199 – Chez les lépreux de Siloan et de Ben Hinnom. Pierre obtient Marziam grâce à Marie

24 juin 1945

Le dimanche 24 juin 1945. (fête de la saint Jean-Baptiste).

199.1 – La splendide matinée invite vraiment à la promenade. On quitte les lits et les maisons, et les habitants de la maison du Zélote, comme autant d’abeilles au premier soleil, se lèvent en vitesse et sortent respirer l’air pur dans le verger de Lazare qui entoure le petit logis hospitalier. Les ont vite rejoints ceux qui sont logés chez Lazare, à savoir: Philippe, Barthélemy, Mathieu, Thomas, André et Jacques de Zébédée. Le soleil pénètre joyeux par toutes les fenêtres et les portes grandes ouvertes et les pièces, simples et propres, se revêtent d’une teinte dorée qui avive les couleurs des vêtements et fait briller les cheveux et les pupilles.

Marie d’Alphée et Salomé sont occupées à servir ces hommes au vigoureux appétit. Marie, de son côté, surveille un serviteur de Lazare qui peigne les cheveux de Marziam avec plus de savoir-faire que son premier barbier: “Pour le moment, ainsi, dit le serviteur. Puis, quand tu auras offert à Dieu tes cheveux d’enfant EXAMEN DE MAJORITÉ (BAR-MITSVA) : Certains rituels de la bar-mitsva, à laquelle se prépare le jeune Marziam, procèdent en effet à la purification du futur fils de la Loi par un bain rituel et par la coupe de ses cheveux. Cette offrande prolongeait le rite de la circoncision. Après cela, "l'enfant était religieusement prêt à rejoindre les officiants de la synagogue, où il récitait la prière du jeudi matin, en ensuite celle du sabbat" (Joëlle Balhoul, La maison de mémoire : ethnologie d'une demeure judéo-arabe en Algérie, 1937-1961, page 179). Il s'agit donc d'un rite ancien selon Maria Valtorta. , je te les raccourcirai bien Selon Maria Valtorta, les galiléens (ex. Jésus, Jean, …) portent les cheveux plutôt longs et les judéens, plutôt courts (ex. Judas). La chaleur à laquelle fait allusion le serviteur juste après explique peut-être cela. .

La chaleur arrive et tu seras mieux sans cheveux dans le cou. Et ils reprendront de la force. Ils sont secs et cassants, négligés. Tu le vois, Marie? Ils ont besoin de soins. Maintenant j’y mets de l’huile pour les tenir en place. Tu sens, mon enfant, quelle bonne odeur? C’est l’huile qui sert à Marthe. Amande, palme et moelle avec les essences les plus fines et les plus rares. Cela fait très bien. Ma maîtresse m’a dit de conserver ce petit vase pour l’enfant. Oh! voilà! Maintenant tu sembles le fils du roi.”

Et le serviteur, qui est peut-être le barbier de la maison de Lazare, donne une tape à la joue de Marziam, salue Marie et s’en va satisfait.

“Viens que je t’habille” dit Marie à l’enfant qui pour l’instant n’a qu’une petite tunique à manches courtes.

Je crois que c’est la chemise ou ce qui en ce temps-là en tenait lieu. À cause de la finesse du lin, je comprends qu’elle faisait partie du trousseau de Lazare enfant. Marie enlève le linge de bain où Marziam était enveloppé et lui passe le sous-vêtement froncé au cou et aux poignets, et le vêtement de dessus rouge, de laine, au large décolleté et aux larges manches. Le lin brillant ressort très blanc au cou et aux manches de l’étoffe rouge et mate. La main de Marie a pourvu, pendant la nuit, à mettre aux mesures la longueur du vêtement et des manches, et maintenant tout va bien surtout quand Marie lui ceint la taille avec la soyeuse bande de la ceinture qui se termine avec un pompon de laine blanche et rouge. L’enfant ne semble plus le pauvre petit qu’il était il y a quelques jours.

“Maintenant va jouer sans te salir pendant que je me prépare” dit Marie en le caressant.

Et il sort, en sautant content, pour chercher ses grands amis.

199.2 – Le premier qui le voit, c’est Thomas:

“Mais comme tu es beau! Comme pour les noces! Tu m’éclipses” dit le toujours jovial Thomas, grassouillet, tranquille.

Et il le prend par la main en disant:

“Viens, nous allons chez les femmes. Elles te cherchent pour te donner la becquée.”

Ils entrent dans la cuisine et Thomas fait sursauter les deux Marie penchées sur les fourneaux en criant de sa grosse voix:

“Voici un jeune homme qui vous demande” et, en riant, il présente l’enfant qui s’était caché derrière sa robuste personne.

“Oh! chéri! Mais viens que je t’embrasse! Regarde, Salomé, comme il est bien!” s’exclame Marie d’Alphée.

“C’est vrai! Maintenant il n’a plus qu’à devenir plus robuste. Mais moi, j’y penserai. Viens que je t’embrasse, moi aussi” répond Salomé.

“Mais Jésus le confie aux bergers…” objecte Thomas.

“Jamais de la vie! En cela mon Jésus se trompe. Que voulez-vous et que savez-vous faire, vous, les hommes? Vous disputer - car soit dit en passant, vous êtes plutôt querelleurs… comme les chevreaux qui s’aiment, mais qui se donnent des coups de cornes - manger, parler, avoir mille besoins et prétendre que le Maître ne pense qu’à vous… autrement, vous boudez… Les enfants ont besoin des mères. N’est-ce pas…, comment t’appelles-tu?”

“Margziam.”

“Ah! bon! Mais ma Marie bénie pouvait te donner un nom plus facile!”

“C’est presque le sien!” s’exclame Salomé.

“Oui, mais le sien est plus simple. Il n’y a pas ces trois consonnes au milieu… MaRGZiam, simplifié en Marziam dans la nouvelle traduction conformément à ce qu'expriment Marie d'Alphée et Pierre dans la suite du texte. Trois, cela fait trop…”