210 – En route vers Hébron, les inquiétudes de Judas Iscariote

6 juin 1945

Le vendredi 6 juin 1945.

210.1 – “Mais je ne crois pas que vous ayez l’intention de faire un pèlerinage à tous les lieux célèbres d’Israël” dit ironiquement l’Iscariote qui discute dans un groupe où se trouvent Marie d’Alphée et Salomé, outre André et Thomas.

“Pourquoi pas? Qui est-ce qui l’empêche?” demande Marie de Cléophas Marie de Cléophas : Marie, fille de Cléophas et femme d'Alphée. À Nazareth, im y avait plusieurs "Marie d'Alphée". Pour les préciser, on recourrait à un second lien de parenté ou d'appartenance. On rencontre cette diversité dans les récits évangéliques : Jude, frère de Jacques, Judas, l'homme (isch) de Kérioth. .

“Mais moi. Ma mère m’attend depuis longtemps…”

“Mais vas-y chez ta mère, nous te rejoindrons après” dit Salomé, et elle semble ajouter mentalement: “Personne ne souffrira de ton absence.”

“Ce n’est pas cela! J’y vais avec le Maître. Déjà il n’y a plus la Mère, comme c’était entendu. Et cela vraiment n’aurait pas dû se faire parce que c’était promis qu’elle y serait venue.”

“Elle s’est arrêtée à Bet-Çur pour une œuvre charitable. Cette femme était bien malheureuse Élise, la mère éprouvée. Voir le chapitre précédent EMV 209.3. .”

“Jésus pouvait la guérir tout d’un coup. Il n’avait pas besoin de la faire revenir graduellement à un état normal. Je ne sais pas pourquoi maintenant il n’aime plus faire des miracles éclatants.”

“S’il a agi ainsi, il aura eu de saintes raisons” dit calmement André.

“Ah! Oui! C’est ainsi qu’il perd des prosélytes.

210.2 – Le séjour à Jérusalem! Quelle déception! Plus il faut de choses qui fassent du bruit et plus il se cache dans l’ombre. Je m’étais tant promis de voir, de combattre…”

“Excuse ma question… Mais que voulais-tu voir et qui voulais-tu combattre?” demande Thomas.

“Quoi? Qui? Mais voir ses œuvres miraculeuses et puis pouvoir tenir tête à ceux qui prétendent que c’est un faux prophète et un possédé. Car cela, on le dit. Comprends-tu? On dit que si Belzébuth ne le soutient pas, il n’est qu’un pauvre homme. Et comme l’humeur capricieuse de Belzébuth est bien connue, et on sait qu’il se plaît à prendre et à quitter, comme fait le léopard avec sa proie, et comme les faits justifient cette façon de voir, je m’inquiète en pensant que Lui ne fait rien. Quelle piètre figure que nous faisons! Les apôtres d’un Maître… qui ne fait qu’enseigner, cela n’est pas niable, mais rien d’autre.”

Judas s’est arrêté brusquement après le mot “Maître” et cela me fait penser qu’il devait dire quelque chose de pire.

Les femmes sont abasourdies et Marie d’Alphée, en tant que parente de Jésus, dit clairement:

“Ce n’est pas de cela que je m’étonne, mais de ce que Lui te supporte, garçon!”

Mais André, lui qui est toujours doux, perd patience, et rouge, devenu furieux, semblable pour cette fois à son frère, il crie:

“Mais, va-t’en! Et ne fais plus piètre figure à cause du Maître! Et qui t’a appelé? Nous, il nous a voulus, mais toi, non. Tu as dû insister plusieurs fois pour te faire accepter. Toi, tu t’es imposé. Je ne sais ce qui me retient de tout faire savoir aux autres…”

“Avec vous il est impossible de parler. Ils ont raison ceux qui vous disent querelleurs et ignorants…”

Thomas plaisante pour détourner la bourrasque qui approche:

“Voilà, vraiment, moi aussi je ne comprends pas du tout où tu trouves l’erreur chez le Maître. Je n’étais pas au courant de ces humeurs capricieuses du démon. Le pauvre! Sûrement qu’il ne doit pas être intelligent. S’il avait été équilibré, il ne se serait pas révolté contre Dieu, mais je vais en prendre note.”

“Ne plaisante pas, car moi, je ne plaisante pas. Peux-tu dire peut-être qu’à Jérusalem il s’est fait connaître? Lazare aussi l’a dit, du reste…”

Thomas éclate de rire, et bruyamment. Puis, riant encore, et son rire a déjà désorienté l’Iscariote, il dit: