204.5 - Un silence prolongé et puis, timidement, Valéria demande instamment:

“Développe ta pensée, Maître, pour que nous sachions que faire.”

“Oui. La Foi se construit comme on construit les temples dont vous êtes si fiers. On fait un emplacement pour le temple, on dégage les alentours, on surélève son emplacement.”

“Mais le temple pour y mettre la foi, cette déité vraie, où est-il?” demande Plautina.

“Ce n’est pas une déité, la foi, Plautina. C’est une vertu. il n’y a pas de déités dans la foi vraie, mais il existe un Dieu Unique et Vrai.”

“Alors… il est là-haut, seul, dans son Olympe? Et que fait-Il s’Il est seul?”

“Il se suffit à Lui-même et s’occupe de tout ce qu’il y a dans la création. Je te l’ai dit précédemment: même au sifflement du moustique Dieu est présent. il ne s’ennuie pas, n’en doute pas. Ce n’est pas un pauvre homme, maître d’un immense empire où il se sent haï et où il vit dans la crainte. Il est l’Amour, et Il vit en aimant. Sa Vie est un Amour continu. Il se suffit à Lui-même parce qu’Il est infini et très puissant. Il est la Perfection. Mais si nombreuses sont les choses créées qui vivent de son continuel vouloir qu’il n’a pas le temps de s’ennuyer. L’ennui est le fruit de l’oisiveté et du vice. Au Ciel du Vrai Dieu, il n’y a pas d’oisiveté et il n’y a pas de vice. Mais bientôt Il aura, en plus des anges qui maintenant Le servent, un peuple de justes qui jubileront en Lui. Et ce peuple s’accroîtra toujours plus de ceux qui dans l’avenir croiront au Vrai Dieu.”

“Les anges, ce sont les génies?” demande Lydia.

“Non, ce sont des êtres spirituels comme l’est Dieu qui les a créés.”

“Et les génies alors que sont-ils?”

“Tels que vous les imaginez ils ne sont que mensonge. Comme vous les imaginez, ils n’existent pas. Mais ils correspondent à un besoin instinctif de l’homme de chercher la vérité. Cela vient d’un aiguillon de l’âme qui est vivante et présente même chez les païens. Elle souffre aussi en eux, car elle est déçue dans son désir, car dans sa nostalgie, elle est affamée du Dieu Vrai dont elle garde le souvenir, dans ce corps où elle habite et qui est gouverné par un esprit païen. Même vous, vous avez eu conscience que l’homme n’est pas seulement de la chair et qu’à son corps périssable est uni quelque chose d’immortel. C’est en ce sens que les villes et les nations possèdent un génie. Voilà alors pourquoi vous croyez, vous éprouvez le besoin de croire aux “génies”. Et vous vous donnez le génie de l’individu, celui de la famille, de la ville, des nations. Vous avez le “génie de Rome”, “le génie de l’empereur” et vous les adorez comme des divinités mineures. Entrez dans la vraie foi. Vous aurez la connaissance et l’amitié de votre ange auquel vous devrez vénération, mais pas adoration. Dieu seul doit être adoré.”

204.6 - Publius Quintilianus demande:

“Tu as dit: “Aiguillon de l’âme qui est vivante et présente même chez les païens, et qui souffre en eux parce qu’elle est déçue”. Mais l’âme, de qui vient-elle?”

“De Dieu. C’est Lui son Créateur.”

“Mais ne naissons-nous pas d’une femme par son union avec un homme? Même nos dieux sont ainsi engendrés.”

“Vos dieux n’existent pas. Ce sont des fruits de votre imagination qui a besoin de croire, car ce besoin est plus impérieux que celui de respirer. Même celui qui affirme qu’il ne croit pas, a une croyance. il croit en quelque chose. Le seul fait de dire: “Je ne crois pas en Dieu” présuppose une autre foi. En soi-même, peut-être, en son propre esprit orgueilleux. Mais, pour ce qui est de croire, on croit toujours. C’est comme la pensée. Si vous dites: “Je ne veux pas penser” ou bien: “Je ne crois pas en Dieu”, rien que par ces deux phrases que vous dites, vous montrez que vous pensez, que vous ne voulez pas croire en Celui dont vous savez qu’il existe, et auquel vous ne voulez pas penser. En ce qui concerne l’homme, pour être exacts dans l’expression de la pensée, vous devez dire: “L’homme est engendré comme tous les animaux par une union entre mâle et femelle.

Mais l’âme, c’est-à-dire cette chose qui différencie l’animal-homme de l’animal-brute, vient de Dieu. Il la crée toutes les fois qu’un homme est engendré, ou plutôt: qu’il est conçu dans un sein et il la greffe en cette chair qui autrement serait seulement animale”

“Et nous la possédons? Nous païens? À entendre tes concitoyens il ne semble pas…” dit Quintilianus ironique.

