“Assez, assez! Pour un galiléen, tu en sais presque trop. Homme, il t’appartient de jurer que ton fils est majeur.”
Pierre avec la meilleure grâce dont il est encore capable après tant d’impolitesses, prononce son petit discours paternel:
“Comme vous l’avez remarqué, mon fils arrivé à l’âge prescrit, est capable de se diriger, connaissant la Loi, les préceptes, les coutumes, les traditions, les cérémonies, les bénédictions, les prières. Par conséquent, comme vous l’avez constaté, sa majorité peut être demandée par moi et par lui. Vraiment, cela devait être dit d’abord par moi, mais ici les coutumes ont été violées et non par nous, galiléens, et l’enfant a été interrogé avant le père. Mais maintenant je vous dis: étant donné que vous l’avez reconnu capable, à partir de ce moment, je ne suis plus responsable de ses actions, ni devant Dieu, ni devant les hommes.”
“Passez à la synagogue.”
Le petit cortège passe à la synagogue entre les visages hargneux des rabbins que Pierre a remis en place.
Devant les pupitres et les lampes, Marziam subit la coupe des cheveux que l’on raccourcit depuis les épaules jusqu’aux oreilles. Puis Pierre, qui a ouvert son petit paquet, en tire une belle ceinture de laine rouge avec des broderies jaune or. Il la serre à la taille de l’enfant. Puis, pendant que les prêtres lui attachent au front et au bras des bandelettes de cuir, Pierre s’affaire à fixer au manteau que Marziam lui a passé les franges sacrées. Il est bien ému, Pierre, quand il entonne la louange au Seigneur!…
201.6 – La cérémonie est finie. Ils se glissent dehors rapidement et Pierre dit:
“Heureusement! Je ne me contenais plus! Tu as vu, Joseph! Ils n’ont même pas accompli le rite. Peu importe. Toi… toi, mon fils, tu as quelqu’un qui te consacre… Allons prendre un petit agneau pour le sacrifice de louange au Seigneur. Un petit agneau, tendre comme toi. Je te remercie, Joseph! Toi, dis aussi “merci” à ce grand ami. Sans toi, ils nous auraient traités très mal.”
“Simon, je suis content d’avoir été utile à un juste comme toi, et je te prie de venir à ma maison de Bézéta pour le banquet. Avec toi, tous, c’est naturel”
“Allons le dire au Maître. Pour moi… c’est trop d’honneur!” dit l’humble Pierre, mais son visage rayonne de joie.
Ils traversent de nouveau les cours et les atriums jusqu’à la cour des femmes où toutes félicitent Marziam. Puis les hommes passent dans l’atrium des israélites où se trouve Jésus avec les siens. Ils sont tous unis en une même communion de bonheur et, pendant que Pierre va sacrifier l’agnelet, ils se dirigent à travers les portiques et les cours jusqu’à la première enceinte.
201.7 – Comme il est heureux, Pierre, avec son enfant, parfait israélite désormais! Au point de ne pas voir la ride qui barre le front de Jésus, au point de ne pas remarquer le silence plutôt accablant de ses compagnons. Quand l’enfant, à la question rituelle sur ce qu’il a l’intention de faire plus tard déclare:
“Je serai pêcheur comme mon père” c’est seulement là, dans la salle de la maison de Joseph qu’à travers ses larmes Pierre se souvient et comprend…
“Pourtant… Judas a mis une goutte de poison dans cette fête… Et tu en es meurtri, Maître… et les autres en sont attristés. Pardonnez-moi tous si je ne m’en suis pas rendu compte plus tôt… Ah! ce Judas…!”
Je crois que son soupir se trouve dans tous les cœurs… Mais Jésus, pour enlever le poison, s’efforce de sourire et dit:
“Ne te tourmente pas, Simon. Il ne manque que ton épouse Porphyrée. à la fête… et je pensais aussi à elle, si bonne et toujours sacrifiée. Mais bien vite elle aura sa joie inattendue et qui sait comment bien accueillie. Pensons au bien qu’il y a dans le monde. Viens. Alors Marziam a très bien répondu? Je le savais d’avance…”
Joseph rentre après avoir donné des ordres aux serviteurs:
“Je vous remercie tous, dit-il, de m’avoir rajeuni par cette cérémonie et de me faire l’honneur d’avoir dans ma maison le Maître, sa Mère, les parents, et vous, chers disciples. Venez au jardin. Il y a de l’air et des fleurs…”
Et tout prend fin.