“Aglaé, comme tu connais mal encore le Seigneur! Ce désir que tu as de Lui est pour toi une preuve que Dieu répond à ton amour, qu’il est pour toi un ami, qu’il t’appelle, qu’il t’invite, qu’il te veut. Dieu est incapable de rester inerte devant le désir de la créature, car ce désir, c’est Lui qui l’a allumé dans ce cœur, Lui, Créateur et Seigneur de toute créature.
Il l’a allumé, Lui, car il a aimé d’un amour privilégié l’âme qui maintenant Le désire. Le désir deDieu précède toujours le désir de la créature, car Lui est le Très Parfait et son amour est bien plus actif et brûlant que l’amour de la créature.”
“Mais comment, comment Dieu peut-Il aimer la boue?”
“Ne cherche pas à comprendre avec ton intelligence. C’est un abîme de miséricorde incompréhensible pour l’esprit humain. Mais là où l’intelligence de l’homme ne peut comprendre, comprend au contraire l’intelligence de l’amour, l’amour de l’esprit. Cet amour comprend et entre avec assurance dans le mystère qui est Dieu et dans le mystère des rapports de l’âme avec Dieu. Entre, c’est Moi qui te le dis. Entre parce que Dieu le veut.”
“Oh! mon Sauveur! Mais alors, suis-je bien pardonnée? Suis-je vraiment aimée? Dois-je le croire?”
“T’ai-je jamais menti?”
“Oh! non, Seigneur! Tout ce que tu m’as dit à Hébron s’est vérifié. Tu m’as sauvée, comme tu me l’as dit par ton Nom. Tu m’as cherchée, moi, pauvre âme perdue. Tu m’as donné la vie de cette âme que je portais morte en moi. Tu m’as dit que si je te cherchais je te trouverais, et cela a été vrai. Tu m’as dit que tu es partout où l’homme a besoin de médecin et de remèdes. Et c’est vrai. Tout, tout ce que tu as dit à la pauvre Aglaé, depuis ces paroles du matin de juin jusqu’à celles de “La Belle Eau”…
“Tu dois alors croire aussi à celles-ci.”
“Oui, je crois, je crois! Mais dis-moi Toi: “Je te pardonne!”
“Je te pardonne au nom de Dieu et de Jésus.”
“Je te remercie…
200.4 – Mais maintenant… Maintenant que dois-je faire? Dis-moi, mon Sauveur ce que je dois faire pour avoir la vie éternelle? L’homme se corrompt, rien qu’à me regarder… Je ne peux vivre dans la crainte continuelle d’être découverte et entourée… Durant ce voyage, je tremblais devant chaque regard d’homme… Je ne veux plus pécher ni faire pécher. Indique-moi le chemin à suivre. Quel qu’il soit, je le suivrai. Tu vois que je suis encore forte même avec les privations… Et même si par trop de privations je rencontrais la mort, je n’en ai pas peur. Je l’appellerai “mon amie” car elle me soustraira aux dangers de la terre, et pour toujours. Parle, mon Sauveur.”
“Va dans un lieu désert.”
“Où, Seigneur?”
“Où tu veux. Où te conduira ton esprit.”
“En sera-t-il capable mon esprit à peine formé?”
“Oui, parce que Dieu te conduit.”
“Et qui me parlera désormais de Dieu?”
“Ton âme ressuscitée, pour le moment…”
“Je ne te verrai jamais plus?”
“Jamais plus sur la terre. Mais d’ici peu, je t’aurai totalement rachetée et alors je viendrai vers ton esprit pour te préparer à monter vers Dieu.”
“Comment viendra ma complète rédemption, si je ne te vois plus? Comment me la donneras-tu?”
“En mourant pour tous les pécheurs.”
“Oh! non! Toi, mourir, non!”
“Pour vous donner la Vie, je dois me donner la mort. C’est pour cela que je suis venu en qualité d’homme. Ne pleure pas… Tu me rejoindras sans tarder là où je serai après mon sacrifice et le tien.”