“Tout être qui naît de la femme la possède.”

“Tu as dit pourtant que le péché la tue. Comment alors en nous pécheurs est-elle vivante?” demande Plautina.

“Vous ne péchez pas en matière de foi, puisque vous croyez être dans le Vrai. Quand vous connaîtrez la Vérité et que vous persisterez dans l’erreur, alors vous pécherez. De même beaucoup de choses qui sont péché pour les israélites, pour vous ne le sont pas, parce qu’aucune loi divine ne vous les interdit. Le péché c’est quand quelqu’un se révolte sciemment contre l’ordre donné par Dieu et qu’il dit: “Je sais que ce que je fais est mal, mais je veux le faire quand même”. Dieu est juste. Il ne peut punir quelqu’un qui fait le mal en croyant faire le bien. Il punit celui qui, ayant eu la possibilité de connaître le Bien et le Mal, choisit ce dernier et y persiste.” “Alors, en nous l’âme existe, vivante et présente?”

“Oui.”

“Et elle souffre? Crois-tu vraiment qu’elle se souvienne de Dieu? Nous ne nous souvenons pas du sein qui nous a portés. Nous ne pourrions pas dire comment il est fait intérieurement. L’âme, si j’ai bien compris, est spirituellement engendrée par Dieu. Comment peut-elle se souvenir de Lui si le corps ne se souvient pas de son long séjour dans le sein?”

“L’âme n’est pas une brute, Plautina. L’embryon, oui INFUSION DE L'ÂME : L'embryon, oui, au lieu de : le fœtus, si, est une correction de Maria Valtorta sur le manuscrit original, où elle insère : "Tant il est vrai que l'âme est donnée quand le fœtus est déjà formé". Cette phrase est présente dans la traduction française de 1985, de Felix Sauvage, mais a été retirée au motif qu'elle contredirait d'autres affirmations du chapitre, mais cette affirmation qui rejoint celle de St Thomas d'Aquin (voir ci-dessous) est confirmée par d'autres affirmations comme en EMV 118 : L'homme n'est d'abord qu'un embryon d'animal, pas différent de celui d'une brebis. . C’est si vrai que l’âme n’est donnée que quand le fœtus est déjà formé ÂME : Position soutenue par saint Thomas d'Aquin, docteur de l'Église, dans la lignée d'Aristote. Il estimait le temps d'insufflation à 40 jours (environ 6 semaines). Aujourd'hui, la science avançant, Jean-Paul II, sans trancher sur le moment exact de l'insufflation, rappelle que dès l'origine de l'embryon, il y a une définition personnelle à respecter (nous en sommes tous issus). L'étude anthropologique conduit en effet à reconnaître que, en vertu de l'unité substantielle du corps avec l'esprit, le génome humain n'a pas seulement une signification biologique; c'est le porteur d'une dignité anthropologique qui prend sa source dans l'âme spirituelle qui le pénètre et le vivifie" (Discours aux membres de l'Académie pontificale pour la vie, 24 février 1998 {it}). Pour sa part, St Thomas d'Aquin affirmait "L'âme préexiste dans l'embryon ; elle y est d'abord nutritive, puis sensitive, et enfin intellective" (Somme théologique, Première partie, Question 118, d'où provient l'âme de l'Homme, article 2, Réponse). . L’âme est, à la ressemblance de Dieu, éternelle et spirituelle. Éternelle à partir du moment où elle est créée, tandis que Dieu est le Très parfait, Éternel et pour cette raison n’a pas de commencement dans le temps, comme Il n’aura pas de fin. L’âme, lucide, intelligente, spirituelle, œuvre de Dieu, s’en souvient ÂME : S'en souvient : Cela a déjà abordé plus haut, en EMV 204.5, ainsi qu'en EMV 94.7, EMV 121.7, EMV 154.7 (avec une note), EMV 157.5, EMV 169.5, EMV 344.7 (dans la bouche d'un enfant), EMV 428.4 (avec note), EMV 534.6 (dans la bouche d'un vieillard), EMV 554.10, EMV 556.8. Le souvenir que les âmes ont de Dieu est traité plus spécifiquement en : EMV 10.9 | EMV 286.7 | EMV 290.9. Par ailleurs, Marie "ne fut jamais privée du souvenir de Dieu", comme on peut le lire en EMV 4.6 ; cela est illustré en EMV 10.8/10 et dans les dernières lignes d'EMV 11.4. Il est encore question de l'âme de Marie en EMV 136.6 ainsi qu'en EMV 348.9/10. .

Et elle souffre parce qu’elle désire Dieu, le vrai Dieu de qui elle vient, et elle a faim de Dieu. Voilà pourquoi elle aiguillonne le corps engourdi pour chercher à s’approcher de Dieu.”