne te connais.”

“Comment? De quelle façon?”

“Par ta parole et tes œuvres. Ici est arrivée la connaissance de ta personne, de ta doctrine, de ta puissance et on nous a dit que tu n’es pas étranger à la libération du Baptiste. Tu ne le haïssais donc pas, tu n’as pas cherché à supplanter notre Jean!… Lui-même n’a pas nié que c’est grâce à Toi qu’il revit la vallée du saint Jourdain. Nous sommes allés auprès de lui, lui parler de Toi, et il nous a dit: “Vous ne savez pas qui vous avez repoussé. Je devrais vous maudire, mais je vous pardonne parce qu’il m’a enseigné à pardonner et à être doux. Mais, si vous ne voulez pas être anathème au Seigneur et à moi son serviteur, aimez le Messie.

Et n’ayez pas de doute.

Voilà à quoi vous le reconnaîtrez: esprit de paix, amour parfait, sagesse supérieure à toute autre, doctrine céleste, douceur absolue, puissance sur toute chose, humilité totale, chasteté angélique. Vous ne pouvez pas vous tromper. Quand vous respirerez la paix près d’un homme qui se dit le Messie, quand vous boirez son amour, l’amour qui émane de Lui, quand vous passerez de vos ténèbres à la Lumière, quand vous verrez les pécheurs se racheter et les chairs guérir, dites alors: Celui-ci est vraiment l’Agneau de Dieu!”. Nous savons que tes œuvres sont celles dont parle notre Jean. Pardonne-nous, aime-nous, donne-nous ce que le monde attend de Toi.”

“C’est pour cela que je suis ici. Je viens de si loin pour donner aussi à la ville de Jean ce que je donne à tout lieu qui m’accueille. Dites ce que vous désirez de Moi.”

“Nous avons, nous aussi des malades, et nous sommes ignorants. C’est surtout en ce qui est amour et bonté que nous sommes ignorants. Jean, dans son amour total de Dieu, a une main de fer et une parole de feu, et il veut nous plier tous comme un géant plie un brin d’herbe, Beaucoup tombent dans le découragement parce que l’homme est plus pécheur: que saint. Il est difficile d’être saint!… Toi… on dit que tu ne ploies pas mais que tu relèves, que tu ne cautérises pas mais que tu appliques du baume, que tu n’écrases pas mais que tu caresses. On sait que tu es paternel avec les pécheurs et puissant contre les maladies quelles qu’elles soient et surtout les maladies du cœur, Les rabbins ne savent plus le faire.”

211.4 – “Amenez-moi vos malades, et puis réunissez-vous dans ce jardin abandonné et profané par le péché après avoir été un temple pour la Grâce qui y habita.”

Les Hébronites, comme des hirondelles, partent dans toutes les directions et il ne reste que le chef de la synagogue qui entre avec Jésus et ses disciples dans l’enceinte du jardin, et ils se mettent à l’ombre d’une tonnelle où se mêlent les rosiers et les vignes qui ont poussé librement. Les Hébronites ont vite fait de revenir et avec eux, sur un brancard un paralytique, une jeune aveugle, un petit muet et deux qui ont je ne sais quelle maladie, qu’on accompagne en les soutenant.

“La paix à toi” dit Jésus à chaque malade qui arrive.

Et puis, la douce demande:

“Que voulez-vous que je vous fasse?”.

Puis c’est le chœur des lamentations de ces infortunés, chacun voulant dire sa propre histoire.

Jésus, qui était assis, se lève et va vers le petit muet auquel il baigne les lèvres de sa salive et dit la grande parole:

“Ouvre-toi!”

Et il dit de même, en mouillant les paupières fermées de l’aveugle, avec son doigt humide de salive. Et puis il donne la main au paralytique et lui dit:

“Lève-toi!”

Enfin, il impose les mains aux deux malades en leur disant:

“Soyez guéris, au nom du Seigneur!”

Le petit muet, qui auparavant gémissait, dit nettement: “Maman!”, alors que la jeune fille remue ses paupières dessillées devant la lumière et de ses doigts abrite ses yeux du soleil qui était pour elle un inconnu, et pleure et rit, et regarde encore, en fermant à moitié les yeux, car elle n’est pas habituée à la lumière, elle regarde les feuillages, la terre, les personnes et particulièrement Jésus. Le paralytique descend avec assurance du brancard et ses charitables porteurs le soulèvent vide pour faire comprendre à ceux qui sont loin que la grâce est accordée, pendant que les deux malades pleurent de joie et s’agenouillent pour vénérer leur Sauveur. La foule pousse un cri frénétique d’hosanna.

Thomas, qui est auprès de Judas, le fixe si intensément et avec une expression si claire que celui-ci lui répond:

“J’étais un imbécile, pardonne-moi.”

211.5 – Lorsque les cris ont cessé, Jésus commence à parler.

“Le Seigneur parla à Josué en ces termes Josué 20,1-3. :