“Juif, donc. Est-il permis à un galiléen de s’en charger? Interrogeons les lois.”

“Mais, que suis-je? Lépreux ou maudit?”

Le sang de Pierre commence à bouillir.

“Tais-toi, Simon. Je parle pour lui. Je vous ai dit que je me porte garant de cet homme. Je le connais comme s’il était de ma maison. Joseph l’Ancien ne proposerait jamais une chose contraire à la Loi, ni non plus aux lois. Veuillez examiner l’enfant avec justice et empressement. La cour est pleine d’enfants qui attendent l’examen. Ne lambinez pas par amour pour tous.”

“Mais, qui prouve que l’enfant a douze ans et qu’il a été racheté au Temple?”

“On peut le prouver par les écritures. Recherche ennuyeuse, mais que l’on peut faire. Enfant, tu m’as dit que tu es l’aîné?”

“Oui, Seigneur. Tu peux le voir puisque j’ai été consacré au Seigneur et racheté avec la taxe imposée.”

“Cherchons alors ces attestations…” dit Joseph.

“Inutile, répondent sèchement les deux chicaneurs.

201.5 – Viens ici, enfant. Dis le décalogue.”

L’enfant le récite avec assurance.

“Donne-moi ce rouleau, Jacob. Lis, si tu sais lire.”

“Où, rabbi?”

“Où tu veux. À l’endroit sur lequel ton œil tombe” dit Azraël.

“Non. Ici. Donne-le-moi” dit Jacob.

Il ouvre le rouleau jusqu’à un endroit donné, puis il dit:

“Ici.”

“Alors, il leur dit secrètement: ‘Bénissez le Dieu du Ciel et louez-Le en présence de tous les vivants, car Il a usé de miséricorde envers vous. Certainement il est bien de tenir caché le secret du roi, mais pourtant il est honorable de révéler… Tobie 12,6-7.

“Assez! Assez! Qu’est-ce que c’est?” demande Jacob en montrant les franges de son manteau.

“Les franges sacrées, seigneur: nous les portons pour nous rappeler les commandements du Seigneur Très-Haut.”

“Est-il permis à un israélite de manger n’importe quelle viande?…” demande Azraël.

“Non, seigneur, seulement celles qui sont déclarées pures.”

“Dis-moi les préceptes…”

Et docilement l’enfant attaque la litanie des:

“Tu ne feras pas…”